‹ La terre des merveilles [microforme]Chapitre 68 sur 80 · SE · texte numérisé non relu

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360 LA TERRE DES MERVEILLES succède bientôt un prodigieux concert de ronflements.

L'obseurité est complète, Je voudrais bien ronfler aussi, mais dans le mystère des ténèbres il se passe des choses étranges qui me tiennent en éveil, Qu'est-ce done que ce chaud contact qui me chatouille les pieds? Sont-ce les pieds du voisin? Non, c'est un des deux molosses réfléchissant au moyen d'aller retrouver son maitre qui dort derrière ma tète; l'animal hésite longtemps à franchir la compacte rangée de dormeurs; il me saute enfin sur le corps, puis sur la figure, se couche dans mon voisinage et pendant toute la nuit me fait entendre sa respiration. Mon havresac me sert d'oreiller : voilà que le sac se met à remuer sous ma joue; comme j'y ai mis mon portefeuille, mon premier mouvement est de chercher dans les ténèbres une main criminelle, mais je ne rencontre que le vide; en ouvrant le sac, je constate l'évasion d’une bète quelconque. Est-ce un rat? est-ce un serpent? Qu'en sais-je? Je ne parle pas des araignées et autres horribles insectes qui me courent sur le corps. La porte ferme mal, et, comme l'air est froid dehors et chaud dedans, me voilà sur le

trajet d'un courant d'air qui m'afflige d’un

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LE MONT WASHBURN 361 rhume, Bon Dieu! quelle nuit! Qu'il ferait bon d'être sous la tente! Et avec quel soulagement je vois poindre le jour à cinq heures du matin ! Mes compagnons me confessent qu'ils n'ont jamais passé une aussi longue nuit blanche dans un trou si noir.

Après une nouvelle édition de truites et de café, nous partons à sept heures et demie du matin pour accomplir notre dernière étape. Nous gravissons la montagne par une chaleur déjà cuisante, Dans ces vallées du nord-ouest les journées sont aussi brülantes que les nuits sont froides. Quelle splendide nature! quelle luxuriante végélation! Sur le vert sombre des pins se détache le vert pâle des saules, qui imitent si bien le bouleau par leurs troncs argentés et leur feuillage aérien. Le silence profond de ces majestueuses solitudes n’est troublé que par le cri strident de l'aigle. À mesure que nous nous élevons, l’horizon s'élargit : un océan de cimes vaporeuses fuit derrière nous dans la brume matinale. Au sommet de la côte nous rencontrons une caravane de chasseurs. Ils trainent après eux de nombreux chevaux de charge qui portent des coffres disposés à la manière islandaise,

Arrivés sur le haut plateau, nous nous laissons

emporter pendant trois heures par le galop internal de nos cayuses, qui semblent flairer déjà les pâturages de Mammoth Springs. À onze heures nous commençons à apercevoir, au bout de la vallée, les terrasses calcaires qui de loin simulent un énorme glacier : bien qu'elles semblent n'être qu'à une portée de fusil, il nous faut encore une heure de galop pour v atteindre.

Nous arrivons à l'hôtel National à midi, par un orage cflroyable,

op iner déjà À onze au bout de loin es semous faut teindre.

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