‹ La terreChapitre 203 sur 447 · Audubon, Birds of Amenca · texte numérisé non relu

Audubon, Birds of Amenca

C'est principalemeDl sur les rivages des lies et des continents, là où la tempête, arrivant avec toute sa force initiale, n'a pas encore été retardée par les obstacles du sol, que les effets du météore sont le plus violents. C'est aussi là que, dans le désastre général, sont dévorées le plus grand nombre de vies humaines, puisque les navires se donnent précisément rendez-vous dans les ports et qu'en maints endroits des côtes il se trouve des terres basses, que les eaux brusquement refoulées peuvent noyer sur de vastes étendues. Cependant, lorsqu'un vent de cyclone vient se heurter aux montagnes d'une côte, il ne peut les dépasser, et les régions situées au delà restent complètement à l'abri. C'est ainsi qu'à l'Ile de la Réunion, l'ouragan ne frappe qu'un côté de l'Ile à la fois ; trop bas pour franchir les montagnes, il ne désole d'abord que les campagnes situées sur l'un des versants ; mais que dans sa marche à travers la mer, le vent double le promontoire qui l'arrêtait, et les ravages commencent aussitôt ^ Depuis Colomb, le premier Européen qui ait contemplé les ouragans des Antilles, des milliers de navires se sont engloutis ^>endant les tempêtes tournantes des mers tropicales, soit au' fond des ports et dfi& rades, aoit dans les mers qui baignent les côtes de l'Amérique, de la Chine, de l'Hindoustan, et les lies de l'océan Indien. Tel cyclone, comme celui de Calcutta en 186& ou de la Havane en i8/i6, a fracassé plus de 150 grands vaisseaux en quelques heures ; tel autre cataclysme du même genre, notamment celui qui passa sur le delta du Gange en octobre 1737, noya plus de 20,000 personnes dans les eaux débordées.

Au milieu de l'Océan, les dangers que courent les navires sont moindres qu'ils ne le sont dans les rades mal fermées des côtes ; mais les sensations éprouvées par les marins dolv^t être d'autant plus vives qu'ils sont complètement isolés, perdus dans l'eff^royable tourmente. Autour d'eux, le jour est sombre, plus sombre que la nuit, dirait-on, puisque le peu de lumière qui reste encore sert à faire voir les ténèbres. Les vents qui hurlent et qui sifflent, les flots qui s'entre-choquent, les mAts

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