I. Carte det anciens glaâen des Alpta, in-8°, 1660, p
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cherches sur les anciens glaciers, a bien voulu dresser pour notre ouvrage la carte placée en regard de cette page, et qui résume l'état de nos connaissances actuelles sur l'extension des glaciers en Europe pendant l'époque quaternaire. Les géologues verront assurément avec intérêt ce travail, le premier qui ait encore été tenté pour représenter graphiquement l'état actuel de nos connaissances sur l'extension des anciens glaciers en Europe '. M. CoUomb, dans la note que nous nous bornons à
1. Voici les principaui éléments scisatiflques qui ont été coosultéa et mis à profit par M. Edouard Coltomb pour le tracé de cette caile.
EtjKtgiK et Pyrénéei. — Dans la Sierra Nevada, au sud de l'Espagne, l'eiis' tence des aociens glaciers a été constatée en premier lieu par M. P. Schimper, célèbre naturaliste loyageur, auteur du grand travail sur les végétaux fassiles du grès des Vosges, aujourd'hui professeur î Strasbourg, eu compagnie d'un naturaliste de Mulhouse, U. DoUrus-Ausset, qui a commencé en 18G3 la puLilicatian des premiers volumes d'un ouvrage vraiment momumental sur les glaciers actuels. Depuis celte époque, M. É. Collomb lui-même, qui a eiptoré l'Espagne en vue d'un travail géologique sur ce pays, a visité trois fois cette chaîne, et a constaté les mêmes bits.
Le premier observateur qui ait reconnu l'eiiatence d'anciens glaciers dans les Pyrénées, est un géologue d'un grand renom, M. de Charpentier, mort il y a quelques années. Depuis, d'autres géologues ont constaté les mêmes faits, et Û. E. Collomb, dans ces dernières années, a plusieurs fois eiploré lui-même toute la chaîne des Pyrénées k ce point de vue.
Pour la chaîne Canlabrique, suite des Pyrénées, les indications ont été fournies verbalement k M. Ë. Collomb par II. Casiano de Prado, inspecteur général des mines en Espagne.
Angleterre, Ècotse et Irlande. — Des données eicellentes ont été empruntées ï l'ouvrage publié par M. Lyell, en 1863, sur rAaliqaité de l'homme (Àntiguity of Man). non traduit encore dans notre langue. M. Lyell ne donne point de carie, mais il a soin d'indiquer les auteurs anglais qui ont étudié les régions dans lesquelles il admet l'existence d'anciens dépâts glaciaires.
Yoiget et forêt Noire. ~- H. Collomb a publié une carte des anciens glaciers des Vosges; H. Hoggard et autres géologues ont publié des traraux qui ont depuis longtemps jugé la question.
AtpeM. — Presque tous les géologues suisses, depuis U. de Charpentier, se sont occupés de l'ancienne extension des glaciers des Alpes. On a choisi, pour fixer la hmite desanciens glaciers du cûté de la France, les travaux de MU.Lory, Benoît, etc. Pour la partie sud des Alpes sur le versant italien, on s'est conformé à la carte récemment publiée par H. de HortlUet, que nous citons plus haut. Pour la partie nord et le centre, H. E. Collomb a fait usage d'un document précieux, c'est une carte inédile de U. le professeur Horlot, de Lausanne, où sont tracées des limites fort exactes. Pour la partie des Alpes qui se bifurque en Autriche, les renseignements publiés jusqu'à ce jour n'ont pas le même caractère de certitude. Le tracé de ce c5té ne peut donc être considéré que comme approximatif.
Fronce ceMTale. — M. Collomb avait eu l'idée de signaler l'existence des anciens glaciers dans la France centrale. Maïs, d'après H. Lecoq, juge compétent pour tout ce qui concerne le plateau central de la France, et d'après H, Ch. Marlins, bien qu'il soit probable que ces régions ont été envahies par des glaciers, ■ k l'époque quaternaire, les observations faites sur le terrain, l'absence des stries
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reproduire, commente et explique en ces termes cette Carte
des anciens glaciers.
