‹ La terre avant le déluge (volume 4)Chapitre 6 sur 55 · Du grec xôirpo;, excrément, et XîGoç, pierre · texte numérisé non relu

Du grec xôirpo;, excrément, et XîGoç, pierre

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Fig. I =p. Empreinles de pas d'animaux fossiles.

Fig. 16. Empreintes de p;

therium, ou Labyrinthodon.

que les pattes de cet animal ressemblaient un peu aux mains de l'homme.

Fig. 17. Empreinte de pus de Tortue fossile.

La figure 17 reproduit l'empreinte laissée sur les grès du comté de Dumfries (Ecosse) par des Tortues fossiles.

Qu'il nous soit permis d'émettre à ce sujet une courte réflexion. C'est en vain que l'historien ou l'antiquaire parcourent aujourd'hui les champs de bataille grecs ou romains, pour y retrouver les traces de ces conquérants dont les armées ravagèrent le monde: le temps, qui a renversé les monuments de leurs victoires, a aussi effacé l'empreinte de leurs pas; et de tant de millions d'hommes dont les envahissements semèrent la désolation sur l'Europe, il ne reste pas même l'empreinte d'un seul pied. Au contraire, les reptiles qui rampaient, il y a des milliers de siècles, à la surface de notre planète encore dans l'enfance, ont imprimé sur le sol le souvenir indélébile de leur passage. Annibal et ses légions, les Barbares et leurs hordes sauvages, ont passé sur la terre sans y laisser subsister une marque matérielle, et la pauvre Tortue qui se traînait sur les rivages silencieux des mers primitives, a légué à la postérité savante l'image et l'empreinte d'une partie de son corps. Ces empreintes, nous les apercevons aussi distinctement sur le roc que les traces que laisse après lui, sous nos yeux, l'animal qui marche sur le sable humide, ou qui traverse la neige récemment tombée. Quelles graves réflexions éveille en nous la seule vue de ces blocs d'argile durcie qui reportent notre pensée aux premiers âges du monde ; et combien les découvertes de nos archéologues, qui s'extasient devant quelque poterie grecque ou étrusque, doivent nous sembler mesquines à côté de ces véritables antiquités de la terre !

Les paléontologistes i tiennent aussi très- soigneusement compte des sortes de moules que les corps organisés ont laissés quelquefois dans les fins sédiments qui sont venus les envelopper après leur mort. Beaucoup d'êtres animés n'ont pas laissé leurs propres débris en nature, mais on trouve leurs empreintes parfaitement conservées sur des grès, sur des calcaires, sur des argiles ou des marnes, sur des houilles; et ces moules suffisent pour faire discerner l'espèce à laquelle appartenaient ces êtres vivants.

Nous étonnerons sans doute nos lecteurs en leur disant que

1. La paléontologie , comme" l'indique son nom, tiré du grec (7ia),ai6ç, ancien, ôrtoç, être, ).6y°?, dissertation ou discours), est la science qui s'occupe de l'étude des êtres animés qui ont anciennement vécu sur notre globe.

l'on possède les empreintes certaines de gouttes de pluie tombées sur le sol de l'ancien monde. Les empreintes de ces gouttes de pluie faites sur les sables s'y sont conservées par la dessiccation, et ces mêmes sables s'étant transformés plus tard

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Fig. 18. Empreintes de gouttes de pluie ossiles trouvées aux États-Unis, d'après Vlconographsfrom the xandstone of Connechcut river, par M. J.Deane, ouvrage publié à Boston en 1861.

en grès solides et cohérents, ces impressions se sont ainsi maintenues jusqu'à nos jours. La ligure 18 représente des empreintes

Fig. 19. Ondulations laissées par les eaux de l'ancien monde.

de ce genre recueillies aux Etats-Unis, et reproduites par la photographie. Il y a plus : les ondulations laissées par le passage des eaux sur les sables des mers du monde primitif se

sont conservées par le même mécanisme physique. La figure 19 représente les traces consolidées d'ondulations de ce genre, qui ont été recueillies en France, aux environs de Boulogne-sur- Mer1.

