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LA PLUIE SUR LES MONTAGNES

queToft aperçoit autour des sommets, se trouvaient dans l*air tiède à l'état de yaj^urs iuvisibles : c'est le froid contact des roches ou des neiges qui les a tout à coup révélées. La cime de la montagne annonce ainsi aux habitants des vallées que Tatmosphère est saturée de vapeurs, elle les avertit d'un changement prochain dans la température. Aussi les monts serventils constamment d'indicateurs météorologiques aux populations voisines, et dans chaque massif de hauteurs on regarde toujours vers l'un des grands pics pour voir s'il « met son chapeau n de nuages.

Les observations directes recueillies dans les diverses parties du monde ont démontré que, toutes choses égales d'ailleurs, la précipitation annuelle de l'eau de pluie est en raison de l'altitude du pays, du moins jusqu'à une certaine hauteur dans les montagnes \ D'après Keith Johnston, la moyenne des eaux pluviales pour les districts de plaines serait en Europe de 575 millimètres par année, et pour les districts montagneux de l",âOO : c'est à peu près la proportion que l'on observe en Alsace- Dans la vallée du Rhin, la quantité de pluie est en moyenne pendant l'année de 560 à 580 millimètres, tandis que sur les hautes Vosges elle est de 1,100 à 1,200 millimètres *• L'Alsace est donc sous ce rapport comme un résumé du contineut tout entier. Le Jura, arrêtant au passage les vents qui lui apportent les vapeurs puisées dans l'Océan, les force aussi à laisser tomber leur fardeau d'humidité. En traçant des hauteurs du Charolais aux monts du Jura une ligne transversale à la vallée de la Saône, M. Fournet a constaté que la précipitation annuelle s'accroit assez régulièrement avec les altitudes ; de 696 millimètres sur la rive droite de la Saône, elle augmente graduellement jusqu'aux murs parallèles du Jura; du côté de l'ouest, elle devient aussi plus forte avec les altitudes : par la hauteur du sol on peut ainsi deviner approximative* ment la quantité moyenne des pluies.

Sur le versant méridional des Cévennes, où les vents souf-

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