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LA THÉORIE DES CYCLONES

fuir dans les hauteurs eu ciel. Vers le 50*^ degré de latitude au nord et au sud de Téquateur, les cyclones, à demi redressés, n'effleurent plus la terre que par les vents de leur pourtour inférieur. Ces vents sont les mêmes dans les deux hémisphères; ils soufflent également du nord-ouest, de l'ouest et du sud-ouest; mais de chaque côté la giration s'accomplit en sens inverse.

Piddington^ Redfield, Bridet, Lartigue et autres savants météorologistes ont tracé aux marins surpris par l'ouragan des règles de conduite générales qui, lorsqu'elles sont suivies à temps, peuvent sauver le navire menacé. Averti par le baromètre de rapproche du cyclone, le capitaine doit bien se garder de fuir à toute vitesse devant la tempête, dans la vaine espérance d'échapper au danger; en procédant de cette manière, ainsi que le lui conseillerait la terreur, il irait précisément se jeter au centre du tourbillon et livrer son navire à toute la fureur du vent et de la houle. Pour échapper à l'étreinte il doit manœuvrer de façon à se porter obliquement vers la circonféreiice du météore, aussi loin que possible de la partie centrale où le vent souffle dans toute sa violence. Malheureusement, quelles que soient la science du marin et sa connaissance des mers où il navigue, il lui est souvent bien difficile de savoir d'avance de quel côté vont l'aborder les vents et quelle est exactement l'orbite que suit à travers les mers le centre du cyclone; néanmoins, s'il hésite trop longtemps, il peut se trouver tout à coup dans le cercle fatal et se perdre avec son ^navire pour avoir manqué de l'audace nécessaire. Dans les hautes latitudes de l'Océan, il est plus facile de prendre une décision et d'échapper au cyclone, puisque la mer est ouverte dans la direction du pôle et que le marin n'a pas à craindre d'être complètement enfermé au milieu d'un cercle de tempêtes. C'est derrière lui que la partie inférieure de l'immense roue vient labourer les flots; devant lui, l'Océan est libre, ou du moins les vents qui en parcourent la surface sont produits par des causes locales et n'appartiennent pas au terrible météore. A de bien rares intervalles seulement, la partie supérieure du cyclone est rabattue sur la surface de l'eau par

de violents contre-courants atmosphériques venus des régions polaires. En treize années, les savants hollandais n*ont observé que deux cas de cette nature.

Ainsi les ouragans eux-mêmes, comme les autres manifestations de la vie du globe, ont une marche régulière et les mathématiciens peuvent essayer de calculer sur la rondeur terrestre l'orbite de ces effrayants météores. C'est en se conformant à des lois et en suivant des hélices tracées d'avance que les tempêtes tournantes se propagent de la zone équatoriale aux régions tempérées ; bien loin d'apporter, par lears violentes spirales, un trouble permanent dans l'air, elles ne se produisent au contraire que pour rétablir l'équilibre entre les ondes inégales de l'océan atmosphérique. Bien plus, elles aident aussi, conjointement avec les moussons et les contrealizés, à maintenir l'équilibre astronomique de la planète. Ainsi que le fait remarquer Dove, le frottement continuel des vents alizés, que la rotation terrestre fait dévier incessamment vers l'ouest, finirait sans aucun doute par retarder le mouvement du globe autour de son axe, si d'autres courants aériens marchant en sens inverse ne contre-balançaient les causes du retard et n'accéléraient de leur côté la rotation de la terre d'occident en orient. Aussi faible que soit le souffle du vent comparé à la force de projection qui fait tourbillonner la planète, il n'en contribue pas moins aux mouvements du globe et à ses rondes harmonieuses dans le concert des astres.

Remous des tempêtes. — Les trombes.

Les mouvements atmosphériques appelés tempêtes ou coups de vent par les marins diffèrent des cyclones par leur plus faible intensité, mais ils sont plus nombreux. Dans certains parages de l'Océan, notamment dans l'Atlantique du Nord, ils sont tellement fréquents que, pendant quelques mois de l'année, on peut s'attendre à une tempête une fois

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