‹ La terre avant le délugeChapitre 25 sur 75 · NS S , / #1 {( NN LOU) (LA KR · texte numérisé non relu

NS S , / #1 {( NN LOU) (LA KR

DO EAE UT ERNEE ? Fig. 116. Portion de nageoire Dent de l’Acroaus nobilis.(G. N.) de l’Hybodus, ou Ichthyodorulile. (1/3 G. N.)

logues, qui avaient donné à ces débris le nom général d’fchthyodorulites, avant qu'il fût bien établi que ce n’était là qu’un fragment de la nageoire de l’Hybodus.

Toutefois, hälons-nous de le dire, ce ne sont pas les êtres que nous venons de passer en revue qui fournissent les traits les plus saillants de la génération d'animaux qui ont habité la terre pendant la période liasique. Il faut chercher ces traits dans d'énormes reptiles dont nous considérons aujourd’hui les formes étranges et les restes gigantesques avec une curiosité mêlée, en quelque sorte, de stupeur.

À aucune époque de l’histoire de la terre, les reptiles n’ont ‘enu une aussi grande place et n’ont joué un rôle aussi important que dans la période jurassique. La nature semble avoir voulu alors porter cette classe d'animaux à son plus haut degré de perfection. Les grands reptiles du lias sont des animaux aussi compliqués dans leur structure que les mam-

mifères qui apparaîtront plus tard. Ces étranges et gigantesques sauriens ont disparu pendant les périodes géologiques suivantes ; aussi nos reptiles, nos sauriens actuels, ne sontils, pour ainsi dire, que l’ombre, la descendance abâtardie de ces puissantes races de l’ancien monde. |

Pour n’avancer que des faits bien établis, nous ne considérerons avec quelques détails que les reptiles fossiles les mieux connus, et qui ont été l’objet d’études répétées de la part des naturalistes : nous voulons parler des /chthyosaures, des Plésiosaures et des Plérodactyles.

Les créatures extraordinaires qui portent le nom d’/chthyosœures! présentent des dispositions et des arrangements organiques qui se rencontrent disséminés dans certains ordres ou dans certaines classes de nos animaux actuels, mais qui ne se voient jamais réunis dans aucun. En effet, les Ichthyosaures possèdent à peu près le museau d’un Marsouin actuel, la tête d’un Lézard, les dents d'un Crocodile, les vertèbres d'un poisson, le sternum de l’Ornithorhynque et les nageoires de la Baleine.

M. Bayle paraît avoir donné l’idée la plus complète de l’Zchthyosaure, en disant que c'était la Baleine des sauriens, ou le Cétacé des mers primitives. L'Ichthyosaure était, en effet, un animal exclusivement marin, qui, sur le rivage, serait resté immobile comme une masse inerle: ses nageoires, semblables à ceiles de la Baleine, le prouvent suffisamment. Comme la Baleine, l’Ichthyosaure respirait l'air atmosphérique, ce qui le forçait à s'élever à la surface de l’eau. On peut même croire, avec M. Bayle, qu'il était pourvu, comme la Baleine, d'évents par lesquels il rejetait en l’air des colonnes d’eau avalée.

Les dimensions de l’Ichthyosaure variaient selon l'espèce. La plus grande espèce n'avait pas moins de 10 mètres de long ?.

C'est surtout d'après la structure de sa tête que l’on a vu dans l’Ichthyosaure une sorte de Lézard marin. La figure 117

1. °1y0%c ét oxÿcos (poisson-léxard), pour rappeler que cet animal a les yertèbres d’un poisson et la têle d’un saurien, ou Lézard.

