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CHAPITRE XVII

Bain matinal. — Les truites du lac. — Antiquités indiennes.

— L'ours grizzly. — Le couguar. — Le loup. — Le renard.

— L'élan. — Le renne. — Le cerf. — L'antilope. — Remèdes contre l'extermination du gibier.

Le londemain matin, nous nous plongions dans le lac, qui étincelait au soleil levant comme une mer de rubis en fusion. Les pélicans marchaient prudemment au milieu des roseaux, tendant des pièges aux innombrables truites qui peuplent ces eaux froides.

Il n'est sans doute aucun endroit au monde où les truites se multiplient comme dans le lac Yellowstone; bi'ur nombre est prodigieux, et, comme elles happent avec une extrême voracité les sauterelles qu'on leur présente comme appât, un pécheur pourrait en prendre, en une heure, de quoi mettre sur les dents une douzaine do cuisiniers;

les mctlra-t-il ensuite sous la dent, c'est une autre question : il est vrai qu'elles sont aussi grosses qu'appétissantes et qu'elles passent pour être un manger exquis ; mais nous eûmes garde d'en goûter quand nous sûmes que la plupart sont infestées de longs vers blancs, de la taille d'une aiguille à tricoter, qui se logent non seulement dans les intestins, mais aussi dans la chair. Ce ver [Dibothrium cordiceps), mentionné déjà par Havden, a été décrit par le professeur Leidy, qui le regarde comme absolument différent des parasites qu'on trouve dans le saumon d'Europe ; il ne s'observe que chez les poissons qu'on pêche dans le lac et dans la partie de la rivière Yellowstone qui s'étend du lac aux cataractes. Au delà des cataractes, les truites sont parfaitement saines. Il parait donc certain que la présence du parasite est due aux eaux du lac.

Il y a là un problème dont la solution est laissée aux ichtyologistes. Le fait est étrange, et on n'a pu en donner encore aucune explication satisfaisante. Le poisson affecté de cette maladie n'en meurt pas ; au bout d'un certain temps il se débarrasse du parasite, ce qu'on reconnaît aux cicatrices qu'il porte au côté, généralement près des nageoires pectorales.

HISTOIRES DE PÊCHE ET DE CHASSE :29l

La truite tachetée est la seule espèce de poisson que nourrissent les eaux du lac. Mais que de variétés d'oiseaux! C'est à rendre fou un ornithologiste. Pendant longtemps les canards, les cygnes, les oies et autres représentants de la gent aquatique ont vécu en paix dans leurs domaines ignorés; mais le chasseur a déniché leur retraite, et l'âge d'or est fini pour les hôtes de ces rivages.

Et cependant qui sait depuis combien de siècles ces pauvres oiseaux ont connu les flèches avant de connaître le plomb ! Ce beau lac aux bords giboyeux dut être fréquenté de temps immémorial par les indigènes. Quand les premiers explorateurs en visitèrent les îles, ils y trouvèrent, au milieu des jungles servant de retraite aux ours, des vestiges attestant que l'homme rouge chassait autrefois dans ces parages solitaires : ils ramassèrent des piques, des tètes de flèche en obsidienne, et d'autres ustensiles qui avaient appartenu à une race aborigène actuellement éteinte.

Aujourd'hui les armes à feu ont éveillé les échos de ce pays si longtemps oublié des hommes. C'est dans les solitudes voisines du lac Yellovvstone qu'on peut encore cliasser les grands car-

