‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 26 sur 49 · I. On voit Bur la planche 19G l'Iguanodon reslauré · texte numérisé non relu

I. On voit Bur la planche 19G l'Iguanodon reslauré

Diqi1izedovGoO<^Ic

826 EPOQUE SEGONDAIJtE.

céphalopodes. Les Ammonites y prennen.l des dimensions gigantesques, et l'on y remarque des espèces nouvelles de ces animaux, distinguées parleurs sillons transverses espacés. Des Âncyloceras âe 2 mètres de développement, et des genres singuliers, comme les Scaphiies, les Toxoceras, les Crioceras; d'autres mollusques jusqu'alors inconnus, beaucoup d'èchinodermes nouveaux et de zoophyles, donnaient à ces mers une richesse animale et un faciès d'ensemble tout particuliers. Il faut y signaler encore l'apparition des mollusques connus sous

le nom de Itndistes, et qui.jouent pendant cette période un rôle très-important.

La planche 196, qui met en scène la lutte d'un Iguanodon et d'un Mégalosaure, au milieu d'une forêt, permet aussi de faire comprendre le caractère de la végétation pendant la périoiie crétacée. On y voit réunies les formes végétales exotiques et celles de nos pays. \ gauche du paysage, on aperçoit un groupe d'arbres qui ressemblent aux dicotylédones de nos foréis : ce sont les élégants Credneria, dont le rang botanique n'est pas encore bien fixé, car on n'a pas retrouvé leurs fruits ; on a cru

■dovGooi^Ic

ds.Goo'^Ic

„Goo>^Ic

toutefois pouvoir les placer dans les dicotylédones, à la suite des Amentacées arborescentes. Un autre groupe d'arbres se compose de fougères et de zamites ; au fond, et estompés par la distance, s'élèvent des palmiers. On reconnaît dans ce paysage des aunes , des charmes , des érables et des noyers , d'espèces analogues à celles de nos jours.

Terrain crétacé inférieur. — Les roches que les mers ont déposées pendant la période qui nous occupe, forment le terrain crétacé inférieur, qui peut être distingué en deux étages : l'étage néocomien et l'étage glauconieux, qui lui est superposé.

Étage néocomien. — Le nom de néocomien, donné à cet étage, vient du mot Ifeocomum, dénomination latine de la ville de Neuchâtel, en Suisse, où ce terrain est parfaitement développé, où il a été reconnu et établi pour la première fois.

Avant d'indiquer les espèces caractéristiques de la faune marine néocomienne, jetons un coup d'oeil sur quelques-uns des genres que nous y faisons figurer, comme les Scaphites, les Crioceras, les Âncyloceras, les Toxoceras, les Baculites et les Turrilites, qui sont des mollusques céphalopodes.

Les Scaphites ont une coquille formée d'une spirale régulière enroulée sur le même plan , à tours contigus , croissant régulièrement jusqu'au dernier tour, qui se détache des autres et se projette en une crosse plus ou moins allongée.

Les Hamites, les Criocerax et les Ancyloceras, sont terminés, à leurs deux extrémités, en forme de crosse; ils peuvent être considérés comme des Ammonites à tours de spire disjoints.

Les Toxoceras avaient une coquille arquée et non en spirale.

Les Baculites ont une coquille qui diffère de celle de tous les autres Céphalopodes en ce qu'elle est allongée, conique et parfaitement droite à tous les âges.

La coquille des Turrililes est régulière , senes^e, c'est-à-dire enroulée à gauche , en spirale oblique et formée de tours contigus.

Nous ne pousserons pas plus loin l'analyse des genres propres à l'étage néocomien, et nous renverrons le lecteur à 1 examen

■dovGoot^Ic

i30 EPOQUE SECONDAIRE.

des figures qui représentent quelques-unes des espèces caractéristiques. .

Parmi les mollusques céphalopodes, citons les espèces suivantes : Ammonites radiaim, Crioceras Duvaliî, Ancyloceras Duva-

Fig. IM. Ancjloceras Mïtberoniioua. (i;sG. N.)

Fig. 19», Rhyncholeulia Asliepana. (G, N.)

tianus, HomUes{fig. 197), Ancyloceras Malheronianm (fig. 198), fthyrtchotentis Aslierana (fig. 199) , Ostrea aquila (fig. 200).

Parmi les gastéropodes : le Plerocea occani (fig. 201 ), le Fusus neocomiemis (fig. 202).

