‹ La terreChapitre 179 sur 447 · ERE ROUGE · texte numérisé non relu

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traie, les cendres furent emportées par les alizés de retour jusqu'aux rivages de la Jamaïque, qui ne se trouvent pas à moins de 1,300 kilomètres au nord-est de la bouche d'explosion.

Sur les côtes d'Afrique et sur le littoral de la Méditerranée, des grains de poussière, presque imperceptibles isolément, donnent une autre preuve bien remarquable de l'existence d'un grand courant de retour dans les hautes régions de l'atmosphère. Parfois il tombe du ciel une pluie de poussière jaune ou rouge et semblable à de la brique pilée; des navires qui se trouvaient dans les parages du cap Vert, sur les côtes du Maroc ou dans les eaux de la Méditerranée, ont eu leur pont et leur voilure entièrement saupoudrés de ces molécules ténues : de même, dans le voisinage des forêts -de pins, le sol et la surface des ruisseaux sont couverts d'une poudre jaune, qui est le pollen des arbres. Humboldt, qui eut l'occasion d'observer une pluie de poussière au milieu de l'Attentique, croyait qu'elle était composée de grains siliceux en-

levés par les tourbillons de vent aux plages du Sahara. Quant aux matelots témoins de ce phénomène, ils y voient tout simplement une pluie de soufre. Mais Ehrenberg, à l'aide de son microscope, a révélé la nature de cette poussière, qui n'est autre chose, du moins dans les parages de l'Atlantique et de la Méditerranée, qu'un amas d'animalcules siliceux provenant des Uanos de l'Amérique du Sud. Il est donc certain que ces myriades d'organismes, soulevées dans les hauteurs des airs par le courant ascendant de l'équateur, ont trouvé au-dessus des vents alizés un courant de retour qui leur a fait franchir l'immense bassin de l'Atlantique pour les porter sur les côtes de l'Afrique ou même de l'Europe, jusque dans le bassin du Rhône. Les courants aériens sont devenus visibles, pour ainsi dire, au moyen de ces nuages d'infusoires *.

Dans la zone équatoriale, le contre-courant des vents alizés ne peut guère commencer qu'à une hauteur de 7 à 8 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, car les plus hauts sommets des Cordillères restent en entier baignés dans le

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