LES FLÈCHES DES PÉNINSULES
étaient encore séparées l'une de l'autre en 1783, sont réunies depuis 1829 par un rempart de sabJe qu'ont dressé fi la fois les vagues de deux goires opposés *. La Guadeloupe est égale-
ment un exemple de ce phénomène de jonction entre deux terres d'origine distincte. T^e haut massif de montagnes volcaniques, qui se dresse à l'ouest s'est uni à l'Ile basse de l'orient, et les deux lies se tiennent maintenant par une plaine marécageuse où croupissent les eaux du petit canal appelé rivière Salée. Dans le couple des Iles de Choa-Canzouni, que baignent les eaux de l'océan Indien, un phénomène analogue se présente , mais la flèche de jonction entre les deux Iles s'y trouve réduite pour ainsi dire à un point mathématique '.
M. Élie de Beauraont évalue la longueur des côies qui doivent leur configuration actuelle aux levées de galets et de sable à un tiers environ du développement total des rivages continentaux. C'est dans les bassins aux faibles marées que
(. Bnié, Bulletin de la Société de Géographie. 18i9. î. Voir, ci-deisoas, page S30.
ces cordons offrent les dimensions les plus considérables. En France, toutes les plages du golfe de Lyon, depuis Argelezsur-Mer jusqu'aux bouches du Rhône, forment une série de cordons littoraux, interrompus seulement par les roches de
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Leucate, de la Ciape, d'Agde et de Cette, et se développant en un vaste demi-cercle de près de 200 kilomètres. Les nombreux élangs-qu'elles séparent aujourd'hui de la Méditerranée, et que les alluvions des fleuves, les sables marins, l'envahissante agriculture ne cessent de transformer graduellement en terre ferme, étaient sans aucun doute autant de baies longeant la base des collines du Languedoc. Déjà depuis l'époque historique, ces eaux intérieures ont notablement diminué d'éten-