‹ La terre avant le délugeChapitre 66 sur 75 · ES · texte numérisé non relu

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Fig. 352. Groupe des monts Dores, en Auvergne (pic de Sancy).

ÉRUPTIONS VOLCANIQUES. Nr9)

Le Puy-de-Dôme nous présente un bel et frappant exemple d’une roche trachytique éruptive.

La chaîne du Velay forme une zone composée de pics et de plateaux indépendants qui forment sur l'horizon un long rideau bizarrement découpé. La nudité des montagnes, leurs formes aiguës et arrondies, quelquefois terminées par des plateaux escarpés, donnent à la contrée une physionomie pittoresque et caractéristique. Le pic de Mésenc, qui s'élève à 1774 mètres, est le point culminant de cette chaîne. Les phonol.thes qui ia constituent ont dù faire éruption en un grand nombre de points, suivant une fissure dirigée du nord-nordouest au sud-sud-est.

Sur les bords du Rhin et dans la Hongrie, la formation trachytique offre des caractères identiques à ceux que nous venons d'indiquer pour la France. En Amérique, elle est principalement représentée par d'immenses cônes superposés à la chaîne des Andes. Le colosse du Chimborazo est un de ces cônes trachytiques.

Formation basaltique. — Les éruptions basaltiques ont apparu pendant les périodes secondaire et tertiaire. Le basalte, lave essentiellement pyroxénique, noire et compacte, est la roche dominante de cette formation. Il existe des basaltes en courants bien déterminés, qui se rattachent à des cratères encore apparents aujourd’hui; leur origine ignée ne saurait donc être mise en doute. Un des exemples les plus frappants de cratère basaltique nous est fourni par la montagne ou le

Fig. 353.

cratère de la Coupe, dans le Vivarais. Sur les flancs de cette montagne on apercoit les traces qu’a laissées le courant de basaltes liquéfiés ; au pied de la montagne existe le basalte prismatique. La planche 356 (page 493) donne l’idée exacte de cette curieuse coulée basaltique.

Le basalte éruptif a quelquefois formé des plateaux. La fi-

œure 353 montre théoriquement, et sans qu’il soit nécessaire de rien ajouter, le mode de formalion de ces plateaux. Beaucoup de ces nappes basaltiques constituent des plateaux très-étendus et d’une épaisseur considérable. D’autres forment des lambeaux d’un même tout, plus ou moins disloqués ; d’autres enfin se présentent en buttes isolées et très-éloignées de formations congénères (fig. 354). Enfin on trouve des ba-

in De SA

Fig. 354. Fig. 355.

Easaite en buttes isolées. Filons basaltiques de Villeneuve-de-Berg.

saltes en filons plus ou moins puissants. Le centre de la France et ies bords du Rhin nous en offrent beaucoup d'exemples. Ces filons donnent quelquefois la preuve bien évidente que la matière ne s'est pas introduite par en haut, et qu'elle ne peut être que le résultat d’une déjection de l’intérieur de la terre à l’extérieur. [ls se terminent, en effet, par le haut en masses effilées, quelquefois bifurquées, qui se perdent dans la roche qu'ils traversent. Tel est le cas des filons basaltiques de Villeneuve-de-Berg (fig. 355).

Un des caractères les plus frappants des basaltes, c’est leur structure souvent prismatique. Comme cette lave est homogène et à grains très-fins, les lois qui déterminent la direction des fissures de retrait dans les corps qui passent de l’état liquide à l'état solide par le refroidissement, deviennent ici très manifestes. Aussi les terrains basaltiques ont-ils été de tout temps remarqués à cause de la forme et de l'agencement pittoresque de leurs laves. Ces laves basaltiques représentent souvent des colonnades de prismes réguliers, ayant généralement cinq ou six pans, et dont la disposition paraît perpendiculaire aux surfaces de refroidissement (fig. 357). D’autres fois, toutes les colonnes, brisées au même niveau, présentent

des sortes de pavés composés de pièces à pans régulièrement

Fig. 356. Montagne et cratère basaltique de la Coupe, dans le Vivarais.

accolés, qui s'étendent sur un espace plus ou moins considérable, et qui sont placés en amphithéâtre les uns au-dessus

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