Hypothèse de l'incandescence des parties centrales du globe. — Le feu central est une hypothèse fort ancienne. Admise par Descartes, développée par Leibnitz et Buffon, elle a été confirmée, depuis les travaux de ces grands hommes, par une foule de faits. Voici les principaux de ces faits.

Quand on descend dans l'intérieur d'une mine, on sent que la température s'élève d'une manière très-appréciable, et qu'elle s'accroît avec la profondeur de la mine.

La température haute de l'eau des puits artésiens, quand ces puits sont très-profonds , témoigne de l'accroissement de la chaleur dans l'intérieur de la terre.

Les eaux thermales qui sourdent du sol, et dont la température va quelquefois jusqu'à 100° et au-dessus, comme pour les geysers de l'Islande, sont une autre preuve à l'appui du même fait.

Les volcans modernes sont une visible démonstration de la réalité du feu central. Les gaz échauffés, la lave liquide et rouge de feu, qui s'échappent de leurs cratères, prouvent bien que les parties profondes du globe sont à une température prodigieusement élevée.

Le dégagement de gaz et de vapeurs brûlantes par les fissures accidentelles du sol, qui accompagnent les tremblements de terre, établit encore l'existence d'un centre incandescent à l'intérieur de notre globe.

Nous avons déjà dit que la température du globe s'élève de 1° environ par chaque 33 mètres de profondeur au-dessous du sol. L'exactitude de cette observation a été vérifiée dans un grand nombre de cas, et jusqu'aux plus grandes profondeurs auxquelles l'homme ait pu faire parvenir des thermomètres, c'est-à-dire dans les puits artésiens. Gomme on connaît exacte-

1. Le même fait s'est présenté d'une manière plus saisissante encore sur des lianes provenant d'une carrière de grès infra-liasique exploitée à Chalindrey (Haute-Marne). Ces bancs conservent, sur une large surface, les traces de l'ondulation des eaux, et bien plus, les empreintes des excréments de vers marins. On se croirait transporté sur une plage de l'Océan au moment du reflux.

ment la longueur du rayon de la sphère terrestre, on a conclu de la progression de cette température, en la supposant régulièrement uniforme, que le centre du globe doit être porté encore aujourd'hui à une température de 195 000°. Aucune matière ne pouvant conserver son état solide à une température si excessive, il en résulte que le centre du globe et les parties voisines de ce centre, doivent être dans un état permanent de liquidité.

Les travaux de Werner, de Ilutton, de Léopold de Buch, de Humboldt, de Cordier, ont constitué à l'état de théorie cette hypothèse, qui forme la base de toute la géologie moderne.

Modifications de la surface du globe par les soulèvements ou les affaissements de sa croûte solide, résultant de l'état de liquidité de ses parties centrales. — Comme une conséquence de l'hypothèse du feu central, on admet que notre planète a été agitée par une série de commotions locales, c'est-à-dire par des ruptures de sa croûte solide, survenues à des intervalles plus ou moins éloignés.

Ces bouleversements partiels de sa surface avaient pour cause, comme nous allons l'expliquer, le refroidissement du globe.

La terre se refroidissant, la solidification de ses parties intérieures, primitivement liquides, faisait des progrès; une partie de la masse liquide intérieure se concrétait peu à peu. Mais presque tous les corps qui passent de l'état liquide à l'état solide, diminuent de volume. Dans les métaux fondus et qui reviennent, par le refroidissement, à l'état solide, cette diminution va jusqu'au dixième de leur volume. Donc, par l'effet de la solidification des parties internes, l'enveloppe extérieure de la terre restait trop grande; elle ne pouvait plus s'appliquer exactement sur la sphère intérieure, qui s'était rétractée en se solidifiant. Il se formait alors, dans l'enveloppe solide du globe, des rides, des plis, des affaissements, qui engendraient de grandes inégalités dans le relief du sol, c'est-à-dire qui produisaient ce que nous nommons aujourd'hui des chaînes de montagnes.

D'autres fois, la croûte solide du globe, au lieu de se rider et de se plisser, se rompait sur une étendue plus ou moins grande. Il se produisait des fissures énormes, d'immenses ruptures de

cette enveloppe extérieure. Les substances liquides contenues à l'intérieur du globe, pressées ou non par les gaz qu'elles l'enfermaient, s'échappaient bientôt par ces ouvertures béantes. Parvenue à l'extérieur, la matière de ces éruptions, en se refroidissant et se consolidant, formait des montagnes de hauteurs variables.

