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THÉORIE DES GEYSERS 219 lutions de la vapeur dans la caverne causées par les soudaines élévations de température.
Mackenzie reconnait que sa théorie n’explique que partiellement les phénomènes ; Bunsen pense qu'elle peut suffire à expliquer le régime du Petit-Geyser, mais non celui du Grand- Geyser,
Dans ses Recherches Sur la chaleur intérieure du globe, Bischof adopte la théorie de Krug Von Nidda, qui offre beaucoup d'analogie avec celle de Mackenzie. Elle considère comme un fait avéré que les sources thermales emprunlent leur température aux vapeurs d'eau qui se dégagent des régions souterraines, Ni ces vapeurs peuvent s'élever librement, la tempéra- Lure de l’eau, aux différentes profondeurs, sera égale à celle marquée par le point d'ébullition sous la pression existant aux profondeurs respectives ; de cette facon s'explique la constante ébullition des sources permanentes, ainsi que leur température, qui est celle de l'eau bouillante. Mais si la disposition compliquée des conduits empêche les vapeurs de s'élever jusqu'à la surface, si par exemple des cavernes les retiennent en chemin, la température des couches d'eau
supérieures s'abaissera nécessairement, parce
220 LA TERRE DES MERVEILLES que l'évaporalion qui se produit à la surface absorbera une grande partie de la chaleur qui ne pourra être renouvelée, Les sinuosités et l'étroitesse des conduits semblent opposer un grand obstacle à la circulation des couches d'eau, dont le poids spécifique varie suivant la température. La cause des sources intermittentes de l'Islande se trouve probablement dans l'existence de avernes où les vapeurs sont emprisonnées par la pression de la colonne d'eau qui emplit le canal supérieur. Les vapeurs, en s’accumulant, compriment les eaux de la caverne et, par suite de leur force élastique, finissent par s’ourvri un passage à travers la colonne d'eau, Ce sont elles qui, en se dégageant violemment, causent les bruits souterrains et les tremblements de terre qui précèdent les éruptions. Les vapeurs n'apparaissent à la surface que lorsqu'elles ont communiqué leur température aux couches d'eau. Dès qu'elles se seront échappées en quantité suffisante pour que la force expansive des vapeurs emprisonnées ne soit plus capable de lriompher de la pression de la colonne d’eau, l’ordre sera rétabli, et l'équilibre subsistera jusqu'à ce que l'accumulation des vapeurs déter-
mine une nouvelle explosion. Les éruptions se
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THÉORIE DES GEYSERS
dimensions de la caverne, la hauteur de la colonne d'eau et Le degré de chaleur des régions souterraines.
D'après la théorie du célèbre chimiste Bunsen, le mécanisme des geysers se trouve tout uniment dans un système de dépôts siliceux qui, en s'accumulant, édifient à la longue un tube d'une grande profondeur, en forme de cheminée. Une source dont les eaux ne sont pas alcalines restera une simple fontaine thermale, sans pouvoir jamais aspirer à s'élever au rang de geyser; mais, si ses eaux sont alcalines, elle contiendra de la silice en dissolution et la déposera sur ses bords : peu à peu les dépôts s'élèveront en forme de tube. Tant que la circulation des couches d'eau maintiendra dans toutes les parles du tube une température à peu près égale, la source n'aura pas d'éruptions bien violentes. Mais lorsque le tube s’approfondira, et que “la circulation sera entravée, il se produira une différence de température de plus en plus notable entre les eaux profondes et les eaux superficielles, si bien qu’à la surface les eaux seront relativement froides, tandis qu'au fond elles atteindront le point d'ébullition. Alors le développement sou-
dain de grandes masses de vapeur produit par l'échautfement extraordinaire de la colonne d'eau dans le bas du tube déterminera l'explosion, qui se reproduira par intermittences pendant une période d'un grand nombre d'années; les éruplions ne cesseront que lorsque la longueur toujours croissante du tube mettra obstacle à la formation des vapeurs !.
Bunsen pose les trois principes suivants :
1° La température, dans le tube d'un geyser, s'élève porportionnellement à la profondeur,
2° Nulle part les eaux n'atteignent, dans le tube, le point d'ébullition qu'elles devraient alteindre sous la pression à laquelle elles sont soumises, mais la température dépend du temps qui s'est écoulé depuis la dernière éruption. À l'approche d’une grande éruption, elle est voisine du point d'ébullition.
3° C’est à une profondeur d'environ 14 mètres que se trouve le point où la température de l'eau diffère le moins du point d'ébullition calculé pour la pression.
Le professeur Müller, de Fribourg, est par-
!, J'ai donné d’amples détails sur la formation des tubes geysériens dans la relation de mou voyage en Islande. La Terre de Glace, p. 166 et suivantes. Paris, 1883,