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nassiers ol les gros ruminants; c'ost dans les forêts et les jungles qu'on peut se donner les émotions d'une chasse à l'ours. Si vous n'êtes que débutant dans ce genre de sport, contentezvous de l'ours noir ou de l'ours hT\in{Ursifs amencanus)\ si vous avez l'ambition des hautes prouesses, osez vous mesurer avec l'ours gris, le terrible grizzly (IJrsus hornbilis), le plus grand et le plus féroce de l'espèce. Vous n'aurez guère de peine à le trouver, car il est très commun dans l'enceinte du Parc National, et j'ai parfois, en chevauchant, aperçu sa piste fraîche. En cas de rencontre, je lui eusse cédé le chemin avec autant d'empressement que pour un grand seigneur. Il attaque d'ailleurs rarement l'homme ; mais, lorsqu'il se sent blessé et poursuivi, il devient redoutable et fond sur son agresseur avec une terrible impétuosité. C'est alors lui qui devient le chasseur, et malheur au chassé qui ne dispose point d'un bon winchester! Les premiers explorateurs, Clarke et Lewis, eurent avec le grizzly plus d'une rencontre où ils faillirent perdre la vie. Il est pourtant parfois assez bon enfant, surtout dans les grandes chaleurs. M. Stanley rapporte qu'un grizzly fut un jour tué honteusement à coups de pierres. Le fait se passa

dans la vallée de Madisoii. Il faisait une chaleur étouffante, et Tours, dans une de ses promenades, s'était égaré dans la prairie : il fut aperçu par un habitant de la vallée, qui donna l'alarme et rassembla une passe; dans leur hâte, les assaillants avaient oublié leurs fusils, et le pauvre ours fut ignominieusement pris au lasso, puis lapidé, en punition des nombreux méfaits qu'il avait commis parmi les troupeaux du pays.

Le grizzly n'est pas toujours une proie aussi facile. Le colonel Norris raconte qu'un jeune cheval était resté un peu boiteux pour s'être échaudé dans les « trous à feu ». On l'abandonna près de Obsidian Canon; un grizzly le tua, en dévora la carcasse, et séjourna quelque temps dans le voisinage, vivant de gibier. Quelques semaines après, tout en suivant son ours à la piste, le colonel tua deux grands élans, qu'il trouva à quelques mètres l'un de l'autre, et, comme il faisait presque nuit, il leur ôta les entrailles et campa tout seul auprès d'eux, comptant que maître Bruin viendrait leur rendre visite avant le jour. En etTet, le grizzly arriva bientôt et se mit à rapprocher les deux élans de manière à ne laisser entre eux que l'espace nécessaire pour une couche d'herbes et de branchages ; comme

il travaillait à raclièvcment de cette couche, le colonel ouvrit le feu, à cent yards de distance, avec un winchester armé de quatorze balles ordinaires et d'un projectile à dynamite. Il lui envoya d'abord dans l'épaule la dynamite, qui fit explosion et coupa la grande artère sous l'épine dorsale. Le grizzly tomba, mais se releva immédiatement en poussant un effroyable hurlement de rage et de douleur; avant qu'il eût pu se reconnaître, il reçut quatre balles additionnelles du calibre ordinaire 44, tomba presque autant de fois, puis chargea son agresseur. Recourant aussitôt à une nouvelle charge de dynamite, le colonel le visa à une distance de cinquante yards et lui envoya son projectile dans la poitrine, où l'explosion lui détruisit les poumons et le terrassa de nouveau; l'animal cherchait à se relever, mais une nouvelle décharge lui brisa la tête. La peau de ce terrible individu avait huit pieds trois quarts de long, du bout du museau jusqu'à la naissance de la queue, et six pieds sept pouces de large. De sa graisse on retira 35 gallons d'huile. On sait peu de chose des habitudes du grizzly. Ce qui paraît certain, c'est que les jeunes viennent au monde vers le 15 janvier, et qu'ils sont alors îi peine plus grands qu'un jeune chien.

Un autre redoutable carnassier a son repaire dans les jungles et les cavernes de la Yellowstone : c'est le couguar [Felis concolor), espèce

Couguai'.

de panthère qu'on désigne dans les Rocheuses sous le nom de « lion de montagne ». Quoiqu'il se montre assez rarement, on en tue pourtant chaque hiver quelques-uns dans les montagnes. Lorsqu'il est poursuivi dans ses domaines, il devient féroce. M. Everts, dont j'ai rapporté les lamentables aventures, n'échappa à la poursuite d'un couguar qu'en montant sur un arbre.

