‹ La terre avant le délugeChapitre 69 sur 75 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

un degré affaibli. L’épaisseur de l'écorce solide du globe n’est qu’une insignifiante fraction de sa masse solide intérieure. La cause principale des grandes dislocations du sol est donc, pour ainsi dire, à nos portes; elle nous menace sans cesse : les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, encore fréquents aujourd’hui, nous en donnent de sinistres et incontestables preuves. D’un autre côté, nos mers forment des atterrissements continus. Le fond de la mer Baltique, par exemple, s'élève graduellement, par suite de dépôts qui combleront en entier son lit, dans un intervalle de temps qu'il ne serait pas impossible de calculer.

Il est donc probable que le relief actuel du sol et les limites respectives des continents et des eaux n’ont rien de définitif, et qu'ils sont, au contraire, destinés à se modifier dans l’avenir.

Un problème plus ardu que le précédent, et pour lequel l'induction scientifique et l’analogie sont des guides moins sûrs, est celui de la perpétuité de notre espèce. L'homme estil condamné à disparaître un jour de la surface de la terre, comme les races animales qui ont précédé et préparé sa venue? Une nouvelle période glaciaire, analogue à celle qui a sévi pendant l’époque quaternaire, viendrait-elle mettre un terme à son existence ? Comme les Trilobites de la période silurienne, comme les grands reptiles du lias, comme les Mastodontes de l’époque tertiaire et les Mégathériums de l’époque quaternaire, l’espèce humaine doit-elle un jour s’anéantir, et disparaitre du globe, par une simple extinction naturelle? Ou bien, faut-il admettre que l'homme, doué de l’attribut de la æaison, marqué, pour ainsi dire, du sceau divin, soit le dernier et le suprême terme de la création?

La science ne saurait prononcer entre ces deux questions qui surpassent la compétence et sortent du cercle du raisonmement humain. Il n’est pas impossible que l’homme ne soit qu'un degré dans l'échelle ascendante et progressive des êtres animés. La puissance divine qui a jeté sur la terre la vie, le sentiment et la pensée; qui a donné à la plante l’organisation et le sentiment ; à l’animal, le mouvement, le sentiment et l'intelligence ; à l'homme, en outre de ces dons multiples, la aculté de la raison, doublée elle-même de l'idéal, se réserve

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