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LES ALIZÉS ET LES VENTS DE RETOUR

iaégale répartition du solide et du liquide. C'est aussi dans l'hémisphère boréal du monde que se trouve le désert du Sahara, le véritable sud géographique de la lerre, cette immense étendue où les terrains boisés sont relativement si peu nombreux, et où la réverbération des sables et des rochers brûlants vaporise les nuages que portent les courants atmosphériques. Le Sahara et, dans une moindre mesure, toutes les contrées tropicales de l'hémisphère du nord agissent comme un grand foyer d'appel, vers lequel se dirigent les masses aériennes. Il ressort des tables dressées par Dove que la température moyenne de Tannée est plus élevée vers le 10® degré de latitude nord (26° 62) qu'elle ne l'est à l'équateur même (26** 50), tandis que la moyenne estivale est plus forte vers le 20^ degré de latitude (27° 50) que dans aucune autre région du inonde *. La haute température des continents oblige donc le système austral des vents à empiéter sur le système boréal.

Contre-alizés ou vents de retour.

Les masses aériennes amenées par les deux vents alizés ne peuvent point s'accumuler incessamment dans la région des calmes équatoriaux; elles se dilatent, s'élèvent à plusieurs kilomètres de hauteur, puis, après s'être mélangées et même partiellement croisées, elles se divisent de nouveau en deux grands courants de retour, qui s'écoulent en sens inverse dans les régions supérieures de l'atmosphère. Ainsi que l'affirmait, il y a bientôt deux siècles, le physicien Halley, qui donna le premier la théorie des vents alizés, il serait absolument impossible, si ces deux contre-courants atmosphériques n'existaient pas, que l'équilibré de l'air pût se rétablir à la surface

4. Dove, Verbreilung der IVàrme auf der Ober floche der. Erde.

2n L'ATMOSPHÈRE ET LES MÉTÉORES.

du globe ; ce que le souflle des alizés apporte vers l'équateur, H faut nécessairement que d'autres vents le ramènent vers les pAles. Le mouvement des gracieux nuages si déliés que l'on voit d'en bas dans les hauteurs de l'air voler en sens inverse des vents alizés, est une preuve incontestable de l'existence de ces courants supérieurs de retour *. D'ailleurs, deux grandes explosions volcaniques, souvent mentionnées par les savants, ont aussi fourni des témoignages frappants qui confirment la théorie de Halley d'une manière indubitable. Le 1" mai 1813. alors que le vent alizé du nord-est était dans toute sa force. d'énormes quantités de cendres obscurcirent l'atmosphère au-dessus de l'Ile de Barbadoes, et recouvrirent le sol d'une couche épaisse. D'où provenaient ces nuages de poussière? On eût pu supposer qu'ils provenaient des volcans des Açores, qui se trouvent au nord-est, et cependant ils avaient été vomis par le cratère du Morne-Garou , situé dans l'Ile de Sainl-

Pig. IM. — Nuage da cendm da Uorae-Oacou.

Vincent, à 200 kilomètres à l'ouest. 11 est donc certain que les cendres avaient été lancées par la force de l'éruption audessus de la nappe mouvante des vents alizés, dans un fleuve aérien marchant en sens contraire. De même, lors de la terrible éruption du volcan de Goseguina, dans l'Amérique cen-

4 . Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé les Volcans.

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