Autrefois les peaux de couguar s'importaient en grand nombre de Test et de la Californie, comme article d'échange pour les Indiens. Il y a quelques années, une bonne peau de cet animal représentait la valeur de sept ou huit peaux de bison, mais aujourd'hui elle n'a plus qu'une modique valeur commerciale.

D'autres félins hantent les solitudes de la Yellowstone, tels que le chat sauvage [Lynx ru fus), qui abonde dans les montagnes, et le lynx du Canada {Lynx canadensis).

Dans l'espèce canine, voici le loup gris ou des forêts [Canis occidentalis). Partout où abonde le bison, on est sur de trouver seigueur loup. On les rencontre souvent par bandes nombreuses, et la nuit on les entend hurler autour des campements.

La chasse au loup est une industrie du Montana connue sous le nom de wolfing : comme cette poursuite ne se pratique qu'en liiver, elle occupe un grand nombre de voituriers, de bateliers et d'autres gens dont la profession chôme en cette saison. La méthode est assez simple. Le wolfer, en entrant en campagne, tue d'abord un cerf ou un bison, ou un autre animal de grande taille; il met dans le corps de la vie-

time une bonne dose de strychnine, et l'abandonne ensuite pendant un ou deux jours; h son retour il trouve une douzaine de loups ou de renards couchés inanimés autour de la carcasse empoisonnée. Comme les peaux de loup valent en moyenne deux dollars et demi, il n'est pas rare que deux hommes gagnent h ce métier, en un hiver, une somme de mille à quinze cents dollars.

La plupart des chiens qu'on rencontre chez les Indiens des prairies, chez les Assiniboines, les Croux, les Gros-Yentres, semblent avoir du sang de loup dans les veines, et on les prendrait souvent pour de vrais loups si on les trouvait loin des campements.

Le loup des prairies ou coyotte [Canis latrans) est beaucoup plus abondant dans les prairies que dans les montagnes. On le trouve surtout dans les plaines coupées de profonds ravins, où il peut se réfugier pendant le jour, et dans les creux de terrain, où il peut abriter ses petits. M. Grinnol raconte qu'en cherchant des fossiles dans un endroit semblable, il rencontra souvent, à l'entrée d'un trou creusé dans un talus, une vieille louve entourée de sa nichée à demi-croissance. A la vue de Fétranger, toute la famille sautait sur

ses pattes, regardait le savant pendant quelques secondes, puis deux ou trois petits plongeaient dans le trou, d'autres grimpaient follement sur le talus, et le reste de la bande se sauvait par le ravin, se retournant de temps en temps comme s'ils avaient balancé entre la crainte et la curiosité. L'expédition Ludlow captura un petit de trois mois environ au campement du Crooked Creek : il s'était sauvé dans un creux de rocber, d'où il fut retiré et amené au camp. Malgré sa jeunesse, c'était un être absolument farouclie et vicieux : il mordait quiconque se liasardait à le touclier et refusait de manger. Les constants efforts qu'il faisait pour s'échapper lui réussirent enfin, et un matin on constata qu'il avait pris la clef des champs en brisant ses liens pendant la nuit.

Le renard des prairies [Vulpes alopex macriirus) abonde partout. On le trouve souvent gisant inanimé auprès des carcasses empoisonnées pour la destruction des loups.

Un autre renard, que les Américains désignent sous le nom de swift ou kit fox [Viilpes velox)^ est commun dans les prairies du Dakota et du Montana; comme il n'a que peu d'ennemis, il est souvent d'une grande familiarité. M. Grinnel

a parfois rencontré un de ces jolis petits animaux dormant au soleil à l'entrée de son terrier : il s'amusait de le voir faire un rapide examen de sa personne, puis s'étirer et bâiller, puis, la queue en l'air et de la façon la plus insouciante, rentrer lentement dans son terrier. Le terrier a généralement deux entrées, et il arrive parfois que, pendant qu'on en examine une, on peut voir le petit renard occupé à vous inspecter à l'autre ouverture.