€ On peut diviser en deux régions orographiques l'espace occupé par les anciens glaciers quaternaires : 1° la région du Nord, depuis le 52' ou 55" degré de latitude jusqu'au pôle boréal ; 2" la région de l'Europe centrale et en partie méridionale.
t La région du Nord qui a été couverte par les anciens glaciers comprend toute la Péninsule Scandinave, la Suède et la Norvège, puis une partie de la Russie occidentale à partir du Niémen au Nord en décrivant une courbe qui passe près des sources du Dnieper et du Volga en se dirigeant jusqu'au bord de l'océan Glacial, Cette région comprend encore l'Islande, puis l'Ecosse, l'Irlande, les lies qui en dépendent, enfin une grande partie de l'Angleterre.
« Cette région est bordée snr tout son périmètre par une large bande de 2 à 5 degrés de largeur, sur laquelle on reconnaît l'existence de blocs erratiques du Nord ; elle comprend la région moyenne de la Russie d'Europe, comme la Pologne, une partie de la Prusse, du Danemark, et vient se perdre en Hollande h. la hauteur du Zuiderzée ; elle entame la partie sud de l'Angleterre, et l'on en trouve un lambeau en France, sur la lisière du Cotentin.
f Les anciens glaciers de l'Europe centrale se composent d'abord du grand massif des Alpes. A l'ouest et au nord, ils s'étendaient dans la
de rochers et de véritables moraines, ne permeltenl pas d'appujer celte assertion de données certaines. En l'absence de preuves suriisaotes, on a dil laisser en blanc le massîr central de la France.
Chaine des Karpatkes. — Les données ont été fournies par M. le professeur Ch. Hartins, qui les tient lui-même d'un naturaliste voyageur, M. Lalanne.
Caucase. — Les renseignements ont été donnés libéralement à H. Ë. Collomb par un savant voyageur russe, H. Abicn, habile dessinateur, qui a recueilli dans ces montagnes des vues et des coupes géologiques prouvant incontestablement l'eiïstence des anciens glaciers.
Jford de l'Europe. — Les savants géologues de Copenhague, de ChristJana et de Slocliholm sont maintenant à peu près tous d'accord pour reconnaître, d'après les observations d'un grand nombre de voyageurs anglais, allemands et suisses qui ont eiploré cette contrée, que d'anciens glaciers ont couvert la Péninsule Scandinave tout entière, et une partie du Danemark et de la Russie.
La limite de la teinte bleu foncé indiquant les anciens glaciers qui passent dans l'inlérieuc de la Russie n'a pas la même garantie de certitude, parce qu'elle n'a pas été encore bien étudiée et qu'elle traverse un pays de grandes platoes dans lesquelles les accidents géographiques sont rares, et où par conséquent les dépôts glacières, c'est-ï-dire les moraines et les stries de roches, sont difflciles à reconnaître sur le terrain.
Quant à la limite Meu clair qui marque la trace d'arrêt des btocs erratiques de la Scandinavie, elle a été tràs-eiaotement définie jiar trois illustres voyageurs, M. de Vemeuii (de l'Institut) et MM. Murcbisoa et Keyserling, qni ont fait figurer cette ligne sur leur belle carte géologique de la Russie d'Europe.
Ajoutons que cetle carte, one fois dressée par l'auteur, a été soumise par lui i. plusieurs géologues de Paris et de la province, très-compétents dans la matière, entre autres à M. d'Archiac, Daubrée, Ch. Marlins, Delesse, Lory, etc., qui ne l'ont point désapprouvée.
vallée du Rhûne jusqu'à Lyon; puis, en dépassant la ligne de faite du Jura, ils passaient près de Bâie , couvraient le lac de Constance, s'étendaient au delà en Bavière et en Autriche, Sur le versant sud des Alpes, ils contournaient le sommet de la mer Adriatique, passaient près d'Udinet, couvraient Peschiera, Solferino, CÔme, Varèse, Ivrée, s'allongeaient jusque près de Turin et venaient se terminer dans la vallée de la Stura, près du col de Tende.
I Dans les Pyrénées les anciens glaciers ont occupé toutes les principales vallées de cette chaîne, soit du versant français, soit du versant espagnol, surtout les vallées du centre qui comprennent celles de Luchon, d'Aure , de Baréges, de Caulerets, d'Ossau, etc. Dans la chaîne Cantabrique, prolongement des Pyrénées, on a reconnu aussi l'esistence d'anciens glaciers.
0 Dans les Vosges et la forêt Noire, ils ont couvert toute la partie aud de ces montagnes. Dans les Vosges, les traces principales se trouvent dans les vallées de Saint-Amarin , de Giromaguy, de Munster, de la Moselle, etc.