Parmi les acéphales : les Perna Mtdleti (fig. 203), Ostrea Couloni (fig, 204), Cardium peregrinum (fig. 205), Janira alava (flg. 206), Plioladomya elont/ata, Terebratula .«//a (fig. 207) ,

■dovGoOi^Ic

Fig. aoo. oslrta a<iuila. (1/4 O,

Flg, Î01, Plepoceaoceanl. (|/4G,N.5 Fig. 50

Fig. 303. Parn» Molleli. (1(4 G.

Diqi1izedovGoO<^Ic

:U7. Terebratuli sella. (O. N.>

Fig. ÎOB. RhyiichonelUsulcata.

g. 2»». lerebralella AsUerana Oft G. N.)

oyGoot^Ie

Parmi les brachiopodes : le Rhyttchonelta sulcMa (fig, 208), le Terebraulla AKtierana (fig, 209), les Caprotina ammonia, Caprotina Lonsdalii, le Radioliles neocomiensis.

Parmi les échinodcrmes : le Spanlagus relusus, le Nvcleolites Olfersii, le Pygaulus Moulinsii-

Parmi les amorphozaires : le Cupulospongia cupxdifomiis.

Parmi les polypiers : le Teiracœnia Dupiniana {fig. 210).

Fig. lIo.iTelracœnia Dupiniana.

L'étage néocomien se trouve, en France, en Champagne, dans les départements de l'Aube, de l'Yonne, des Hautes- Alpes. Il

existe très-développé en Suisse (à Neuchâtel) et en Allemagne.

L'étage néocomien peut se subdiviser en trois membres :

1" Le néocomien inférieur, composé de marnes et argiles grises, alternant avec de petits bancs de calcaires gris. Cet étage est puissant. H existe à Neuchâtel, ainsi que dans la Drame. Fossiles: Spatangus relusus, Crioceras, Ammonites Aslierianus.

2" Uuryonien (calcaire d'Orgon). Cette assise existe aussi à AiX'les'Bains (Savoie), à Grenoble, et en général dans le calcaire en grosses assises blancties qui dessine les précipices de la Drôme, etc. Fossiles : Chama ammonia, Pigaulus, etc.

3" L'aptien, composé en général de marnes et d'argiles. Il existe dans le département de Vaucluse, à Apt (de là son nom), dans le département de l'Yonne, dans la Haute-Marne, etc. Fossiles : Aticyloceras Malheronianus , Oslrea aguila, Plicalula placunea, etc. Cet étage se compose : ici d'argiles grises, que l'on exploite pour la fabrication des tuiles ; là, de calcaires argileux, bleuâtres , feuilletés noirs ou noirâtres. Il offre dans l'île de Wight des grès fins, gris, un peu argileux, et des grès ferrugineux que l'on trouve très-développès au Havre et dans certaines parties du pays de Bray.

■dovGoot^Ic

Il faut nous arrêter un instant pour signaler, au milieu de la formation marine de l'étage néocomien , une formation accidentelle d'eau douce, qui a pris en Angleterre, où on la rencontre, une certaine importance, en raison des précieux fossiles qu'elle a fournis. Nous voulons parler de la formation wealdienne.

On trouve cette formation d'eau douce dans certaines parties des comtés de Kent, de Surrey et de Sussex, connues sous le nom de v)eald. Là vivaient, à l'époque crétacée, à l'embouchure d'un fleuve ou d'une rivière qui se jetait dans la mer, quelques animaux composant une petite faune fluviatile ou lacustre, que l'on retrouve aujourd'hui à l'état fossile dans ce terrain. C'étaient des petits crustacés du genre Cypris; des mollusques gastéropodes du genre Melania, Paludina; des mollusques acéphales, Cyrena, Unio, Mytilus, Cyclas, Ostrea.

L'Unio watdensis {fjg. 211), ]es Cypris spimgera{Sg. m), les

Cypris waîdensis {fig. 213), peuvent être considérés comme des fossiles caractéristiques de cette petite faune locale.

La puissance de ce dépôt lacustre est d'environ 300 mèlres. Il se compose, d'une part, d'argiles, de marnes et de bancs de calcaire remplis et comme pétris de Paludlnes; d'autre part, de sables, de grès calcarifères et d'argiles (Hastingssand).

Comme nous l'avons dit, on considère ces couches comme un dépôt de delta formé â l'embouchure d'une rivière qui se jetait dans la mer crétacée.

