‹ La terre avant le délugeChapitre 24 sur 75 · SE · texte numérisé non relu

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dans les mers liasiques. Citons parmi les premières huîtres

Fig. 101. Palæocoma Fustembergii. (G. N.)

du monde ancien, et comme caractéristique de cette période,

l'Ostrea arcuata (fig. 103).

Les Amvmoniles, curieux genre de mollusques, tout à fail spécial à l’époque secondaire et complétement disparu de nos

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Les Ammonites' étaient des mollusques céphalopodes à co-

1. Le nom d’ammonite est tiré de la ressemblance de ces coquilles avec les

PÉRIODE JURASSIQUE. ral

quille circulaire enroulée en spirale dans un même plan, et divisée en une série de cavités. Le corps de l’animal n’occupait que la plus extérieure des cavités de la coquille : les autres élaient vides.

Un tube traversait toutes ces cavités, en partant de la première. Ce tube avait pour objet de rendre l’animal plus léger ou plus lourd. L’Ammonite pouvait, à volonté, introduire de l’eau dans ce conduit, ou l’en expulser, ce qui lui donnait le moyen de s'élever au-dessus de l’eau, ou de descendre dans ses profondeurs. Le Nautile de nos jours est pourvu de la même et curieuse organisation : c'est l’animal qui rappelle le mieux l’Ammonite des temps géologiques.

Les coquilles étant les seuls débris qui nous restent des Ammonites, on n’a pas toujours une idée exacte de l'animal qui

Ostrea arcuata. (1/2 G. N.

Fig. 104. Ammonite restaurée.

vivait dans la première cavité de cette coquille. Il sera donc utile de mettre ici sous les yeux du lecteur l’image restaurée de ce mollusque. La figure 104 représente l'Ammonite vivante.

espèces de cornes à bélier qui ornaient le frontispice des temples de Jupiter Armmon, et les bas-reliefs des statues de ce dieu du paganisme.

172 ÉEPOQUE SECONDAIRE.

On voit que ce curieux animal ressemblait, comme nous le disions plus haut, au Nautile de nos jours. Semblable à une petite nacelle, l’'Ammonite flottait à la surface des eaux : c'était, comme le Nautile actuel, un esquif animé. Quel curieux aspect devaient présenter les mers primitives, couvertes d’une masse innombrable de ces mollusques de toute grandeur, qui voguaient avec prestesse à la poursuite de leur proie, sur la surface des flots !

Les Ammonites présentent dans la période jurassique une variété infinie de dimensions et de formes, parmi lesquelles beaucoup sont d’une extrême élégance. Nous représentons ici quelques-unes des Ammonites caractéristiques du lias : PAin-

Fig. 105. Fig. 106.

Ammonites Nodotianus. (1/2 G. N.)

: Fig. 107. Fig. 108.

Ammonites bisulcatus. (1/5 G. N.) Ammonites margaritatus. (1/2 G. N.)

mortes bifrons (fig. 105), l’Ammonites Nodotianus (fig. 106), l’Ammonites bisulcatus, appelée aussi Ammonites Bucklandi (fig. 107), et l’Ammonites margarilatus (fig. 108).

Les Bélemnites, mollusques céphalopodes d’une organisation très-curieuse, apparaissent en grand nombre, et pour la première fois, dans la période jurassique. On ne possède de ce mollusque qu’un osselet analogue à celui des Seiches et des Calmars, et que l’on pourrait, au premier abord, prendre pour une baguette pétrifiée. Ce simple et muet débris est bien loin de nous donner l’idée exacte de ce qu'était l'animal des temps primitifs qui a reçu le nom de Bélemnite. Ce petit os allongé, le seul vestige qui nous reste, n’était que la partie terminale, enveloppée de chair, du corps de la Bélemnite. Différant en cela de l'Ammonite, qui flottait à la surface de la mer, la Bélemnite nageait au fond des eaux.

On voit sur la figure 109 la Bélemnite vivante, en d’autres

Fig. 109. Bélemnite restaurée.

termes, et selon le langage des paléontologistes, restaurée, d’après les travaux de Buckland, d’Alcide d’Orbigny et du célèbre naturaliste anlgais Owen. On a marqué d’une teinte un peu plus noire la partie terminale de l'animal pour indiquer la place de l’os qui seul représente aujourd’hui pour nous cet être fossile.

On se formera une idée assez exacte de ce mollusque en se représentant notre Seiche actuelle. La Bélemnite, comme la Seiche, sécrétail une matière noire, liquide, une sorte d'encre ou de sépia. On a retrouvé à l’état fossile la poche contenant l'encre desséchée de la Bélemnite, et un géologue a pu se don-

ner la joie d'exécuter un dessin avec cette sépia, âgée de millions d'années !

174 ÉEPOQUE SECONDAIRE.

De tout temps les Bélemnites ont attiré l'attention des naturalistes, et donné lieu aux plus étranges assertions. Les savants du moyen âge y voyaient la pierre d'1 lynæ dont parlent Théophraste et Pline, et qu'ils attribuaient à la solidification de l'urine de cet animal. On les regarda plus tard et successivement comme des morceaux de succin pétrifié, — comme des dattes fossilisées, — comme des pierres de foudre, — comme des pointes d’oursin. C’est le naturaliste et physicien Deluc qui le premier reconnut que les Bélemnites n'étaient autre chose que l’osselet intérieur d’un animal anologue à la sei-

che.