Si les montagnes et les jungles sont le séjour favori des carnassiers, les beaux pâturages, les épaisses forêts, les bords des rivières et les lacs se prêtent à la multiplication des ruminants. Le roi des ruminants est le bison, le plus noble représentant de la faune américaine. Le bison des montagnes [Bos americamis) diffère quelque peu du buffalo de la plaine. Il abonde dans certaines régions de la Yellowstone : il erre par bandes de deux ou trois cents individus sur les plateaux et dans les grandes vallées.

Gibier de noble espèce encore est l'élan [Cermis canadensis), qu'on rencontre parfois aussi en bandes de plusieurs centaines d'individus : il se trouve dans toute l'étendue du Parc National, mais surtout sur les pentes berbeuses des mon-

tagnes, qui leur olïront d'excellents pâturages. Au commencement de la saison du rut, la chair de l'élan est un mets très friand; le rut a lieu en septembre ; les petits naissent à la fin de mai ou au commencement de juin. Ce n'est que dans les premiers jours de septembre qu'on entend l'appel de l'élan, cri étrange qui se compose de plusieurs parties difficiles h décrire, plus difficiles encore à imiter : c'est d'abord un sifflement prolongé, aigu, qui semble très éloigné, quand même l'animal ne serait qu'à quelques pas de distance; puis c'est une succession de courts grognements trois ou quatre fois répétés; enfin c'est un beuglement sourd et doux. Le cri est bizarre, et on ne saurait l'oublier quand on l'a entendu une fois.

Le renne {Alce americana), quoique de la famille de l'élan, est d'une taille beaucoup plus grande. Il se trouve dans les parties écartées du Parc National ; comme le gros gibier en général, il s'est éloigné des sentiers parcourus par les voyageurs. Grinnel en vit des traces dans les monts Bridger, et on lui assura que le plus fameux pays de rennes se trouvait à 16 milles du confluent du Trail Creek. Il n'en vit d'ailleurs qu'un seul spécimen vivant, qui avait été capturé

tout jeune par un homme du pays : il était très familier et se rendait à l'appel de son maître.

Le renne d'Amérique, dont je n'ai vu qu'un spécimen empaillé, est, tout comme son cousin d'Europe que j'ai vu à l'état domestique chez les Lapons, un des êtres les plus disgracieux de la création : une vilaine tète qui rappelle celle du mulet, portée sur un cou épais et court, de petits yeux, des oreilles pendantes, un nez monstrueux, une prodigieuse lèvre qui pendille sur la bouche, un poil long, épais, hérissé; enhn, chez le mâle, d'immenses cornes palmées aussi grotesques que l'ensemble de l'individu. On peut aisément s'approcher du renne si l'on marche contre le vent; mais, une fois qu'il détale, il reste sur le qui-vive pendant plusieurs heures : lancé au trot, il peut dépasser le cheval le plus rapide.

Le cerf à queue noire [Cervus macrotis) fréquente les vallées et les régions inférieures des montagnes, où il trouve d'épaisses forêts; on le rencontre aussi le long des torrents et des ruisseaux. Cet animal n'est nullement soupçonneux;, il laissera souvent le chasseur faire feu deux oii trois fois avant de songer à prendre la fuite. Otl ]e chasse à outrance, comme tout le gros gibier' du pays, uniquement pour en posséder la peau.

et Grinncl assure que, à moins qu'on n'ait recours à des mesures protectrices, il sera bientôt inconnu dans les régions où il est aujourd'hui si commun.

L'antilope {Antilocapra americana) abonde partout dans les plaines, et elle est, au dire de Grinnel, un des charmes de ces solitudes désertes. Elles sont très confiantes et d'une grande curiosité. La femelle tantôt est munie de cornes, tantôt en est dépourvue. Les observations de Grinnel l'ont conduit à cette conclusion : que celles munies de cornes sont toujours stériles.

Le pays de la Yellowstone ne nourrit pas que du gros gibier : on y trouve une grande variété de petits animaux à fourrure, martres, zibelines, hermines, loutres, castors, rats musqués, blaireaux.... Quel merveilleux pays de chasse !