2. Les principales espèces sont les Zchthyosaurus communis, platyodon, intermedius, tenuirostris, Curierii.

représente la tête de l’Ichthyosaurus platyodon. Comme chez les sauriens, ses narines sont très-rapprochées de l'œil; mais, d’un autre côté, la forme et l’arrangement des dents le rapprochent du Crocodile. Ces dents sont, en effet, coniques, mais non enchässées dans des alvéoles profonds et séparés; elles sont seulement rangées dans une rigole longue et continue, creusée dans les os des mâchoires. Ces mâchoires avaient une ouverture énorme; car chez certains individus on les a trouvées armées de cent quatre-vingts dents. Ajoutons que de nouvelles dents pouvaient plusieurs fois remplacer celles que la voracité de l'animal lui avait fait perdre, car au-dessous de chaque dent se trouve toujours le germe osseux d’une dent nouvelle.

Les yeux de ce colosse marin étaient beaucoup plus volu-

Fig. 117. Tête de l'Ichthyosaurus platyodon. (1/10 G. N.)

mineux que ceux d'aucun animal vivant de nos jours : leur volume excédait souvent celui de ia tête d’un homme. Leur structure toute spéciale constitue une des particularités les plus remarquables de l’organisation de l'Ichthyosaure. Comme on le voit sur la figure 117, il existe au-devant de l’orbite de l'œil une série circulaire de minces plaques osseuses qui entouraient l’ouverture de la pupille. Ce système d'appareil, qui se rencontre dans les yeux de plusieurs oiseaux, dans ceux des Tortues et des Lézards, sert à repousser en avant la cornée transparente, ou à la ramener en arrière, de facon à diminuer ou à augmenter sa courbure, et à permettre ainsi la perception successive des objets à de petites et à de grandes distances, c'est-à-dire à faire alternativement, et selon les besoins de l’animal, office de microscope ou de télescope. Les

yeux de l’Ichthyosaure étaient donc des appareils d'optique d’une prodigieuse puissance et d’une perfection singulière. Ils donnaient à l’animal le moyen de voir sa proie de près et de loin, comme aussi de la poursuivre au sein des ténèbres et des profondeurs des mers. Le curieux appareil de lames osseuses que nous venons de signaler dans l'orbite de l’Ichthyosaure fournissait, en outre, à son vaste globe oculaire la force nécessaire pour supporter la pression considérable des hauts-fonds de la mer, et pour résister à l’assaut des vagues, lorsque l'animal, pour respirer, élevait sa tête au-dessus des flots.

Chez l’Ichthyosaure, un cou gros et court supportait, à partir des yeux, un crâne volumineux, et se continuait en une colonne vertébrale composée de plus de cent vertèbres. L’animal étant créé, comme la Baleine de nos jours, pour une locomotion rapide à travers les eaux, ses vertèbres n’avaient point la solide invariabilité des vertèbres du Lézard et du Crocodile, mais bien la structure et la légèreté de celles des poissons : la section de ses vertèbres présentait deux cônes creux, réunis seulement par leur sommet au centre des vertèbres, ce qui permettait des mouvements très-multiphiés de flexion.

Les côtes s’étendaient dans toute la longueur de la colonne vertébrale, depuis la tête jusqu'au bassin.

Les os du sternum, ou de celte partie de la poitrine qui supportait les nageoires, offraient les mêmes combinaisons que ceux de ce même sternum dans l’'Ornithorhynque! de la Nouvelle-Hollande, cet autre phénomène de la nature vivante qui plonge au fond des eaux pour chercher sa nourriture et revient à leur surface respirer l'air atmosphérique, et pour lequel le Créateur semble avoir répété de nos jours les dispcsitions organiques qu’il avait créées une première fois pour l'Ichthyosaure.

Afin que l’animal pût se mouvoir avec rapidité au sein des eaux, ses membres antérieurs et postérieurs étaient trans-

1. L'Ornithorhynque offre le singulier amalgame d’un mammifère quadrupèce à fourrure, dont la bouche est armée d’un bec comme celui du Canard, et dont les quatre pieds sont palmés.

formés en nageoires, ou rames. Les rames antérieures étaient

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