B. Schiaginlweil, Reise in Indien, ^"^ vol
aurait fallu dix jours et demi pour que cette eau pût s'écouler par un orifice d'un kilomètre de large et de 20 mètres de profondeur, avec une vitesse d'un mètre par seconde K
Nulle part sans doute, dans les autres régions de la zone torride, la précipitation des pluies n'est aussi considérable. Sur les pentes du Kilimand'jdaro , il pleut presque tous les jours pendant dix mois; mais le voyageur von der Decken, qui fut le premier à constater ce fait météorologique, n'a pu savoir si les pluies y tombent avec autant d'abondance qu'en Hindoustan. Cluny, la localité de l'Ile Maurice, dans la mer des Indes, où l'on a observé la plus grande chute annuelle de pluie, en reçoit 3'",61 seulement, et dans les années très-pluvieuses jusqu'à 5 mètres, et pourtant elle est située à 300 mètres, dans une vallée de montagnes où viennent frapper les moussons humides *• Le long du golfe de Guinée, les moussons entraînés vers le continent, ne rencontrant guère de montagnes qui leur fassent obstacle, vont porter leurs pluies au loin dans l'intérieur de l'Afrique. Les Antilles n'ont pas assez de largeur pour empêcher les vents et les nuages d'obliquer à droite et à gauche, et les plus fortes quantités annuelles de pluie que l'on y ait constatées dans les hautes gorges de montagnes n'atteignent pas 10 mètres, 5 mètres de moins qu'à Cherra-Ponjee. Sur les côtes de la Colombie, la chaîne des Andes, relativement peu élevée, et çà et là interrompue par de larges vallées, se présente obliquement à la direction des vents alizés, mais dans l'entonnoir du golfe d'Uraba et sur les forêts presque impénétrables de la province de Ghoco, les pluies tombent en quantités énormes, qui sont probablement à peine inférieures à celles de l'Himalaya. C'est à cette grande précipitation d'humidité que l'Âtrato, fleuve relativement insignifiant par la longueur de son cours, doit de rouler une quantité d'eau plus considérable en moyenne que celle des plus puissants fleuves d'Europe'. D'après Maury*, uD
4. Sonrel, Annuaire de la Société météorologique, tome XVI, p. 166. %, Meldnim, Report of the British association for 4867.
3. Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé les Riméres.