‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 19 sur 49 · SOUS-PÉRIODE DU CALCAIRE CARBONIFÈRE · texte numérisé non relu

SOUS-PÉRIODE DU CALCAIRE CARBONIFÈRE

La végétation qui couvrait les nombreuses îles de la mer carbonifère, consistait en fougères, Ëquisétacées, lycopodiacées et dicotylédones gymnospermes.

Les Annvlaria et les Sigillaria appartiennent à des familles , complètement éteintes de ce dernier embranchement.

Les Annularia étaient de petites herbes qui nageaient à la surface des eaux douces ; leurs feuilles étaient verlicillées en grand nombre à chaque articulation de la tige et des rameaux. Les Sigillaria étaient, au contraire, de très-grands arbres, à tronc simple surmonté d'un panache de feuilles étroites et retombantes, à écorce souvent cannelée, présentant des impressions, ou cicatrices, laissées par les anciennes feuilles, et qui ressemblaient à des sceaux (sigillum): de là leur nom. La figure 4»' représente l'écorce d'un de ces Sigillaria qui se rencontrent si souvent dans les mines de houille : la figure 50, le tronc du même végétal.

Les Sligmaria, d'après plusieurs paléontologistes, étaient des

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PERIODE CARBONIFERE. 83

cryptogamèsàfructification souterraine. On n'en connaît que les

ÉCOTtednSlgillafi» laiigala. {1/5 G. N 1 Trontd'nn a^l"laiiâl'(l/lo C. N.)

Mg. SI. Stigniart».(iyM:8. N.) Fig. St. TroQc de Calimites. ((/S G. N.) .

longuesracines(fig.51J,quiportaient]es organes reproducteurs.

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Les végétaux gigantesques qui ont reçu le nom de CaiamîUs abondaient dans la période du calcaire carbonifère, comme

Fig. &3. Calamité rcBUuree. (lo à il loètres.)

dans la période suivante. La figure 52 représente le tronc de l'un de ces Calamiles, les prêles gigantesques de l'ancien monde.

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Nous représentons dans la figure S3 une de ces prèles gigantesques, ou Calamité de l'époque houillère, restaurée d'après M. Eugène Deslongchamps.

Cet arbre, à la tige herbacée, est représenté ici avec ses frondes (feuilles) et ses organes de fructification. Les Calamités se développaient comme nos asperges, par une tige souterraine, d'où partaient, de distance en distance, des jets nouveaux, comme on l'a représenté sur la figure 53, où deux gros bougeons sortent de terre.

Deux arbres énormes remplissaient les forêts de celte pé- ■ riode : c'étaient le Lepidodendron carinalum et le Lomatapktoyos crassicaule. Tous deux appartiennent à la famille de nos Lycopodiacées actuelles , qui ne renferment aujourd'hui, comme on l'a dit plus haut, que des espèces de très-petite taille.

Le tronc des /^omafop/iidj/os était rameux ; ses rameaux se terminaient par des touffes épaisses de feuilles linéaires et charnues.

Les Lepidodendrons a vai e n t des tiges cylindriques bifurquées.Les branches prenaient leur évolution par dichotomie , c'est-à-dire en se divisant continuellement en deux jusqu'au sommet. L'extrémité de

ces branches se terminait „, . , ,j ^ ^ u , "

par une fructification en

forme de cône garni d'écailles linéaires, auxquelles on a donné le nom de kpidostrobus . Cependant plusieurs de ces rameaux étaient stériles et se terminaient simplement par des frondes (feuilles ■ allongées.

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La figure 54 représente le Lepidodendron Stembergii, tel qu'on le trouve sous les schistes, dans les houillères de Swioa, en Bohême. La Ogure 55 représente le même arbre avec, ses rameaux et les traces de ses organes de fructification.

La figure 66 représente une portion de branche, garnie^ de ses feuilles, du Lepidodendron etegans.

Fie. fa, LepidcdeodroQ el^uu. (a. N

Fl|;.ts.Lcpidodendr(niSlcmbergii.(l/ao N.}

M. Eugène Seslougchamps a bien voulu tracer la restauration du Lepidodendron Stembergii, que nous représentons sur

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la figure 57, et qui montre cet arbre entier avec sa tige, ses rameaui, ses frondes et ses organes de fructification.

Les fougères composaient une grande partie de la végétation, pendant la période du calcaire carbonifère. Nous mettons sous

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les yeux du lecteur (fig. &8) la restauration d'une fougère arborescente, el d'une fougère herbacée de cette période.

4, Fougèru hirbaciu-i

Parmi les nombreuses espèces de fougères de la période du calcaire carbonifère, il faut citer, comme la plus caractéristique, le Sphenc^teris laseus.

Les mers de cette époque renfermaient un grand nombre de

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zoophytes, près de 900 espèces de mollusques, quelques crustacés et des poissons.

On peut citer parmi les poissons, les genres Psammodus et Coccosieus, dont les dents étaient massives, insérées au palais, et propres à broyer; les Roloplychius et les Hegalichlhys.

Les mollusques étaient en majeure partie des brachiopodes de grandes dimensions. Les Producius atteignent ici un développement exceptionnel; nous citerons seulement le Productus MartinUfig. 59)etlesProdwcitM semi-reticulatusetgiganteus. Il y

ng. M. Fig. W, Fie «1.

