IVaulical Magazine, janv
terribles tempêtes du siècle, M. Lennier a vu la mer abattre les rochers de la Hève sur une épaisseur de 15 mètres. Depuis Tannée 1100, les eaux de la Manche, aidées par les pluies, les gelées et les autres intempéries qui agissent fortement sur les assises supérieures, ont entamé cette falaise de plus de 1,/iOO mètres, soit de 2 mètres par an. L'endroit où se trouvait jadis le village de Sainte-Adresse, reculant toujours devant le flot, est remplacé maintenant par le banc de TEclat^ M. Bouniceau, Tun des savants qui ont le mieux étudié les phénomènes de Térosion des rivages, évalue à un quart de mètre au moins la fraction de falaise qui est enlevée en moyenne par la mer aux côtes du Calvados, tandis que sur les côtes de la Seine- Inférieure on ne peut considérer l'érosion annuelle comme moindre de 30 centimètres.
Sur les côtes méridionales et orientales de l'Angleterre, les envahissements de la mer ont lieu avec une rapidité égale ou même supérieure, car, en général, les fermiers comptent sur une perte d'environ i mètre de terre par an le long de la falaise ^ A l'est de la péninsule de Kent, les eaux se sont avancées de plus de 6 kilomètres vers l'ouest depuis la période romaine. Dans leurs envahissements successifs, elles ont submergé les vastes domaines du comte saxon Goodwin, et les ont remplacés par les redoutables Goodwin-Sands, où tant de navires se perdent chaque année, puis elles ont transformé en une grande rade ouverte l'étroite lagune des Downs. D'après les calculs de M. Marchai, la masse totale des rochers que brisent et dévorent chaque année les eaux de la Manche orientale est d'environ 10 millions de mètres cubes.
Le Pas-de-Calais, de même que le détroit de Gibraltar, ne cesse de s'élargir actuellement sous la triple action des météores, des vagues de tempête et du courant qui sort d'une