‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 31 sur 49 · Du gTec«ax<'() épais; Hp^, peau · texte numérisé non relu

Du gTec«ax<'() épais; Hp^, peau

Diqi1izedovGoO<^Ic

PÉRIODE ÉOCÈNB. 271

leurs espèces, qui est bien supérieur au nombre des espèces que nous connaissons aujourd'hui dans l'ordre des pachydermes, sont un fait remarquable et sur lequel Guviera beaucoup insisté. Parmi les pachydermes fossiles de l'époque tertiaire, on trouve un grand nombre de formes Intermédiaires que l'on chercherait en vain aujourd'hui dans nos pachydermes vivants; ces genres sont séparés de nos jours par des intervalles plus étendus que ceux d'aucun autre genre de mammifères. Il est bien curieux de retrouver ainsi dans les animaux du monde ancien les anneaux, aujourd'hui brisés, de la chaîne de ces êtres.

Arrêtons-nous un instant sur ces pachydermes, qui ont eu pour tombeaux les lieux qui forment aujourd'hui les carrières à plâtre des environs de Paris. Montmartre et Pantin furent leur dernier refuge. Chaque bloc qui sort des carrières de Montmartre ou de Pantin, renferme quelque fragment d'un os de ces mammifères, et combien de millions d'ossements ont été détruits avant que l'attention se fût portée sur cet objet! C'est l'étude des débris organiques qui remplissaient les plâtres de Montmartre qui a le plus contribué à la création de la science des êtres fossiles. C'est là, en effet, que s'est exercé surtout le génie de Cuvier. Les cabinets d'histoire naturelle de Paris s'étaient peu à peu remplis d'innombrables fragments d'animaux inconnus, extraits des carrières à plâtre. Cuvier se décida à aborder leur étude. Mais comment, sur la grande quantité d'os dont se compose un squelette, venir à bout de choisir avec certitude ceux qui appartiennent à chaque genre et à chaque espèce ? C'est pourtant ce que fit Cuvier, qui parvint à reconstruire leurs squelettes entiers avec tant de sûreté et de précision, que les découvertes postérieures d'autres fragments de ces mêmes animaux n'ont fait que confirmer ce qu'avait deviné son génie. Les Palxothtnum et les AnoplothtTivm sont les premiers mammifères fossiles qui furent restaurés par notre immortel naturaliste. Les études de Cuvier sur les mammifères fossiles contenus dans les carrières à plâtre de Montmartre ont donné le signal, en même temps que le modèle, des recherches innombrables qui furent bientôt entreprises dans toute l'Europe pour la restauration des animaux de l'ancien monde, recher-

■dovGooi^Ic

traduire par le dessin les formes de VAnaplolhériwn commun Son mémoire sur les Pachydermes fossiles de Montmartre est accompagné d'un dessin au trait que nous n'avons eu qu'à

Fig. ass. Anoplolhmum commun. ()/So G. N.)

suivre pour représenter, dans la figure 255, ÏAnoplothérium commun.

Il existait des Anoplolhériuras de petite taille : YAnoplolherium leporinum ou lièvre, dont les pattes étaient disposées pour une course rapide; VAjioptolherium minimum et oUiquum, de taille plus petite encore, et dont le dernier ne dépassait pas celle du Rat. Gomme les Rats d'eau, ces petites espèces habitaient les bords des ruisseaux et des petites rivières,

Le Xiphodon gracile avait un peu moins d'un mètre de hauteur au garrot ; il avait la taille d'un Chamois, mais plus de légèreté dans les formes. Sa tête étaii moins grosse que celle de ce dernier animal. Autant les allures de l'Anoplothérium commun étaient lourdes et tr^tnantes, autant le Xiphodon élait gracieui et agile. Léger comme la Gazelle e( le Chevreuil, il courait rapidement autour des marais et des étangs ; il y paissait les herbes aromatiques des terrains secs, ou broutait les pousses des jeunes arbrisseaux.

