LES CLIMATS DANS LES DEUX HÉMISPHÈRES
climats entre rhémisphère continental et l'hémisphère maritime est de nature astronomique, et doit être cherchée dans la différence de durée que présentent les deux moitiés de l'orbite planétaire. Le printemps et l'été des régions boréales est plus long que les saisons correspondantes des contrées australes. Il est vrai que, pendant la saison chaude de l'hémisphère du nord, la terre se trouve plus éloignée du soleil, et qu'elle s'en rapproche pendant la période qui, pour l'Europe et l'Asie, est celle de l'automne et de l'hiver. Une compensation pourrait donc se produire dans les deux hémisphères pour la quantité totale de chaleur reçue; mais par suite de l'inclinaison delà planète sur son axe, il se trouve en outre que le nombre des heures de jour est actuellement plus considérable que celui des heures de nuit au nord de l'équateur, tandis qu'au sud ce sont les heures de nuit qui sont les plus nombreuses. 11 en résulte que les terres boréales reçoivent plus de chaleur pendant la durée des jours qu'elles n'en perdent par le rayonnement durant toutes leurs nuits, et que le phénomène inverse se produit dans les régions australes ^ La résultante définitive de tous ces contrastes entre les deux hémisphères n'est point encore établie* d'une manière certaine, mais il n'est pas douteux qu'elle ne constitue une différence, soit périodique, soit permanente, entre les climats généraux des deux moitiés de la terre. D'après Dove, la température moyenne serait de 26'*,6 au dixième degré de la latitude nord, et seulement de 25%5 à la latitude correspondante de l'hémisphère austral; au vingtième degré, les moyennes seraient respectivement de 25%25 et de 23%37; au trentième et au quarantième degrés des deux hémisphères, il y aurait encore une légère différence à l'avantage des températures boréales. Suivant Duperrey, il y aurait un écart d'environ 1 degré dans la température moyenne des deux moitiés de la terre.
Parmi les causes secondaires qui doivent avoir pour résultat de rendre le climat de l'hémisphère boréal un peu plus chaud que celui de l'hémisphère austral, il faut ranger la dis-
. Voir, dans le premier volume, le chapitre intitulé la.Terre dans V Espace.
tribution des pluies. Considérées d'une manière générale, les mers du sud sont Faire d'évaporation, les continents du nord sont Faire de précipitation. Quand Feau de FOcéan se transforme en vapeur, une grande quantité de calorique devient latente et s'envole avec les nuages dont elle dilate les molécules; avec eux elle traverse Féquaieur et se laisse entraîner par les contre-alizés; puis, quand ceux-ci s'abattent sur les régions tempérées de l'Europe et de l'Amérique du Nord, les nuées descendent aussi pour se résoudre en neige ou en pluie; en même temps la chaleur latente, emmagasinée dans les vapeurs depuis l'océan Pacifique ou la mer des Indes se dégage et radoucit la température de l'air où elle redevient libre. Ainsi, par le fait même de leur existence, les continents de l'hémisphère boréal attirent à eux la chaleur et l'humidité nécessaires au développement de leur population d'animaux et de plantes ; mais ils éprouvent aussi des extrêmes de température plus considérables que ceux de l'hémisphère du sud, où l'immense étendue des océans modère les grands froids et les fortes chaleurs.
S'il y a contraste de température entre le nord et le midi du monde, l'opposition n'est pas moins marquée entre l'est et l'ouest des continents. A égale latitude, les côtes de la Californie et de FOrégon jouissent d'un climat beaucoup plus doux que ne l'est celui du Japon, de la Mantchourie et de Nicolajewsk; quant à l'Europe occidentale, son atmosphère est aussi tempérée que l'est celle des côtes orientales de l'Amérique du Nord, à 20 degrés de latitude plus près de Féquateur.
Les causes qui adoucissent ainsi le climat des rivages occidentaux dans les deux grandes masses continentales du nord sont dues, cela ne fait Fobjet aucun doute, aux courants atmosphériques et maritimes. Tandis que les vents polaires prédominent en Amérique sur les côtes du Labrador, du Canada, du Maine, et sur celles de la Sibérie dans Fancien monde, les vents équatoriaux soufflent plus fréquemment sur les rivages opposés*. En outre, des courants tièdes coulent dans