Est-il nécessaire de dire que ni la formalité du port d'arme, ni le bonnet à poil de Pandore ne sont connus dans ces bienheureuses régions, paradis du sportsman? Il est vrai que l'acte du Congrès qui érigea la Terre des Merveilles en Parc public porte que le Secrétaire de l'Intérieur, sous le contrôle duquel est placé ce domaine, prendra des mesures contre la destruc-

'il /^^ ■ "

tiou inulilo du gibier. Mais, en dépit de cette restriction du législateur, le Parc National, où jamais les armes à feu n'avaient retenti avant l'arrivée des blancs, a été envahi depuis lors par des lég-ions de chasseurs et de trappeurs, qui font chaque année d'immenses hécatombes de fauves. C'est surtout en hiver qu'ils se livrent à leurs exploits, quand, par une neige épaisse, l'élan et le ])ison deviennent des proies faciles. Le capitaine Ludlow assure qu'en un seul hiver environ 2000 élans furent massacrés dans un rayon de 15 milles autour de Mammoth Springs. La peau de ces animaux , qui * représente une valeur de deux à trois dollars, est seule convoitée; le reste est abandonné aux loups. M. Haupt assure que, dans l'hiver de 1881 à 1882, oOOO peaux d'élan furent expédiées vers les marchés de l'Est, sans compter les peaux de castor et autres fourrures qui furent capturées dans les mêmes proportions. J'ai entendu un sportsman de Chicago se vanter d'avoir tué en deux jours six femelles d'élan, uniquement pour sa satisfaction de chasseur *.

1. Un de mes compatriotes, grand chasseur devant Dieu, parcourait en 1876, dans le cœur du Colorado, une région plus méridionale des montagnes Rocheuses; là aussi c'est une guerre à outrance : les chasseurs lui ont dit, et ceci

La continuation d'un pareil carnage aura pour résultat rapide et inévitable l'extermination du gibier. Il serait temps d'y mettre fm en envoyant quelques compagnies de soldats qui feraient la police du Parc. Ce domaine n'est-il pas le seul territoire de l'Union où la faune ait droit à la protection du gouvernement? La présence inoffensive d'intéressants animaux n'est-elle pas un des principaux cbarmes de ce parc réservé à l'agrément des promeneurs et h l'étude des savants? Le bassin de la Yellowstone, longtemps ignoré des hommes, et qui doit à son isolement une des faiînes les plus riches et les plus variées de l'Amérique septentrionale, se prête admirablement à la conservation d'intéressantes espèces animales qui ont disparu des autres contrées du Nouveau Monde devant l'envahissement de la civilisation. Entourés partout d'une ceinture de

lui a été répété partout, que, « si le gibier doit être exterminé, ils veulent en avoir la plus grande partie possible. Ainsi, depuis trois ou quatre ans, on tue pour la peau. Les mouflons sont trop rares pour être recherchés dans ce but, mais la peau d'un clk vaut de deux dollars et demi à quatre dollars, et, pour l'avoir, on ne regarde pas à perdre 300 à SOO livres de viande délicate qu'on laisse aux loups à dévorer. C'est ainsi que le buffle s'est fait si rare; Velk ou wapiti le devient chaque jour davantage; le cerf mulet et l'antilope ne tarderont pas à diminuer considérablement aussi. » Ma vie nomade aux montagnes Rocheuses, par le baron Arnold de Woelmout. Paris, Firmin Didot, 1878.

hautes montagnes, ces plateaux offrent d'excellents pâturages à l'élan, au renne, au cerf, au bison; il serait infiniment regrettable pour la science que ces nobles animaux ne fussent pas protégés contre les chasseurs de fourrures, dans les domaines mêmes que la nature semble leur avoir préparés pour les sauver d'une extinction définitive.

La faune du Parc National a été étudiée avec soin par M. George Bird Grimiel, un des savants qui furent attachés à l'expédition du capitaine Ludlow, organisée sous les auspices du département de la Guerre. Son rapport présente un tableau aussi complet que possible des mammifères et des oiseaux propres à cette région K

1. Report of a reconnaissance from Carrol, Montana, ta Yellowstone National Park.

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