« Dans les Karpathes et dans le Caucase, on a reconnu aussi l'eiistence d'anciens glaciers très-ëtendus.
f Dans la Sierra Nevada au sud de l'Espagne, montagnes de 3500 mètres, les vallées qui descendent du Picacho de Veleta et du Mulhacen ont été, à l'époque quaternaire, encombrées par d'anciens glaciers. >
Ce qui s'est produit dans notre hémisphère s'est présenté d'une manière plus grandiose encore en Amérique. Le phénomène glaciaire parait même avoir pris, dans cette partie du monde, une extension et une gravité bien supérieures à ce qui s'est passé en Europe.
Pour expliquer l'existence permanente de ce manteau de glace qui recouvrait des contrées aujourd'hui florissantes, il n'est pas d'ailleurs nécessaire de faire intervenir l'hypothèse d'un froid extraordinaire. Un abaissement de quelques degrés de la température moyenne du lieu a pu suffire à produire cet effet général. Voici comment s'exprime, à ce sujet, M. Ch. Martins :
( La température moyenne de Genève est de 9°, 5. Sur les montagnes environnantes, la limite des neiges perpétuelles se trouve à 2700 mètres au-dessus de la mer. Les grands glaciers de la vallée de Chamonii descendent à 1550 mètres au-dessous de cette ligne. Cela posé, supposons que la température moyenne de Genève s'abaisse de k' seulement et devienne par conséquent 5", 5. Le décroissement de la température avec la hauteur étant de 1* pour 188 mètres, la limite des neiges étemelles s'abaissera de 750 mètres et ne sera plus qu'à 1955 mètres au-dessus de la mer. On accordera sans difficulté que les glaciers de Chnmonix des-
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cendraient au-dessous de cette nouvelle limite d'une quantité au moins égalée celle qui existe entre la limite actuelle et leur extrémité iatérieure. Or, actuellement le pied de ces glaciers est à 1150 mètres audessus de l'Océan ; avec un climat plus froid de 4°, il sera de 750 mètres plus bas, c'est-à-dire au niveau de la plaine suisse. Ainsi donc l'abaisse- ■ ment de la ligne des neiges éternelles suffirait pour faire descendre le glacier de l'Arve jusqu'aux environs de Genève.... Le climat, qui a favorisé le développement prodigieux des glaciers, n'a rien dont nous ne puissions nous faire une idée fort exacte ; c'est le climat d'Upsal, de Stockholm, de Christiana, et de la partie septentrionale de l'Amérique dans l'État de New-York.... Diminuer de quatre degrés la température moyenne d'une contrée pour expliquer une des plus grandes révolutions du globe est à coup sûr une des hypothèses les moins hardies que la géologie se soit permises'. ■
En prouvant que les glaciers ont couvert pendant un certain temps une partie de l'Europe, qu'ils se sont étendus depuis le pôle nord jusqu'au nord de l'Italie et au Danube,- nous avons sufâsamment établi la réalité de cette période glaciaire, qu'il faut considérer comme un épisode curieux, autant que certain, de l'histoire de la terre. Une telle masse de glaces ne pouvait couvrir le sol sans que la température de l'air fût abaissée au moins de quelques degrés au-dessous de 0*. Mais la vie organique est incompatible avec une telle température. C'est donc à cette cause qu'il faut attribuer la disparition de quelques espèces animales et végétales, en particulier la mort des Rhinocéros et des Éléphants, qui, avant ce subit et extraordinaire refroidissement du globe, paraissent s'être confinés, par bandes immenses, dans l'Europe septentrionale, dans cette Sibérie où l'on trouve aujourd'hui de si prodigieuses quantités de leurs restes.
Le fait que nous avons raconté de la découverte de cadavres entiers de Rhinocéros et d'Eléphants, encore couverts de leurs poils et garnis de leurs chairs, vient à l'appui de l'hypothèse que nous venons de développer de l'existence d'une période glaciaire. Cuvier a dit, en parlant des cadavres de ces quadrupèdes que la glace a saisis et qui se sont conservés jusqu'à nos jours, avec leur peau, leurs poils et leurs chairs :
( S'ils n'eussent ëté gelés aussitât que tués, la putréfaction les aurait décomposés. Et d'un autre cété, cette gelée éternelle n'occupait pas aupara-