Nous emprunterons au naturaliste qui a attaché son nom à

l'étude approfondie des Céphalopodes vivants et fossiles, à Alcide d'Orbigny, quelques détails sur les débris fossiles de ces êtres curieux.

« L’osselet corné interne des Céphalopodes, dit d’Orbigny, est placé au milieu des parties charnues du corps, pour leur donner plus de solidité, pour les soutenir ; et ses fonctions sont alors seulement celles des os chez les animaux vertébrés. Lorsque l’osselet contient des parties crétacées remplies d'air, comme celui de la seiche, ou des loges comme la coquille de la spirale, il est de plus appelé à remplir d’autres fonctions tout à fait distinctes, celles de soutenir l'animal, de le rendre plus léger au sein des eaux, de lui faciliter la natation, et de remplacer simplement la vessie natatoire des poissons. »

« Chez les Bélemnites. les deux fonctions sont certainement réunies. L’osselet corné soutient le corps en avant, tandis que, pour que le poids énorme du rostre crétacé ne détruise pas l'équilibre de l’ensemble, il devenait indispensable qu'il fût soutenu par quelque appareil; et telles sont sans doute les fonctions qu'avait à exercer dans l’alvéole l’empilement des loges constamment remplies d'air... Si l’on cherche à reconnaître par analogie les fonctions spéciales du rostre, on pourra facilement les déduire de sa position par rapport à la natation rétrogade des Céphalopodes. Tous ces animaux avançant par l'extrémité opposée à la tête, el par conséquent n’appréciant pas toujours les obstacles qui pouvaient les arrêter dans un élan donné, avaient besoin d'une partie plus ferme qui pût résister au choc, comme le fait par exemple l’extrémité de la Sepia Orbigniana. On pourrait croire que les Bélemnites étaient des animaux côtiers voyageant par grandes troupes sur les rives des anciens Océans, ce qu'indiqueraient les bancs qu’on en rencontre dans presque ous les lieux où elles se trouvent... »

Une circonstance bien remarquable confirme, de la manière la plus nette, les rapports des Bélemnites avec les Céphalopodes. Buckland avant rencontré dans le lias de Lyme-Regis des

réservoirs d'encre fossile, qui se trouvaient mêlés à des Bélemnites, fut conduit à considérer ces restes comme provenant de ces mêmes Bélemnites. La démonstration positive du fait fut donnée par Agassiz, qui en 1834 vit, dans la collection de Philpotts, des échantillons de Bélemnites dans le fourreau desquelles se trouvait encore une poche au noù qui était restée dans sa position primitive.

Les Bélemnites ont paru sur la terre avec les couches du lias. Les espèces de cet étage avaient quelques caractères particuliers, qu'on ne retrouve pas dans les Bélemnites de l’oolithe et dans les couches plus supérieures des terrains jurassiques. La même chose s’observe dans les diverses zones du terrain crétacé. Ces curieux Céphalopodes s’éteignent vers les régions supérieures du même terrain.

Parmi les Bélemnites caractéristiques de la période du lias,

Fig. 110. Fig, 111. Fig. 112.

Belemnites pistiliformis. Belemnites sulcatus. Plagiostoma giganteum. (G- N.) (G. N.) (1/8 G. N.)

nous citerons les Belemmnites acutus, pistiliformis (fig. 110) et sulcatus (fig. 111).

Citons encore, parmi les mollusques, le Plagiostoma giganteum (fig. 112), mollusque acéphale dont la coquille es! de srande dimension.

Les mers liasiques contenaient un grand nombre de pois-

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Fig. 113. Tetrasonolepis (restauré). (1,4 G. N.)

avec les écailles qui recouvraient son

nolenis, ou Œchmo lus Buchii.

sons dits ganoïdes, c'est-à-dire à écailles dures et brillantes.

Le Lepidotus gigas est un poisson de grande taille propre aux mers de cette époque. Un poisson plus petit, que nous représentons dans la figure 113,

corps, était le Tetrago-

Fig. 114. Squatera speciosa. — Astercdermus platypterus. (1/5 G N.)

Les raies ont apparu pour la première fois à l’époque ju-

rassique. Nous représentons ici (fig. 114) une pièce remarquable décrite par Mayer dans un ouvrage allemand de paléontologie (Paleographica). On a trouvé sur une pierre l’empreinte que nous reproduisons de deux raies entières, avec tous leurs organes. L'auteur a décrit ces deux poissons sous les noms de Squatera speciosa et de Asterodermus platypterus.

L'Acrodus nobilis, dont on retrouve aujourd’hui les dents, vulgairement appelées en Angleterre sangsues fossiles (fig. 115), est un poisson dont on ne connait pas le squelette entier.

On ne connaît pas non plus exactement l’Hybodus reticulutus. Les épines osseuses qui forment la partie antérieure de la nageoire dorsale de ce poisson, et que nous représentons dans la figure 116, ont longtemps piqué la curiosité des géo-

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