‹ La terre des merveilles [microforme]Chapitre 37 sur 80 · A OMAN PP ENE SAT EE ESSENCE · texte numérisé non relu

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LE VIEUX-FIDÈLE 161 rouvrir sous notre tente. Les cris du gardien du camp : « Bee hive! bee hive! » nous apprirent qu'il s'agissait d'une éruption de la Ruche d'abeilles, le geyser dont nous n'étions séparés que par la Firehole, qui coulait entre lui et nous.

Quand nous fûmes remis de notre premier effroi, ce fut l'affaire d’un instant de sortir de nos couvertures, de nous élancer dehors, de franchir la passerelle jetée au-dessus de la rivière, et de courir sus au geyser, au risque de tomber, au milieu des ténèbres, dans un des trous d’eau bouillante qui se trouvent dans son voisinage.

Peines perdues! L'éruption prenait fin au moment où nous arrivämes sur les lieux. Un peu penauds et assez bien refroidis, nous regagnâmes notre couchette. Alexander fut bien mieux avisé : sans s'émouvoir de cette éruption intempestive, il ne bougea pas de son lit, où il était bien chaudement couché.

Le lendemain fut employé à explorer consciencieusement le haut bassin de la Firehole, IL est dans une large vallée, que dominent des collines basaltiques de 500 à 600 mètres, couvertes d'une sombre chevelure de forêts de pins. Çà et là des pâturages se détachent comme des iles {1

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162 LA TERRE DES MERVEILLES de verdure sur les vastes espaces stérilisés par les envahissements des blancs dépôts siliceux. Une buée d'une teinte laiteuse, produite par la respiration des geysers, plane perpétuellement sur la contrée comme un suaire aérien. Le bassin à une étendue d'environ deux kilomètres carrés : sa forme est celle d'un triangle dont le sommet se trouve au nord, au confluent de la Firehole et de la Petite-Firehole. Le Vieux-Fidèle en marque l'extrémité méridionale.

Le district ainsi limité est la grande mer-

veille du Pare National : c’est là que Jjaillissent

les plus puissants geysers connus. La nature les a groupés le long de la Firehole, qui traverse le bassin suivant une direction nord-ouest, Leurs éruptions fournissent parfois un flot bouillant assez considérable pour faire grossir subitement la rivière et en élever notablement la température. Pendant l'éructation d'un de ces volcans aqueux, nous avons vu Île thermomètre, plongé dans les eaux de la rivière, monter de 4° centigrades au-dessus de leur température ordinaire.

Les différents geysers dispersés dans toute l'étendue du bassin n'opèrent point simultané-

ment ; ils ne jaillissent qu'à des intervalles plus

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ou moins réguliers, et leurs éruptions diffèrent de durée et d'énergie. Les uns, constamment en travail, font explosion d'heure en heure et même de minute en minute, tandis que d’autres restent en repos pendant des années entières. Tel geyser qui est aujourd'hui en pleine activité s’éteindra dans un temps plus ou moins éloigné, tandis que d'autres surgiront qui prendront la place de ceux qui auront cessé de vivre. Sauf le Vieux-Fidèle, l’allure des geysers varie d'une année à l’autre : on ne peut donc fournir à cet égard des données d’une exactitude absolue.

On a compté plus de 1500 sources chaudes dans le bassin de la Firehole : un grand nombre d'entre elles ont été reconnues comme étant des geysers actifs; mais elles sont découvertes depuis si peu d'années, qu'on peut assurer avec certitude que beaucoup de sources seront élevées au rang de gevsers lorsqu'on aura pu mieux les

observer,

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