‹ La terreChapitre 111 sur 447 · LA DESTRUCTION DES FALAISES · texte numérisé non relu

LA DESTRUCTION DES FALAISES

mer pour se porter dans l'autre. Les patientes recherches de

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iM. Thomé de Gamond, ingénieur auquel on doit un beau pro-

jet de tunnel international entre la France et l'Angleterre, ont prouvé que la falaise de Gris-Nez, le point des côtes françaises le plus rapproché de la Grande-Bretagne, recule en moyenne de 25 mètres par siècle. Si, dans les âges antérieurs , le progrès des érosions n'a pas été plus rapide, ce serait environ soixante mille années avant l'époque actuelle que l'isthme de jonction rattachant l'Angleterre à la terre ferme aurait été rompu par la pression des flots; toutefois il est impossible d'indiquer une date quelconque, puisqu'en cet endroit le sol s'est affaissé et soulevé à diverses reprises : des forêts submergées et d'anciennes plages, supérieures de 4 à 5 mètres au niveau actuel de la mer, témoignent de ces oscillations successives \

Le long des côtes de France, à l'est du cap d'Anlifer^ les galets écroulés des falaises, constamment réduits en grosseur par le mouvement des flots qui les froissent les uns contre les autres, ne cessent de cheminer vers l'embouchure de la Somme. Arrêtés, à dix kilomètres au delà des dernières falaises à silex, par le promontoire du Hourdel, ainsi nommé du heurt des flots, ils sont ensuite repris par le courant qui se porte vers le détroit; de plus en plus triturés, ils voyagent de banc de sable en banc de sable, puis, après avoir franchi le Pas-de-Calais, ils vont se déposer en nuages de vase, soit à la surface des innombrables bancs de la mer du Nord, soit sur les rivages des Flandres, de la Hollande et de l'Angleterre orientale : ce sont les dépôts auxquels on donne le nom expressif de gain de flot dans les parages de la Manche. Les dix millions de mètres cubes de débris enlevés annuellement aux falaises de Sussex et de Kent, ainsi qu'à celles du Calvados et du pays de Caux, sont reportés sur le littoral des pays du nord : c'est aux dépens des côtes de la Manche que se forment les polders de la Hollande et les fens de Norfolk et du Lincolnshire. Par suite de ce double travail, d'érosion sur un point et de dépôt sur un autre, les rivages situés au nord du détroit offrent un

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