RÉPARTITION DES PLUIES DAKS L8 DISTRICT DES LACS DE CUMBEKLAKD
plaines est un fait général sur toute la terre : on l'observe dans les Indes comme en Europe, en Patagonie comme dans les Antilles. Toutefois il ne faut point en conclure que la précipitation de l'humidité augmente d'une manière indéflnie en raison de la hauteur des montagnes, et que les cimes reçoivent toujours sous forme de neige ou de pluie la plus forte quantité d'eau. Au contraire, il est certain qu'au-dessus de la zone où planent ordinairement les nuages les plus épais, la pluie diminue par degrés. M. John Philipps a établi ce fait pour le dis-
trict du Scawfell, dans la région lacustre du nord de l'Angleterre ^ ; mais, dans la plupart des contrées du monde, le manque d'observations précises empêche d'indiquer l'altitude moyenne de la zone de plus grande précipitation, et par conséquent l'on ne peut encore déterminer les lois de la répartition des pluies dans le sens vertical. Des recl^^hes faites avec méthode sur les mouvements des nuages fourniront peu à peu les éléments nécessaires et permettront de désigner sur chaque versant de montagne l'endroit où tous les ans h plus forte quantité de vapeur doit se transformer en eau.
Dans les Alpes de la Suisse, cette zone de plus grande précipitation est assez élevée, car le volume total d'eau de neige et de pluie qui tombe annuellement au col du grand Saint-Bernard dépasse de plus de 1 mètre celle que Ton recueille à Genève au pied des montagnes; en bas, elle est de 825 millimètres seulement, tandis que sur le col neigeux elle est en moyenne de 1",990. Quant aux versants des monts que ne viennent point frapper les vents pluvieux, et aux plateaux qu'entourent des rebords élevés, ils ne reçoivent en général qu'une très-faible proportion de pluie, et nombre d'entre eux sont, par suite du manque d'eau, transformés en de véritables déserts * ; les cimes qui se dressent en travers des courants atmosphériques arrêtent les nuages en route et ne laissent passer que des vents allégés de leurs vapeurs. Ainsi, tandis que chaque vallée des Pyrénées cautabres roule une rivière assez considérable, d'où le nom basque des Asturies, qui signifie « Pays des Torrents », les plateaux de Castille, défendus au nord contre les courants pluvieux venus du golfe de Gascogne, ne sont parcourus que par de maigres ruisseaux; plus au sud encore, les plaines de la Manche, abritées par de nombreuses rangées parallèles, monls de Guadarrama, de Tolède, de Gredos, sont presque entièrement sans eau, et le Guadiana, malgré la longueur de son cours, n'est qu'une rivière peu importante. Il en est de même
4. Report of Ihe thirly eiglh meeting of the British association^ 1869. î. Voir, ci-dessous,* page 399.