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LA PLUIE SUR LES MONTAGNES

billion des pluies en France, la chute annuelle dépasserait 1,800 millimètres. A Test dans la vallée du Rhône, que peuvent librement remonter les vents de la Méditerranée, la chute de la pluie est toujours beaucoup moindre et n'atteint nulle part 1 mètre par an.

Sur le flanc des Alpes tourné vers les plaines de Tltalie, on observe des phénomènes analogues. Les montagnes qui cernent au nord le golfe Adriatique reçoivent deux et même en certaines vallées trois fois plus de pluie que les plaines de Padoue et les lagunes de Venise ; mais en Europe, c'est principalement sur les côtes de TOcéan, là où les vents d'ouest et de sud-ouest apportent une si grande quantité de vapeurs, que l'action des montagnes ou même de simples chaînes de collines sur la précipitation de l'humidité se manifeste dans toute son importance géologique. A Lisbonne, la chute annuelle de l'eau de pluie est à peine de 700 millimètres, tandis qu'à Goïmbre, dans une vallée accidentée de l'intérieur, il tombe en moyenne â'°,/iâO d'eau, quantité supérieure à celle qui tombe dans la plupart des contrées tropicales. De même les petites montagnes de Westmoreland, placées en travers de l'espèce d'entonnoir que forme le canal d'Irlande, reçoivent jusqu'à 3™,850; dans les années exceptionnelles, cette énorme quantité d'eau de pluie est de beaucoup dépassée, et cependant Liverpool, située également au bord de la mer d'Irlande, ne reçoit, dans le même espace de temps, que 860 millimètres d'eau, soit de quatre à cinq fois moins. Quant aux côtes occidentales de la Norvège, qui se dressent abruptement hors de la mer, elles ne sont pas exposées à des pluies moins abondantes que les collines de Borrowdale et de Kendal, dans la Grande-Bretagne. A Bergen, la chute annuelle de pluie est de 2'",653 ; sans aucun doute, d'autres localités dont les Qords constituent de véritables entonnoirs où s'engoufl*re le vent du large, tout chargé des vapeurs du Gulf-stream, sont arrosées par une quantité d'eau pluviale plus considérable encore.

Suivant les années, la chute des eaux du ciel varie singulièrement dans les divers pays et les sécheresses succèdent aux périodes pluvieuses avec un désordre apparent. Ainsi, à Aiguës-

Mortes, il n'est «onfoé que 261 millimètres d*e»ii en 1867, tandis que le sol en avait reçu 1,067 ou quatre fois {dus, dix ans auparavant*. A Port-Louis, dans l'Ile Maurice, le mois de février 1861 a donné 1,170 millimètres, tranche liquide fias élevée que celle de l'année moyenne tout entière, qui était seulement de 960 millimètres*. Les contrées du monde où la pluie tombe en plus grande abondance sont probablement les côtes de Malabar, celles d'Ârrakan et les premières pentes de l'Himalaya • Là tout se trouve réuni pour que la quantité d'eaa soit très- abondante pendant la sai^n pluvieuse : chaleurs tropicales, énorme bassin d'évaporation, hauteur et direction des remparts de montagnes qui retiennent les nuages. L'océan Indien, immense cuve dans laquelle tounKMient incessamment les eaux, et dont l'évaporation superficielle est en moyeme plus active que celle de toutes les autres mers du m(mde, alimente sans relâche des nuages que la mousson porte tantAt vers les côtes de l'Afrique, tantôt vers celles de l'Asie. Là, les montagnes, placées directement en travei's du courant aérien. le forcent à s'élever sur leurs pentes et à se mêler ainsi à des couches atmosphériques plus froides; il «en résulte un véritable déluge : les masses noires, chargées de pluie, laissent tomber leur énorme fardeau, les vallées sont inondées et les torrents se changent en fleuves.

A Mahabalechvar, lieu de plaisance des Anglais du Malabar, situé à 1,300 mètres d'altitude sur le versant occidental des Gh&tes, la moyenne annuelle de la pluie, établie pour une période de plus de vingt années, est, d'après Schlagiatweit, de 6"", 18. A Cherra-Ponjee, qui se trouve également à 1,360 mètres, sur les monts Garrows, au sud de la vallée du Brahmapoutrah, et où les jours de pluie se suivent quelquefois sans interruption pendant trois mois et demi, la quantité d'eau versée annuellement par les nuages est beaucoup plus forte* : elle est de 15",75, c'est-à-dire que pendant douze mois il y

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