11 arrivait quelquefois, et toujours par la même cause, c'està-dire par suite du retrait intérieur occasionné par le refroidissement du globe, que des fissures plus étroites se produisaient dans l'enveloppe terrestre; des matières liquides incandescentes s'élevaient ensuite à l'intérieur de ces tissures, les remplissaient, et formaient au milieu des terrains ces longues et étroites traînées désignées aujourd'hui sous le nom de filons.

Il arrivait enfin qu'au lieu de matières fondues, telles que les granits ou les composés métallifères, il s'échappait à travers les fractures ou les crevasses du globe de véritables fleuves d'eaux bouillantes, chargées, en abondance, de divers sels minéraux, c'est-à-dire de silicates, de composés calcaires et magnésiens. Ces masses de sels minéraux, se réunissant d'abord à celles que renfermaient déjà les mers, et se séparant plus tard de ces mêmes eaux, se déposaient et composaient ainsi des terrains fort étendus, c'est-à-dire les terrains de sédiment.

Ces rides, ces plis et ces fractures de la croûte terrestre, qui ont changé l'aspect de sa surface et momentanément déplacé le bassin des mers, étaient suivies de périodes de calme. Pendant ces périodes, les débris arrachés par le mouvement des eaux à certains points du continent, étaient transportés en d'autres points du globe par le courant de ces eaux. En se déposant plus tard, ces matériaux hétérogènes accumulés finissaient par former de nouveaux terrains , c'est-à-dire des terrains de transport.

Telle est, en résumé, l'origine des montagnes, celle des roches éruptives, ainsi que des liions métallifères, celle des terrains de sédiment et des terrains de transport.

Ces quatre phénomènes : ridement et soulèvement de l'écorce terrestre, — émission de matières ignées, — émergence d'eaux thermales chargées de sels minéraux , — décomposition des

roches superficielles par les eaux des mers et par les eaux pluviales,— production de dépôts sédimentaires, — ont constamment marché de front pendant toutes les périodes géologiques qui se sont succédé jusqu'à nos jours. C'est à cette série de phénomènes complexes que l'écorce terrestre doit sa structure interne et externe, si variable et si compliquée.

On peut, d'après les considérations qui précèdent, diviser les matières minérales qui composent notre globe, en trois groupes généraux, comprenant :

1° Les terrains cristallisés, partie de la croûte terrestre primitivement liquide par suite de la chaleur du globe et solidifiée à l'époque de son refroidissement ;

2° Les terrains sédimentaires , provenant des matières minérales diverses déposées par les eaux de la mer, telles que la silice, les carbonates de chaux et de magnésie.

3° Les 'terrains éruptifs, cristallins comme les premiers et formés à toutes les époques géologiques, par l'éruption ou l'injection à travers tous les terrains, de la matière liquide qui occupe les parties intérieures de notre globe.

Les masses minérales qui constituent les terrains sédimentaires, forment des couches affectant entre elles un ordre constant de superposition , lequel indique leur âge relatif. La structure minéralogique de ces couches et les restes de corps organisés qu'elles renferment, leur impriment des caractères qui permettent de distinguer chacune de ces couches de celle qui la précède ou qui la suit.

Il ne faudrait pas croire, cependant, que l'ensemble de toutes ces couches se rencontre, régulièrement superposé, sur tous les points de l'enveloppe de notre globe ; la géologie serait alors une science très-simple, et pour ainsi dire toute du ressort des yeux. Par suite des fréquentes éruptions des granits, des porphyres, des serpentines, des trachytes, des basaltes et des laves, ces couches sont souvent interrompues, brisées et remplacées par d'autres. En certains points, toute une série de sédimentations et souvent plusieurs ont été déplacées par cette cause. La série régulière des terrains ne se retrouve donc presque jamais dans son ordre complet. Ce n'est qu'en combinant les observations recueillies par les géologues de tous les pays,

qu'on esl parvenu à superposer, suivant leur ancienneté relative, les diverses couches composant l'écorce solide de la terre, et dont voici le tableau, en allant de l'intérieur à la superficie :

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