‹ La terre des merveilles [microforme]Chapitre 5 sur 80 · SOUP · texte numérisé non relu

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LES PREMIÈRES EXPLORATIONS 21 comme on avait ri de Coulter; et cependant ses récits étaient parfaitement véridiques, en dépit de l'absurdité de ses explications. La rivière à laquelle il faisait allusion était la Firchole, dont les eaux froides s’échauffent en maints endroits où son lit est criblé de ces soupiraux d’eau bouillante que les Américains appellent «trous à feu ». Enfin un trappeur pouvait facilement prendre des rochers d’obsidienne pour des montagnes de verre,

Ce que Coulter et Bridger signalèrent les premiers, d'autres blancs qui périrent sous les flèches des Indiens le virent sans doute avant eux, car, sans parler des anciennes traditions qui mentionnent les voyages d'aventuriers espagnols et mexicains, il est certain que les Canadiens de la baie d'Hudson allèrent jusque dans ces lointains parages à la recherche de peaux et de fourrures, longtemps avant qu'on eût rien écrit sur le pays.

Cest ce que prouvent les découvertes du colonel Norris en 1878. Près du Grand Cañon il trouva un blockhaus renfermant des pièges à snartres de la forme employée autrefois par les rappeurs de la baie d'Hudson. Dans le voisinage des chutes supérieures de la Yellowstone,

sur la rive occidentale, il y avait un poteau en bois portant cette inscription : « J.-0.-R, Aug. 29, 1819 ». L'inscription est attribuée au célèbre trappeur Ross, de la compagnie d'Hudson, qui fut tué, il y à bien des années, par les Picds- Noirs.

Ce furent les récits des trappeurs qui donnèrent naissance aux étranges légendes qui cireulèrent pendant longtemps dans le Far-West au sujet de la mystérieuse contrée. On racontait qu'il y avait là-bas des forèts pétriliées, des palais et des temples magnifiques, aux flèches élancées, aux portes ornées de perles, aux murailles massives, aux Cours somptueuses; on parlait de châteaux et de demeures seigneuriales ; tous les habitants avaient été pétrifiés en châtiment de crimes monstrueux et étaient encore debout à leur place, farouches sentinelles qui défendaient l'approche de ces solitudes. On disait qu'on y trouvait des diamants étincelants et d’inépuisables mines d'or. Mais il y avait aussi des plaines en feu, des fournaises fumantes, des.chaudières bouillantes, des fontaines qui jaillissaient avec le bruit du tonnerre. Aussi les Peaux-Rouges n'osaient-ils s'approcher de ces lieux, qu'ils

croyaient habités parle mauvais esprit.

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