PRÉFACE
Je vais soutenir une thèse étrange.
Je vais prétendre que le premier livre à mettre entre les mains de l'cnrance doit se rapporter à Thistoire naturelle; et qu'au lieu d'appeler Tattention admirative des jeunes esprits sur les fables de la Fontaine, les aventures du Chat botté, rhistoire de Peau d'âne, ou les amours de Vénos, il faut la diriger sur les spectacles naïfs et simples de la nature : la structure d'un arbre, la composition d'une fleur, les organes des animaux, la perfection des formes cristallines d'un minéral, l'arrangement Intérieur des couches composant la terre que nous foulons sous nos pieds.
Bien des lecteurs vont se récrier à une proposition pareille. N'est-il pas évident, en eifct, que les contes de fées, les fables, les légendes, la mythologie, ont toujours été le premier aliment intellectuel ofl'ert à l'enfance, le moyen naturel de l'amuser et de la distraire?
Et, eyoutera-t-on, la société ne s'en porte pas plus mail
C'est ici que je vous arrête.
Je pense, tout au contraire, que le mal de notre société peut, en partie, être attribué à cette cause. C'est parce qu'on Ta nourrie du dangereux aliment du mensonge que la généra-