LES CLIMATS DANS LES DEUX HÉMISPHÈRES
TAtlantique et le Pacifique boréal au-dessous de ces vents du sud-ouest, et les deux courants superposés dégagent constamment leurs effluves de chaleur sur les terres qu'ils baignent de leurs ondes. L'Europe surtout est favorisée sous ce rapport : non-seulement elle est réchauffée à l'ouest par les courants d'eau et les contre-alizés venus de l'équateur; mais, grâce au large espace libre de terres dans lequel les tièdes flots des mers tropicales peuvent s'étaler au nord du continent, elle est moins refroidie par les vents polaires que ne l'est l'Amérique boréale, aux mers obstruées d'îles neigeuses. Tandis que le Labrador et la terre de Hudson ont un sol gelé jusque dans ses profondeurs, l'Europe septentrionale projette ses îles et ses péninsules dans une eau sans cesse renouvelée par les tièdes courants du midi, et ses mers intérieures s'ouvrent comme autant de réservoirs pour maintenir au centre du continent une température égale à celle du pourtour. Ce n'est pas tout : immédiatement au sud de la Mauritanie s'étend l'immense fournaise du Sahara qui réchauffe de ses vents les contrées de l'Europe et TAsie orientale. Ainsi, sous le rapport du climat, les contrées européennes jouissent d'un privilège spécial. Le nord, l'ouest et le midi se chargent d'en élever la température moyenne, et pendant l'été toutes les mers environnantes emmagasinent de la chaleur pour l'exhaler graduellement pendant l'hiver. L'est seul envoie parfois ses vents secs, très-chauds en été, glacés en hiver; mais les monts Scandinaves, les Sudètes, les Carpathes et les Alpes se dressent comme des barrières au travers de ces vents et en garantissent l'Europe occidentale. On peut se faire une idée de l'influence des vents sur les climats de la France et de l'Angleterre par la figure de la page suivante : tandis que les vents du nord-est, assez rares, élèvent la température estivale 4® Paris, et dépriment celle de l'hiver presque jusqu'au point de glace, les vents du sud-ouest égalisent le climat, apportant la fraîcheur pendant la saison chaude, la chaleur pendant la saison froide. En moyenne, ainsi que l'a démontré M. Renou, les courants atmosphériques les plus chauds et les courants les plus froids sont ceux qui des régions équatoriales et des régions polaires soufflent perpendiculai-
rement aux lignes isothermiques ou d'égale température ^ Un autre grand contraste des climats est celui que présentent les rivages de la mer et les régions situées sous la même latitude, à l'intérieur des continents. Par suite du mélange incessant des eaux qui s'opère dans son bassin, la mer égalise les températures; dans les parages rapprochés des glaces, elle rouie des eaux tièdes venues de l'équateur ; sous les tropiques, elle reçoit l'afflux des courants polaires; le grand tournoiement de ses flots apporte la fraîcheur sous les zones brûlantes et ramène une douce température dans la région des neiges. Grâce à sa mobilité^ la mer n'a pas de degrés de latitude pour ainsi dire, elle mêle les climats, atténue sur les rivages qu'elle baigne les extrêmes de chaleur et de froid.
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Pig. 155. — Variation de la température i Paris saiyant les différents vents;
d'après MahUnann et Lalanne.
maintient dans la marche des saisons une allure beaucoup plus doucement graduée qu'elle ne l'est sur les terres éloignées de l'Océan. De contrées qui subiraient un froid polaire, si elles n'étaient situées au bord des flots, la mer fait des parties de la zone tempérée; elle change l'hiver en une suitp de l'automne; elle prolonge le printemps jusqu'en été. Les froids rigoureux et les chaleurs accablantes que l'on subit dans l'intérieur des continents sont complètement inconnus en pleine mer ; aucun voyageur n'a encore observé de température océanique supé-