‹ La terreChapitre 183 sur 447 · Teneriffe, p. 474, 478, 332, etc · texte numérisé non relu

Teneriffe, p. 474, 478, 332, etc

de plus en plus vers Test, à cause de la courbure croissante de la terre dans le sens du pôle; d'après Mûhry, au contraire, la direction de ce vent serait exactement parallèle à celle du courant inférieur et se recourberait graduellement vers le nord, à cause de l'appel exercé dans les régions polaires par le vent qui descend vers Téquateur. Cette dernière théorie parait la plus probable; mais c'est à l'observation directe à décider d'une manière définitive *.

On pourrait croire au premier abord que le contre-courant supérieur se rend jusqu'au pôle en se maintenant dans les hautes régions de l'atmosphère et que, de son côté, le vent polaire, aux molécules rapprochées par le froid, glisse toujours à la surface du globe. C'est par exception qu'il en est ainsi. Dans une région assez indécise qui, pour l'Atlantique du Nord, oscille alternativement, suivant les saisons, du 2i^ au S5* degré de latitude, le vent de retour commence à descendre des hauteurs du ciel à la surface de la mer et vient se heurter contre les masses aériennes qui affluent du pôle vers les parages brûlants de l'équateur. La zone où se produit ce choc des vents est considérée comme la limite extérieure des vents alizés; mais c'est à tort qu'on lui donne le nom de zone des calmes tropicaux, car si l'équilibre complet de l'atmosphère y est plus fréquent que dans les régions limitrophes du Nord et du Sud, cependant les calmes n'y durent guère que pendant un jour sur deux ou trois semaines *. Pendant l'été de l'hémisphère boréal, alors que le soleil se trouve au zénith du tropique du Cancer, les contre-alizés peuvent d'ailleurs se faire sentir avec assez de régularité jusque vers la latitude du nord de l'Allemagne ou de Pétersbourg. En automne et enfin en hiver, le domaine de ces courants de retour se rétrécit sans cesse au nord et s'accroît vers le midi; Brest, puis Lisbonne sont ses limites extrêmes dans l'hémisphère septentrional, jusqu'à ce que le soleil reprenne sa marche vers le nord.

Pourquoi le courant supérieur descend-il ainsi du haut

4. Mittheilungen von Petermann, IX, 1866. 2* Lartigue; — Maury, Piloi Charts,

de l'atmosphère pendant la plus grande partie de l'année? Sans doute parce qu'il porte avec lui d'énormes quantités de vapeur d'eau qui le rendent plus lourd que l'air froid et sec venu des pôles. Grâce A sa température, il s'élève d'abord plus haut que

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les Cordillères, puis, graduellement refroidi, il s'abaisse sous le poids de l'humidité qui le sature, et lorsqu'il entre enfin dans la zone tempérée, il tombe à la surface de la terre avec ses nuages et ses pluies, et lutte pour la suprématie conlre le courant polaire. La dilTérence de froid spécifique entre les masses d'air opposées doit être très-minime, puisque les uns et les autres l'emportent tour à tour. Souvent le courant venu de la zone torride, reconnaissable d'en bas à ses traînées de cj'rn', ne peut atteindre la surface du sol et se maintient jusqu'au pâle dans les couches supérieures de l'atmosphère, tandis que le vent qui souffle de la zone glaciale forme un courant continu sur la rondeur du globe, du pôle à l'équateur; toutefois il faut considérer le vent du sud-ouest comme le vent dominant de la zone tempérée du nord, car il s'y fait sentir beaucoup plus fréquemment que le courant contraire, la proportion étant de près du double pour le premier entre

le 50* et le 55° degré de latitude *. On sait que les navires à Toiles mettaient autrefois quarante-six jours, en moyenne, pour se rendre d'Europe aux Etats-Unis, tandis que le voyage de retour, facilité d'ailleurs par la marche du Gulf-stream % s'accomplissait en vingt-trois jours; les vents du sud-ouest et de l'ouest, qui ne sont autre chose que le contre-courant des alizés, soufflent avec tant de régularité dans ces parages, qu'on

a pu donner le nom de « voyage de montée » aux traversées d'Europe en Amérique, et de « voyage de descente » aux courses qui s'opèrent en sens inverse. Des phénomènes correspondants se produisent dans l'hémisphère du sud : là, ce sont les vents du nord-ouest qui soufflent le plus fréquemment au delà des limites méridionales des alizés.

Ainsi les deux vents permanents qui sont aspirés vers l'équateur par la dilatation de l'air chaud ont chacun leur domaine propre, borné intérieurement par les calmes de la ligne équinoxiale, extérieurement par les vents irréguliers de la zone tempérée; toutefois ces limites oscillant incessamment de mois en mois et de saison en saison, on ne peut les indiquer d'une manière précise. Sur une carte générale des vents alizés, il suffit donc de tracer les frontières extrêmes de ces courants pour l'hiver et pour l'été \ En moyenne, l'espace sur lequel souffle le vent du nord-est dans l'Atlantique embrasse de 18 à 20 degrés de latitude, soit de 2,000 à 2,200 kilomètres en largeur; dans le Pacifique méridional, le domaine de l'alizé du sud-est ne serait pas moindre de 30 degrés ou 3,âOO kilomètres \

Entre les courants atmosphériques et les courants océaniques l'analogie est évidente. Le fleuve maritime qui se forme à la jonction des masses d'eau venues des deux mers polaires correspond à la zone éqiiinoxiale, où se rencontrent les vents alizés du nord-est et du sud-est. Obligées de s'étendre latéralement, en se maintenant sous le niveau commun du

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