Le terrain crétacé n'est pas seulement intéressant par ses fossiles, il présente aussi des sujets d'études au minéralogiste. La craie blanche, examinée au microscope, par M. Elirenl>erg, a montré une très-curieuse structure globuliforrae. Les parties vertes de ses grès et calcaires verts constituent des composés fort singuliers. D"après les résultats des analyses de M. Berthîer, on les a considérées comme des silicates de fer. Les minerais de fer s'y montrent, non pas en couclies comme dans le terrain jurassique, mais en amas, dans des espè'îes de poches de l'assise urgonienne. Ils sont ordinairement hydratés à l'état d'hématites et accompagnés de quantités d'ocre tellement abondantes qu'ils sont souvent inexploitables. Dans le midi de la France, ces espèces de filons ont été travaillés assez profondément par les anciens moines, qui étaient métallurgistes.

Mais c'est spécialement aux artistes que la puissante assise urgonienne présente un intérêt tout spécial, à cause de ses admirables cassures verticales, de ses redressement? en forme de pics, plus audacieux les uns que les autres. Dans le Var, les défilés de la Vésubia, de l'Esteron, de Tinéa sont serrés entre des murailles à pic, sur plusieurs centaines de mètres, entre lesquelles existe à peine l'espace d'une route étroite que longent des torrents mugissants.

n Dans la Drôme, dit M. Foumet, l'entrée de la belle vallée du Vercors était interdite pendant une partie de l'année, parce que pour y pénétrer il fallait passer nécessairement au travers de deux orifices, le GTand etle l'etit-Goalet, par lesquels s'échappent les eauï du pays. C'est assez dire qu'il fallait y prendre un bain de pied, même pendant les temps de sécheresse.

« Un pareil état ne pouvait durer, et, en I8'i8, il était curieux de voir les mineurs appendus contre le flanc de l'un des précipices latéraux à environ 150 mètres au-dessus du torrent comme à égale hauteur audessous du sommet de la crête. Là, ils commençaient par pratiquer des niches qui, toutes placées au même niveau et successivement agrandies, se sont raccordées entre elles de manière à constituer dans la roche une route carrossable, tantôt en galerie, tantdt couverte par un encorbelle-

■dovGoOi^Ic

ment et dont le parcours présente de continuelles surprises aux voyageurs.

« Ce n'est pas tout, ajoute M. Foumet, celui qui parcourt les hauts plateaux du pays, y trouve à chaque pas des effondrements du sol, désignés sous les noms de pots et de sciaUts. Les plus vieux ont leur concavité revêtue d'une curieuse végétation dans laquelle dominent les Aucolins, qui y trouvent un abri contre les vents rasants, si furieux dans ces régions culminantes.

« D'autres forment des espèces de cavernes dans lesquelles se conserve une température assez bonne pour que l'eau s'y congfele, mâme au milieu des étés. Ces cavités constituent des glacières natuTtthf, que l'on retrouve du reste aussi sur certains hauts plateaux du Jura.

• Enfin, les crevasses du calcaire reçoivent les eaux provenant des pluies et de la fonte des neiges. Elles s'infiltrent au travers de la roche de manière à arriver à l'assise marnière inférieure, où elles constituent des nappes qui ont dû chercher des issues pour s'épancher au jour. De là, des galeries souterraines qui forment des cavernes d'une longueur parfais considérable, et dans lesquelles se réunissent toutes les merveilles que peuvent engendrer les éboulements, les stalactites, les stalagmites, des lacs placides et des torrents fougueux. Enfin, ces eaux débouchant par les oriSces extérieurs donnent naissance à ces belles fontaines qui du premier bond forment une véritable rivière. •

Étage gîauconierix. — Le nom de cet étage se tire d'une roche nommée glauconie, composée de calcaire et de grains verdfltres de silicate de fer, qui est souvent mêlée aux calcaires de ce terrain.

Les espèces animales fossiles qui servent à reconnaître cet étage sont très-variées. Parmi ses nombreux types, nous citerons les crustacés appartenant auï genres Arcania et Corysles; beaucoup de mollusques nouveaux , Buccinum , Solen , Plero- (lonla, Yoluta, CAama; une très-grande quantité de mollusques brachiopodes formant des bancs sous-marins trës-développés; des échinodermes inconnus jusqu'alors, et surtout un grand nombre de zoophytes.

Voici un certain nombre d'espèces caractéristiques de cet étage :

Page 1