‹ La terre avant le déluge (volume 5)Chapitre 2 sur 42 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

tion actuelle renferme tant d'esprits faux, faibles et irrésolus, prompts à la crédulité, enclins au mysticisme, prosélytes acquis d'avance à toute conception chimérique, à tout extravagant système.

Notre esprit arrive sur la terre et sort des mains de Dieu, vigoureux et sain. Mais on s'empresse de l'abâtardir et de le dénaturer, en le traînant, dès ses premiers pas, dans les sentiers de la folie, de l'impossible et de l'absurde. On écrase, pour ainsi dire, le bon sens dans son œuf, en concentrant les idées de l'enfance sur des conceptions mensongères et contraires à la raison; en la faisant vivre dans ce monde fantastique où s'agitent pêle-mêle les dieux, demi-dieux et quarts de dieux, ou héros du paganisme, mêlés aux fées, lutins, sylphes, follets, esprits bons et mauvais, enchanteurs, magiciens, diables, diablotins et démons barbus, Sims paraître se douter des dangers que présente, pour une raison naissante, la continuelle évocation de tant d'idées subversives du sens commun. A une époque où Tintelligence est comme une cire molle, qui prend et conserve les plus faibles impressions, lorsque, vierge encore de toute connaissance, elle est impatiente et avide d'en acquérir, on la fausse, on la brise comme à plaisir, et l'on s'étonne que cette intelligence, que cette cire molle et docile conserve plus tard la marque indélébile de l'absurde.

Supposez qu'il se trouvât un peuple assez sage pour ne chercher que dans la contemplation raisonnée de la nature le moyen de distraire et d'intéresser l'enfance. Une génération qui aurait été ainsi dirigée de bonne heure vers l'examen et l'étude de la création, qui aurait formé son jugement sur la vérité nue, sa raison sur la logique infaillible de la nature, qui aurait appris à comprendre et à bénir le Créateur dans son œuvre, n'assurerait-elle point à TËtat des citoyens honnêtes, d'unesprit droit,

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