Prodncliu Msrlinj. (t/3 0. N.) Spirifer Irlgonalia. (l/a G. N,) SplriferglaÊer.(l/lG.N

avait de gros Spirifer, comme les Spirifer trigonalis (fig. 60) et glaber {Gg. 61). La Terebralula hastala nous a été conservée avec les bandes colorées qui ornaient la coquille de l'animal vivant. Les Bellerophon, gastéropodes dont la coquille, enroulée symétriquement sur elle-même, rappelle les Nautiles actuels de petite taille, mais n'est pas cloisonnée, étaient alors représentés par plusieurs espÈces, entre autres par le Bellerophon costatus (fig. 62). Parmi les céphalopodes vivaient les Orthoceras (fig. 63), qui ressemblent à des Nautiles droits et rétrécis, et les Goniatiles {GoniatiUs evolulus, fig. 64), genre voisin des Ammonites, dont il sera bientdt et souvent question.

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Les crustacés sont rares dans le terrain du calcaire carbonifère •■ ce sont les derniers Trilobltes (Phillipsia) qui s'éteignent dans ce terrain. Quant aux zoophytes, ils consistaient surtout

i. Platycriuiu triacaaUi{>d)u:tj'tus. (0. V.)

en crinoïdes et polypiers. Les Ëncrines étaient représentés par les genres l'ialycrinus (fig. 65) et Cyathocrinus; on y trouve des mollusques bryozoaires.

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Parmi les polypiers on compte les genres LUhostrotvm {Li-

thostrotion basaltiforme, fig. 66), Lomdaleia (Lonsdaieia floriformis, fig. 67), Amplexus coraltotdes. Parmi les mollusques bryozoaires, les genres Feneslrella et Polypora. Enfin un groupe d'animaux qui joueront un rôle très-important et seront trèsabondamment représentés dans les couches des dernières périodes géologiques, vivaient déjà dans les mers de la période carbonifère : nous voulons parler des Foraminifères, animaux microscopiques, non agrégés, à existence inifividuelle distincte, et composés d'un corps entier, ou divisé en segments, recouvert d'une enveloppe ordinairement testacée {Fusulina cylindrica, fig. 68). Ces petits êtres, qui ont formé des bancs énormes et des terrains entiers pendant les périodes jurassique et crétacée, ontcommencé d'apparaître pendant la période qui nous occupe.

La planche 69 représente, grâceàl'artifice d'une sôrted'o^warîum idéal, quelques espèces dominantes de la populclion des mers pendant la période du calcaire carbonifère. A droite est une tribu de polypiers, aux reflets d'un blanc éclatant; les espèces représentées sont, en partant du bord, le LasmocyalhiLs, le Chœtetes et le Pilijpora. Le mollusque qui habite l'extrémité' du tube allongé et conique en forme de sabre, est un Aploceras. Il semble préparer la venue de l'Ammonite, car si cette coquille allongée était enroulée sur elle-même, elle ressemblerait à l'Ammonite ou au Nautile.

Au milieu du premier plan sont le Bellerophon huilcus, le Nautilm Koninckii et un Productus, avec les nombreux piquants qui partent de l'intérieur et de l'extérieur de la coquille.

A gauche sont d'autres polypiers : le Ghoneies, à la surface étalée et munie de petits piquants, et le Cyalhophyllum, qui forme des tiges droites et cylindriques; des encrines {CyathocftMset Plalycrius) enroulent autour d'un tronc d'arbre, ou laissent flotter dans l'eau leur tige flexueuse. Des poissons {^mhlypierus) s'agitent au milieu de ces êtres, dont la plupart sont entièrement immobiles, et fixés, comme des plantes, au rocher sur lequel ils se sont développés.

Le reste de cette planche nous montre une série d'îlots élevés sur une mer tranquille. Un de ces Ilots est occupé par une

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forêt où se dessinent au loin les formes générales de la grande végétation de cette époque.

Terrain da calcaire carbonifère. — Le terrain formé par les dépôts des mers pendant la période du calcaire carbonifère est important à connaître en ce qu'il renferme de la houille, bien qu'en quantité beaucoup moindre que le terrain houiller. Il est essentiellement formé d'un calcaire compacte, d'une couleur grise, bleuâtre ou noirâtre. Le choc du marteau en fait exhaler une odeur fétide, due à la matière organique modifiée des mollusques et des zoophytes dont il renferme encore des débris trés-reconnaissables.

Le calcaire carbonifère forme, dans le nord de l'Angleterre, de hautes montagnes; aussi a-t-il reçu dans ce pays le nom de calcaire de motHajne. On l'appelle encore métallifère, à cause des richesses minérales qu'il recèle dans le Derbyshire et le Cumberland. Ce terrain existe en Russie, dans le nord de la France et en Belgique, où il fournit cea marbres communs connus sous les noms de marbres de Flandre et de petit granit. Ces marbres sont exploités dans d'autres localités, telles que Regneville (Manche), soit pour la fabrication de la chaux, soit comme pierre d'ornement. Une des variétés du marbre exploité à Regneville, noire, à grandes veines jaunes, est fort belle.

Eu France, le calcaire carbonifère, avec ses grès, ses conglomérats, ses schistes et ses calcaires, est largement développé dans les Vosges, dans le Lyonnais et dans le Languedoc. Souvent en contact avec les syénifes et les porphyres, il a été nonseulement bouleversé sur divers points, mais encore viétamorphosé d'une foule de manières à cause de la variété des roches qui entrent dans sa constitution.

Aux États-Unis, le terrain du calcaire carbonifère occupe une assez grande place derrière les AUeghanys. On le retrouve aussi dans la Nouvelle-Hollande.

En vertu de leur ancienneté, relativement aus calcaires secondaires et tertiaires, les terrains du calcaire carbonifère sont généralement plus accidentés. La vallée de la Meuse, de Namur jusqu'à Chockier, au-dessus de Liège, est creusée dans cette formation, dont les relèvements lui donnent, surtout sur la rive gauche, un caractère des plus pittoresques.

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