ÉPILOGUE
Après avoir étudié Thistoire de notre globe , nous serat-il permis de jeter un coup d'œil sur l'avenir qui l'attend?
L'état actuel de la terre peut-il être considéré comme définitif? Les ébranlements qui ont façonné son relief, et se sont traduits par les irruptions des Alpes en Europe, du mont Ararat en Asie, des Cordillères dans le nouveau monde, seront-ils les derniers? En un mot la sphère terrestre conservera-t-elle à jamais la forme que nous lui connaissons, et dont les cartes géographiques ont, pour ainsi dire, incrusté les contours dans notre mémoire?
n est difficile de répondre aVec assurance à cette question. Toutefois, les connaissances qu'ont maintenant acquises nos lecteurs, leur permettront de se faire à cet égard une opinion fondée sur l'analogie et l'induction scientifiques.
Quelles sont les causes qui ont produit les reliefs actuels du globe, et réparti diversement sur sa surface les continents et les eaux? La cause primordiale c'est, comme nous l'avons dit si souvent, le refroidissement de la terre et la solidification progressive de ses parties internes encore liquides. Ce sont les plis, lesridements et les fractures ainsi déterminés dans l'écorce solide du globe, qui ont provoqué la formation des principales montagnes, creusé les grandes vallées, fait surgir certains continents et submergé d'autres rivages. La seconde cause qui a contribué à former de vastes terrains, réside dans les dépôts sédimentaires des eaux, qui ont eu pour résultat de créer de nouveaux continents en comblant le bassin des mers anciennes.
kM LA TERRE AVANT LE DÉLDGE.
Ubis eei tieui causes, le refroidissetneot t€rrestre et les iépdtiiédifneDlaires aqueux, persisti^L de nos jours, bien qu'à un dc^réalTâiMi, L'épaisseur de Fécorce solide du globe n'^st qu^utie insigiiiiiafite fraction de sa masse solide intérieure, La catise principale de& grandes dislocations du sol est donc, pour ainsi dire» à nois portes; elle nous menace sens cesse: les tremblements de terre elles éniptlons volcaniques, encore fréquents aujOurd1iui| nous en donnent de sinistres et incontestables preuves t D'un autre côté, nos mers forment desâUerrisseoients continus. Le fond de la mer Baltique, par exemple, s^élève grâduellemeiii, par suite de dépôts qui combleront en enlier son Ut, dans un intervalle de temps qu'il ne serait pas impossible de calculer*
11 est donc probable que le relief actuel du solet leslimiies respectives des continents et des eaux n ont rien de définitif, et qu'ils sont, au contraire, destinés à semoditier dans l'avenir*
Un problème plus ardu que le précédent, et pour lequel Tinduclion scient ilique et Tanalogie sont des guides moins sûrs, est celui de la perpétuité de notre espèce* L'homme est-il condamné à disparaître un jour de la surface de la terre, comme les races animales qui ont précédé et préparé sa venue? Une nouvelle période glaciaire, anah3gue à celle qui a sévi pendant l'époque quaternaire, viendrait-elle mettre un terme à son existence? Comme les Trilobites de la période silurienne, comme les grands reptiles du lias, comme les Mastodontes de l'époque tertiaire et les Mégathériums de Tépoque quaternaire, l'espèce humaine doit-elle un jour s'anéantir, et disparaître du globe, par une simple extinction naturelle? Ou bien, faut-il admettre que l'homme, doué de l'attribut de la raison, marqué, pour ainsi dire, du sceau divin, soit le dernier et le suprême terme de la création?
La science ne saurait prononcer entre ces deux questions, qui surpassent la compétence et sortent du cercle du raisonnement humain. Il n'est pas impossible que l'homme ne soit qu'un degré dans l'échelle ascendante et progressive des êtres animés. La puissance divine qui a jeté sur la terre, la vie, le sentiment et la pensée; qui a donné à la plante l'organisation, à l'animal le mouvement, le sentiment et l'intelligence; à l'homme, en