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LES FLÈCHES ET LEURS DÉPLACEMENTS

soixante années le cap Ferret s'est avancé de 5 kilomètres en travers du chenal gui fait communiquer le bassin d'Arcachon avec la haute mer. En 1768, le cap se trouvait presque à l'ouest

POSITIONS DIVBBSES DU CAP FBRRBT DB 116S Jl IS63.

de l'entrée du bassin proprement dit. Pendant la fin du xvni* siècle et au commencement du nûtre, les vents de la région du nord, qui soufflent dans ces parages plus fréquemment que les autres courants atmosphériques, ont fait avancer

chaque année les dunes du promontoire dans la direction du sud, tandis que la houle du large et le jusant du bassin ajoutaient sans cesse à la pointe de nouvelles masses de sable. Ea cinquaiite-huit années, de 1768 à 1826, le cap se prolongea de 5 kilomètres vers le sud-est, avec une vitesse moyenne de 86 mètres par an, ou de 20 à 25 centimètres par jour. La pointe croissait pour ainsi dire à vue d'oeil; mais quelques années après, la passe ayant brusquement changé de direction et s'étant portée au nord, le courant de marée se mit à ronger la péninsule et la fit peu à peu reculer vers le nord-ouest. En 1854, l'extrémité du cap avait rétrogradé de 1,800 mètres. Actuellement elle empiète de nouveau sur la mer dans la direction du sud; depuis 1860, la pointe de sable s'est prolongée d'environ 1 kilomètre et en même temps élargie de plus de 500 mètres du côté de TOcéan.

Bas-fonds du littoral. — Dépôt de roches calcaires. — Aspect des grèves

et des plages.

A la formation des cordons littoraux se rattache celle des bas-fonds et des bancs de sable qui se développent parallèlement au rivage sous l'influence combinée des courants du littoral et des vents du large. En voyant les cartes marines qui .indiquent la- forme des remparts cachés sous les flots, on ne peut manquer de constater que ces levées invisibles de sable et de vase tendent à s'allonger en ligne droite ou suivant des courbes gracieuses, non moins régulières que celles des cordons littoraux. Dans tous les golfes, dans tous les détroits, sur les côtes delà Californie, des Carolines, du Brésil, dans la Manche et dans la mer du Nord, il existe, le long des côtes, une multitude de ces bancs dont la disposition indique exactement la marche des courants contraires ou parallèles

LES BANCS DE SABLE. 21i

qui les ont formés en se rencontrant. Leur profondeur varie : il en est sur lesquels les grands navires peuvent voguer sans danger, mais il en est d'autres, très-rnpprochés de la surface des eaux, sur lesquels les flots écument incessamment. Ce sont ces bancs déposés h quelques mètres à peine au-dessous du niveau de la mer qui sont les plus redoutables; aussi les matelots anglais et américains, en pensant au sort qui les attend peut-être sur ces sables cachés, leur ont-ils donné gaiement le nom ironique de <> poules à frire " {frying-pans). Dans les golfes largement ouverts et le long des c<^les rectilignes, la mer procède à la construction de nouveaux

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