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rivière y déterminent des courants chauds : nos chevaux, en franchissant la rivière, surent les éviler avec ce merveilleux instinct qui caractérise les poneys indiens tout comme leurs congénères d'Islande.
Après avoir gravi pendant vingt minutes les flancs ardus du mont Schurz, nous atteignimes, à 300 mètres au-dessus de la rivière, un bassin de deux hectares d'étendue où sont groupés une douzaine de geysers à demi éteints, dont les cônes sont comme des monuments élevés par le patient travail de la nature : tantôt ils simulent laspect d’un monstrueux animal, tantôt d'un homme décapité, tantôt d'une vulgaire cheminée.
Ces cônes, dont la hauteur varie de 2 à # m&tres, présentent tous au sommet un orilice ; quelques-uns émettent encore des vapeurs; mais la plupart semblent avoir conquis les droits à la retraite, el leurs parois, que ne consolident plus de nouveaux dépôts de geysérite, s'émieltent rapidement. IL y eut un temps où des flots d'eau bouillante jaillissaient de leurs oritices : leur aspect actuel montre que l’activité volcanique de cette région est en voie de décroissance.
Ce bassin renferme les accessoires ordinaires
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Cône édifié par les dépôts d’une souree chaude.
LA FIRENOLE 143 des geysers, sources d’eau bouillante, solfatares, fumerolles; d'une fissure s'échappe un jet de vapeur avec un sifflement assourdissant, qui s'entend à une distance considérable comme un sifflet de locomotive : le bruit peut seul en faire soupçonner la présence, car le courant chaud est si sec qu'il est presque invisible. Une branche de pin placée devant l'orifice se dessèche, se conlracte et éclate presque instantanément.
Ce curieux bassin, situé dans une région écartée, n’est connu que depuis peu de temps. Qui pourrait dire combien de merveilles inconnues renferme cette terre, encore mal explorée!
La vue qu’on embrasse de cet endroit sur le Pare des Élans est d’une grande beauté : l'œil suit avec complaisance la rivière Gibbon traçant ses capricieux méandres au milieu des vertes prairies encadrées d'un magnifique décor de forêts étagées sur les monts.
Revenus sur les bords de la rivière, nous pénétrons dans le Gibbon Cañon, sombre défilé de deux lieues de longueur, où la rivière est étroi-.
tement encaissée entre de hautes murailles basaltiques creusées de profondes érosions. Cette gorge grandiose exciterait l'admiration dans les Alpes ou les Pyrénées; mais ici l'esprit est tel-
lement occupé des mystérieux phénomènes géologiques qui éclatent à chaque pas, qu'on n'a plus qu'un œil distrait pour le paysage,
Le Cañon est d’une sauvage beauté. Les parois sourcilleuses se penchent l’une vers l’autre; la route se confond souvent avec le torrent; le bleu du ciel ne se laisse entrevoir que par une longue fente. Rien de plus curieux que de voir le merle aquatique poursuivre sa proie dans l'eau limpide de la rivière, à quelques pas des sources chaudes qui jaillissent sur ses bords.
Vers le milieu de la gorge, la rivière forme une romantique cascade. Elle s’élance du haut d'une muraille de 25 mètres, et sa blancheur de neige se détache vivement sur la sombre verdure des pins suspendus aux rocs sourcilleux qui dominent la chute.
Le Cañon s'ouvre sur une belle et large vallée où serpente à travers des prairies herbeuses une rivière alimentée principalement par les innombrables sources d'eau bouillante que l’on voit sourdre sur presque toute l'étendue de son parcours. Aussi lui a-t-on donné le nom caractéristique de Férehole River (rivière des Trous à feu). En ce point se rencontrent deux
bras de la Firehole, venant l’un de l’est,
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60- l'autre du grand bassin des geysers silué au lus sud, Après avoir passé à gué, à la mode d'Islande, 'OÏs un de ces cours d'eau, nous nous trouvâmes la bientôt devant un bon feu, dans le /oghouse, leu précurseur d'un confortable édifice qui s'élèvera ue un jour en ce lieu sous le nom de Fürehole rle | National Hotel.
ide | Nous déjeunons d'un savoureux gigot d'élan, des ; puis nous remontons en selle pour aller camper | le soir mème à 10 milles de là, dans le bassin ne | supérieur de la Firchole, ne La journée est avancée, nous avons hâte d'atge teindre notre but, Aussi ne nous attardons-nous | les | pas à visiter les curiosités de la route, que nous | 1i- explorerons plus tard. Aujourd'hui nous nous | | bornons à saluer de loin les geysers du bassin } de inférieur et du bassin moyen. ls es Pendant deux heures la chevauchée s'avance Le es au milieu des innombrables sources sulfureuses 4 )n | dont les rives et le lit même de la Firchole sont (ie î le criblés. Nous ne nous lassons pas d'admirer l'éclat mn des conferves qui se gaudissent dans ces eaux Le ?S | chaudes, et les splendides couleurs des sub- hi l 1 X | stances minérales déposées sur leurs bords. | | , ( A mesure que l’on avance, les gevsers devien- 1 10 hi qui
nent plus nombreux, si bien que, notre curiosité s'émoussant à la longue, nous commencons à nous habituer à ce spectacle, tout comme nos ù chevaux, qui ne manifestent pas la moindre crainte en côtoyant les bassins d'eau bouillante fumant le long du chemin. Dans ce royaume du feu, c'est l'eau froide qui paraît une anomalie : une nappe d'eau qui n'émet pas de vapeurs semble n'v être pas à sa place.
A l'approche du soir, le refroidissement de l'atmosplre augmente singulièrement la densité des colonnes de vapeur qui s'élèvent au-dessus des bassins. Ce qui est d'un prestige charmant, ce sont les couleurs du prisme dont la réfraction décore ces blancs nuages qui semblent immobiles dans le calme du soir : on dirait que les mille teintes dont se revètent les bords des sources se réfléchissent dans les vapeurs aériennes.
Voici enfin la célèbre plaine qui forme le haut bassin de ia Firchole. Nous l'avons traversée du nord au sud dans presque toute son étendue,
saluant au passage la Grotte, le Géant, la Pyramide, le Château ct d'autres geysers avec lesquels nous nous proposons de faire plus ample connaissance. |
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À six heures du soir nous apparut notre lieu
de campement, C'était un groupe de t°ntes ali-
gnées sur la rive droite de la Firchole, dans le
voisinage de la Ruche d'abeilles, du Château et du Vieux-Fidèle,
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