‹ La terre des merveilles [microforme]Chapitre 48 sur 80 · LS LIERS · texte numérisé non relu

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la petite branche dans le feu, D'abord la surface du liquide reste calme; mais bientôt le tube se met à trembler; l'eau déborde légèrement, sans aucun signe d'ébullition, puis tout à coup la colonne liquide est projetée en l'air. Au moven d'un tube dont la branche longue mesurait deux pieds et Le calibre trois huitièmes de pouce, il

provoqua un jet qui s'éleva à une hauteur de

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THÉORIE DES GEYSERS 227 petite branche : elle comprime l’eau, qu'elle fait déborder, et, quand les bulles de vapeur tournent l'angle, elles chassent avec une incroyable vio-

lence la colonne d'eau de la branche longue.

De toutes ces théories, aucune peut-être ne suffit à expliquer tous lès phénomènes geysériens, Selon le professeur Peale, la théorie de Bunsen est la plus rationnelle : appliquée aux geysers de la plus simple structure, elle est salisfaisante. Toute théorie complète doit tenir compte des variations et des modifications qui peuvent se présenter dans la disposition des tubes ge ysériens et des canaux souterrains. Nous pouvons bien voir ce qui se passe à la surface, mais les expériences ne peuvent opérer qu'à une très minime profondeur. Les données nous manquent donc, et M. Peale propose d'y suppléer par les moyens qui sont en notre pouvoir, c’està-dire de construire des gevsers artificiels et de fure différentes modifications dans la forme des tubes, jusqu'à ce que nous arrivions à des résultats analogues à ceux que l’on observe dans les geysers naturels.

« Si nous chauffons rapidement de l'eau, dit M. Peale, dans le fond d'un tube de verre, elle en sera expulsée violemment; si nous la chauf-

fons dans une bouilloire munie d'un couvercle et d’un bec, ou bien le couvercle sautera en l'air, ou bien l'eau jaillira par le bec. Dans le premier cas, nous voyons confirmée, au moins partiellement, la théorie de Bunsen; dans le second cas, nous trouvons la démonstration de celles qui présupposent l'existence de cavités souterraines et de tubes. Suivant Bunsen, 1l faut supposer que la couche rocheuse s'étendant jusqu'à 75 ou 77 pieds au-dessous de la surface possède une tempéralure suffisamment élevée pour causer les phénomènes geysériens, ou bien que le tube du geyser communique, soit par le fond, soit latéra-

lement, avec quelque canal qui donne accès à de

la vapeur et à de l’eau surchauflées provenant d'une profondeur beaucoup plus considérable, où la température est très élevée. À ces profondeurs il existe probablement des cavernes. L’auteur de Frost and Fire assure que dans le tube du Grand-Geyser d'Islande, à unc profondeur de 45 pieds, il y à une saillie qui fut découverte pour la première fois par M. Bryson, d'Édimbourg. De dessous cette saillie s'élèvent des bulles de vapeur : un thermomètre plongé à quelques pieds plus bas fut soulevé et chassé violemment, et, quand on le ramena à la surface.

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THÉORIE DES GEYSERS

que de la vapeur ou de l'eau chaude, ou de la vapeur et de l’eau tout à la fois, pénètrent latéralement dans le tube au-dessous de cette saillie, car, lorsque le thermomètre fut plongé plus avant, il demeura tranquille. C'est de cette facon qu'on peut expliquer que le thermomètre de Bunsen ne bougea point au fond du geyser pendant une grande éruption. Dans le tube du Strokkr s'ouvrent des orifices latéraux, d'où l’on peut voir s'échapper de l'eau et de la vapeur lorsque le tube est vide, Comme le Grand-Geyser est ordinairement rempli d'eau, il est difficile d'en examiner la structure intérieure; mais on peut présumer qu'il consiste, comme le Strokkr, en un tube muni d'un ou plusieurs conduits qui mènent à des cavités souterraines. L'existence de semblables cavités est plus que probable. Dans mon opinion, tous les geysers sont dus originairement à une violente explosion de vapeur et d'eau : dans de telles conditions il se formera plus vraisemblablement des cavités irrégulières que des tubes réguliers. On peut simuler sur une petite échelle les phénomènes geysériens dépendant d'un certain arrangement de cavités et de tubes, en chauffant simultanément,

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