‹ La terre avant le déluge (volume 2)Chapitre 47 sur 53 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

outre de ces dons multiples, la faculté de la raison, doublée elle-même de l'idéal, se réserve peut-être de créer un jour, à côté de rtiomme, ou après lui, un être supérieur encore. Cet être" nouveau, que semblent avoir pressenti la religion et la poésie modernes, dans le type éthéré et radieux de Tange chrétien, serait pourvu de facultés morales dont la nature et l'essence échappent à notre esprit, et dont nous ne pouvons pas plus concevoir la notion que Taveugle-né ne conçoit les couleurs ou le sourd-muet les sons. Erunt œquales angelis Dei, « ils seront semblables aux anges de Dieu, » dit l'Écriture en parlant des hommes ressucités pour la vie éternelle.

Pendant Tépoque primitive, le règne minéral existe seul; les roches sont tout ce qui forme la terre brûlante, silencieuse et déserte. Pendant Tépoque de transition, le règne végétal, nouvellement créé, s'étend sur le globe entier, qu'il recouvre bientôt, d'un pôle à l'autre, d'une masse non interrompue de verdure immuable. Pendant les époques secondaire et tertiaire, le règne végétal et le règne animal se partagent à peu près exactement la terre. A Tépoque quaternaire apparaît le règne humain. Est-il dans les destinées futures de notre planète de recevoir un hôte de plus, et après les quatre règnes qui Toccupeut, de voir apparaître un règne nouveau, dont les attributs ne peuvent être pour nous qu'un impénétrable mystère, et qui différerait des autres règnes autant que l'homme diffère de l'animal et la plante du rocher?

On doit se contenter de poser, sans espoir de le résoudre, ce problème redoutable. Ce grand mystère, selon la belle expression de Pline, « est caché dans la majesté de la nature, » latet in majestate naturœ, ou, pour mieux dire, dans la pensée et la toute-puissance du Créateur des mondes qui forment l'univers.

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