‹ La terre avant le déluge (volume 2)Chapitre 34 sur 53 · Mundtu iubterraneuty lib. VIII, cap. xiv, p · texte numérisé non relu

Mundtu iubterraneuty lib. VIII, cap. xiv, p

de Reydeiij dahs le catilon de Lucerne, en Suisse, de grands ossements furent mis à no. Sept années après, le célèbre médecin Félii Plaler, professeur à Bâle, s'élant rendu à Lucemè» examina ces oSj el déclara qu'ils ne pouvaient provenir que d'un géant. Le conseil de Lucerne consentit à lui envoyer ces ossements à Bâlej pour qu'il les soumît à un examen plus approfondi. Plater crut pouvoir altribuer au géant de Lucerne une taille do 19 pieds. Il (it dessiner un squelette liumain sur cette proportion, et renvoya le dessin à Lucerne, avec les os*.

De tous les os du géant de Lucerne il ne restait plus, en 17D6, qu'une portion d'omoplate el un fragment du carpe. L'analomiste Bluraenbach, qui les vit au commencement de notre siècle, les reconnut parfaitement pour des os d'Ëléphant.

Nous ne devons pas manquer d'ajouter^ comme complément de cette histoire, que les habitants de Lucerne ont adopté, depuis le seizième siècle» Timage de ce prétendu géant comme support de leurs armes. Il est maintenant établi que ce prétendu géant n*est qu'un Mammouth, Ainsi les Lucernoîs ont fait involontairement ce qu'ontfait avec réflexion les habitants de Berne : l'ours des armes parlantes de la ville de Berne est le pendant du Mammouth des armoiries de Lucerne.

La littérature espagnole conserve le récit de beaucoup d'histoires de géants, déclarés tels au seul examen de leurs os. La prétendue dent de Saint-Christophe, que Ton fit voir à Louis Vives, à Valence, dans l'église de Saint-Christophe, n'était certainement qu'une molaire d'Éléphant fossile. D'ailleurs, il ne faut pas trop s'étonner de voir, aux premiers siècles du christianisme, des ossements d'Éléphant pris pour des reliques de saints, car ce genre d'erreur s'est prolongé jusqu'aux confins de notre siècle. En 1789, les chanoines de Saint- Vincent faisaient promener processionnellement dans les rues et dans la campagne, pour obtenir de la pluie, un prétendu bras de saint, qui n'était autre que le fémur d'un Éléphant.

En 1456, sous le règne de Charles VU, on vit de ces prétendus os de géants apparaître sur le lit du Rhône. Le même phénomène se reproduisit sur les bords de ce fleuve, près du bourg

1. Ce dessin de Félix Plater se voit encore aujourd'hui à Lucerae, dans l'ancien collège des Jésuites.

de Saint-Peirat, vis-à-vis Valence. Le Dauphin, depuis Louis Xf, qui résidait alors à Valence, fit recueillir ces os ; on les porta à Bourges, où ils restèrent longtemps exposés à la curiosité publique, dans Tinlérieur de la Sainte-Chapelle.

Vers 1564, une découverte semblable eut lieu aux environs de la même ville de Valence. Deux paysans aperçurent, sur les bords du Rhône, le long d'un talus, de grands os qui sortaient de terre. Us les portèrent au village voisin, où ils furent examinés par Cassanion, qui demeurait à Valçnce. C'est sans doute à ce propos que Cassanion écrivit son Traité des géants^. La description donnée par l'auteur •, d'une dent de ce prétendu géant de Valence, sufGt, selon Cuvier,pour prouver qu'elle appartenait à un Eléphant : elle avait I pied de longueur et pesait 8 livres.

C'est aussi sur les bords du Rhône, mais en Dauphiné, que fut trouvé, sous Louis XIII, le squelette du fameux Teutobocchus, dont nous avons parlé dans le précédent chapitre, à propos du Mastodonte.

En 1663, Otto de Guericke, l'illustre inventeur de la machine pneumatique, fut lui-même témoin, aux environs de Quedlinbourg, de la découverte d'os d'Éléphant enfouis dans un calcaire coquillier. On y trouva d'énormes défenses, qui auraient dû suffire à établir leur origine zoologique. On les prit pour des cornes, et l'illustre Leibniz composa, avec ces débris, un animal étrange, portant une corne au milieu du front, et à chaque mâchoire une douzaine de dents molaires longues d'un pied. Après avoir fabriqué ce fantastique animal , Leibniz le baptisa du nom d'Unicomu fossile. Dans la Protogée de Leibniz, ouvrage remarquable, d'ailleurs, comme le premier essai d'une théorie de la formation de la terre, on trouve la description et le dessin de cet être imaginaire.

Pendant plus de trente ans on a cru, en Allemagne, à l'i/nicomu fossile de Leibniz. H ne fallut rien moins, pour faire renoncer à cette idée, que la découverte, faite en 1696, dans la vallée de rUnslrutt, du squelette entier d'un Mammouth , qui fut

1. De gigarUibiUf auctore J. Cassanione Monostroliense. Basil., 1580.

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