‹ La terreChapitre 234 sur 447 · Glaisher, Voyagez aériens, p · texte numérisé non relu

Glaisher, Voyagez aériens, p

abondaates tombent sur les pentes des montagnes. Poussées par le vent et sollicitées en outre par eette force d'attraction qui fait détier le fil à plomb dans le voisinage des hauteurs \ les masses humides se heurtent contre les rochers firmds dressés en travers de leur route et se fondent en eau; les ravins et les gorges s^emplissent, tandis que les nuées allégées reaKmtent les versants et franchissent la chaîne par les cols ouverts entre les sommets* C'est là un phénomène que l'on peut Sucilement observer du haut d'un promontoire avancé, alors ^oe des nuages de tempête roulent en tourbillons dans le ciel, en se portant vers des montagnes situées à leur hauteur. Même quand les plaines inférieures ne reçoivent pas une goutte de pluie, les flancs des monts sont inondés et les torrents se gonflent; arrivés en masses noirâtres ou cuivrées, que l'on dirait solides comme des roches ou du métal, les nuages disparaissent en légères vapeurs grisâtres; Icmgtemps après qu'ils sont passés, on voit encore des fumées transparentes accrochées aux broussailles et aux cimes des arbres : c'est la pluie surabondante qui s'évapore.

Parmi les causes qui déterminent une plus grande précipitation d'humidité sur les montagnes que sur les terres situées à leur base, il faut aussi compter la différence de température existant d'ordinaire entre les cimes et Tatmosphëre environnante. Pendant le jour, les pentes exposées à la chaleur du soleil se réchauffent plus que l'air ambiant, du moins par un temps calme; mais les ravins restent souvent beaucoup plus froids et par suite leur contact fait tomber la pluie en refroidissant soudain les couches atmosphériques. Pendant la nuit, et de tout temps, lorsque le vent souffle avec violence, les angles saillants des montagnes deviennent à leur tour beaucoup plus froids que les gorges abritées, et ce sont eux qui condensent les brouillards de l'air et en expriment les pluies. Que de fois, dans les pays de montagnes, alors que le ciel est parfaitement clair et bleu, ne voit-on pas les hautes cimes s'entourer de brumes ou fumer comme des volcans? Ces nues,

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