( Sa course, dit Cuvier, dans le mémoire déjà cité, n'était point embarrassée par une longue queue; mais, comme tous les herbivores agiles, il était probablement un animal craintif, et de grandes oreilles très-mobiles, comme celles du Cerf, l'avertissaient do moindre danger. Nul doute enfin que son corps ne fût couvert d'un poil ras ; et par con-

■dovGoot^Ic

séquent il ne manque que sa couleur pour le peiudre tel qu'il animait jadis cette contrée, où il a fallu en déterrer, après tant de siirlps, de si faibles vestiges. "

La Sgare 256 est la reproduction du dessin au trait dont

Ftg, KS, Xipbodon gracile.

Cuvier accompagne la description de cet animal, qu'il rangeait toutefois parmi les Anoplothériums, et qui a reçu de nos jours le nom de Xiphodon gracile.

Les plâtrières des environs de Paris renferment encore des débris d'autres espèces de pachydermes : le Chœropotamus ou Cochon de fleuve {xo'poîi noTacio;}, qui a de l'analogie avec le Pécari actuel, quoique beaucoup plus grand ; — r..4dopû, qui rappelle, par sa forme, le Hérisson, dont il a trois fois la taille, et qui semble établir une certaine liaison entre les pachydermes et les carnassiers insectivores. — Le Lophlodon, encore plus voisin des Tapirs que l'Anoplothérium, et dont la taille variait suivant les espèces, depuis celle du Lapin jusqu'à celle du Rhinocéros, se trouve dans l'étage inférieur au gypse, c'est-à-dire dans le calcaire grossier. Les restes connus de ces derniers animaux sont trop incomplets pour que l'on puisse avancer quelque chose de certain sur leur organisation et leurs mœurs.

Un géologue parisien, M. Desnoyers, bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle, a découvert dans les terrains gypseux de la vallée de Montmorency, el dans quelques autres des environs de Paris, tels que Pantin, Clichy et Dammartin, les

■dovGoot^Ic

empreintes àe pas des mammifères dont il vient d'être question, surtout des Ànoplotherium et de Palxotherium* . Des empreintes de pas de tortues, d'oiseaux et même de carnassiers, accompagnent quelquefois ces curieuses traces , qui ont la forme de sorte d'amandes plus ou moins lobées selon les divisioiis do sabot du pied de l'animal, et qui rappellent complètement^ par leur mode de production et de conservation, ces empreintes de pas de Tortue et de Labyrinthodon que nous avons figurées en parlant de la période Iriasique. Cette découverte est intéressante comme fournissant un moyen de comparaison et de contrAle entre les empreintes et les animaux qui les ont produites. Elle replace sous nos yeux, par les traces malérielles de leur marche sur le sol, ces animaux dont l'espèce est aujourd'hui anéanlie, et qui peuplaient les sites mystérieux du monde ancien.

I) est intéressant de se représenter les vastes pâturages de l'époque tertiaire occupés par cette quantité d'herbivores de toute taille. Non loin des lieux où s'élève ai^jourd'hui Paris, et qui appartiennent au terrain éocène, les plaines et les bois étaient remplis de ces animaux, gibier sur lequel nos chasseurs parisiens n'ont plus k compter, mais qui devait singulièrement animer la terre à cette. époque lointaine. L'absence des grands carnivores explique la prompte multiplication de ces agiles et gracieux habitants des bois, dont la race pullulait alors, mais qui dut promptement s'anéantir sous la dent des carnassiers voraces qui virent bientôt le jour.

La nouveauté, la richesse et la variété que. présentait la création animale à l'époque tertiaire, et qui ressort de la rapide revue que nous venons de faire de l'ordre des pachydermes et autres mammifères, se remarquent aussi dans les autres classes d'animaux. La classe des poissons nous offre, à cette époque, les premiers P/euronecie^ (poissons plats); les Crustacés, les premiers Crabes. On voit en même temps apparaître une multitude de mollusques nouveaux ( Oliva, Triton, Cassù, Barpa, Crepidula, etc.). Les formes jusque-là inconnues des Schizasur se font remarquer parmi les échinodermes ; les zoo-

Page 1