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Hermann Schlagintweit

3. Federico Aguilar, Memoria sobre los movimienlos de la brujula en Qtàlo,

LES LIGNES ISOGONES ET ISOCLINES. 441

qu'elle atteint sa plus grande déclinaison vers Touest : pour revenir à son point de départ, elle emploie les trois quarts de l'année. En Amérique, la marche est différente, ce qui provient sans doute de la différence de déclinaison. Quîint à l'amplitude totale des variations annuelles, elle offre une grande irrégularité : à Paris, elle a été, en 178/|, d'environ 20 minutes.

Les variations diurnes, soupçonnées déjà par Tachard à Siam, et réellement découvertes en 1722 par Graham, à Londres, diffèrent aussi d'allures sur tous les points de la terre; en France, où l'amplitude observée oscille entre 5 et 25 minutes, l'aiguille se dirige de l'est à l'ouest entre huit heures du matin et une heure de l'après-midi; puis elle retourne dans la direction de l'est, et vers dix heures elle occupe à peu près la même position que le matin. Dans les contrées voisines du pôle boréal, l'amplitude des variations diurnes est généralement plus forte que dans la zone tempérée; dans les régions torrides, au contraire, ces variations sont plus faibles, tandis que dans les terres australes les mouvements diurnes deviennent de plus en plus considérables vers le sud. Comme ils se produisent en ordre inverse de ceux que l'on observe dans le nord, il est probable que les deux hémisphères à variations opposées sont séparés l'un de l'autre par une ligne où la boussole se maintient immobile; cependant on n'a point encore découvert d'une manière certaine cet équateur sans variations, qui semble ne point devoir concorder avec l'équateur magnétique.

De même que l'on a tracé sur le globe des lignes isogones pour indiquer la déclinaison de la boussole aux diverses années, de même on signale par des isoclines, se succédant de chaque côté de l'équateur magnétique, les parties de la terre où l'aiguille aimantée se penche vers le sol d'un même nombre de degrés. Ces lignes isoclines sont en général plus régulières dans leurs courbes que les lignes isogones; mais elles s'infléchissent également sous l'influence des formes continentale^. C'est principalement dans l'hémisphère du nord que se fait sentir cette influence. Ainsi l'isocline de 50 degrés longe les rivages de l'Amérique centrale, puis, après avoir traversé le

kk^ L'ATMOSPHÈRE ET LES MÉTÉORES.

bassin de l'Atlantique, parcourt obliquement les dépressions du Sahara, de la Méditerranée orientale, de la Caspienne, et contourne au nord les grandes montagnes du Thibet. La ligne isocline de 70 degrés se développe au large des rivages occidentaux de TÂmérique du Nord, de la péninsule d'Aliaskaanx côtes de TOrégon, tandis que dans Tancien monde elle suit la dépression formée par la Manche, la mer du Nord, la Baltique et le golfe de Finlande. Enfin la ligne de 80 degrés suit à distance les rivages polaires de TAmérique, pour longer ensuite les côtes orientales du Labrador et du Groenland, et se replier en une immense courbe autour de la Scandinavie. Gomme tous les autres phénomènes magnétiques, l'inclinaison subit aussi des variations incessantes, périodiques et accidentelles , mais ces variations ont été moins bien étudiées que celles de la déclinaison. A Paris, l'aiguille est de moins en moins inclinée depuis 1671; elle était aJors penchée de 75 degrés, tandis qu'en 1869 elle Tétait seulement de âS^'ôS; la diminution annuelle a donc été d'un peu moins de 3 minutes : les observations faites à Londres et dans plusieurs autres villes de l'Europe occidentale conduisent au même résultat. Quant aux variations mensuelles, elles sont relativement moins fortes que celles de la déclinaison; c'est en été qu'elles ont la plus grande amplitude.

Les lignes isodynamiqaeSy c'est-à-dire celles qui réunissent les points de la terre où les mouvements de l'aiguille aimantée ont une égale intensité, ressemblent dans la plupart de leurs courbes aux lignes isoclines; cependant elles ne coïncident point avec elles. L'équateur dynamique, ligne où l'intensité du magnétisme terrestre se manifeste avec le moins de force, s'infléchit aussi dans l'hémisphère méridional, pour traverser le Pérou et le Brésil, non loin de Rio-de-Janeiro, puis il remonte obliquement par le continent africain vers les péninsules méridionales de l'Asie et l'archipel de la Sonde : sur cet équateur, c'est dans l'Atlantique, au large des côtes brésiliennes, que les mouvements de l'aiguille ont le plus de lenteur. De chaque côté de la ligne de moindre force, l'intensité magnétique s'accroît vers le nord et vers le sud, mais d'une manière

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