LA TEMPÉRATURE DE LA MER
les gradations naturelles de la température. Ainsi Teau n'est pas très-froide dans les profondeurs de la Méditerranée et n'offre que de très-faibles oscillations thermométriques; de 180 à 500 mètres au-dessous de la surface, la masse liquide a déjà d'une manière permanente la température moyenne qu'elle garde pendant toute l'année et qui paraît correspondre avec la température moyenne annuelle des terres voisines, soumises à tous les changements brusques de la chaleur et du froid \ Tandis qu'en été les nappes superficielles ont environ 23 degrés centigrades, les couches liquides comprises entre 500 mètres et le fond même de la Méditerranée se trouvent à 15 degrés, ce qui est à peu près la moyenne annuelle pour les pays riverains. Dans l'Archipel, dont les eaux profondçs sont plus froides, probablement à cause du courant sorti de la mer Noire, la température de la surface est en été de 25 à 26 degrés, tandis qu'à 180 mètres à peine elle est seulement de 12 à 13 degrés. La Méditerranée se partageant en bassins distincts séparés les uns des autres par des seuils intermédiaires qui sont situés précisément de 180 à 500 mètres audessous de la surface, il résulte que les variations de température produites par les mouvements des courants et des contrecourants s'arrêtent à la hauteur des seuils : l'eau de chaque bassin, relativement tranquille, se maintient ainsi d'une manière presque constante dans le même état thermométrique ^
Formation des glaces. — Glaçons, banquises et montagnes de glace. Glaces de la Baltique et de la mer Noire.
Dans les mers polaires, l'abaissement de la température a pour conséquence la formation des glacesl Pendant les longs
4. Voir, ci-dessoas, le chapitre intitulé les Climats. 2. Spralt, Nautical Magazine, janv. 4860.
hivers de ces froides régions, Teau tranquille des baies et des golfes se congèle sur le pourtour des côtes, et la masse cristalline, gagnant incessamment sur les mers, finit par s'étendre au large jusqu'à de très-grandes distances. C'est la « glace de terre ». La surface marine disparaît, comme celle des lacs, sous une couche solide; mais le mode de formation de la croûte glacée diffère ; car, dans les fleuves et les bassins d'eau douce, les cristaux se montrent d'abord presque toujours à la superficie, et dans les mers qui n'ont pas une grande profondeur, c'est généralement sur le lit même que la masse liquide se congèle.
En eifet, les eaux salées n'ont point, comme les eaux pures, leur plus gr/inde densité à ia température de 4 degrés centigrades; mais elles deviennent de plus en plus pesantes à mesure qu'elles se refroidissent. Les couches liquides les plus froides étant aussi les plus lourdes, descendent verticalement vers le fond pour y remplacer des couches plus légères et d'une température moins basse. Tandis que dans les rivières les eaux qui s'abaissent vers le fond ont une chaleur normale de 4 degrés, supérieure au point de congélation, l'eau marine qui tombe vers les profondeurs peut avoir été refroidie jusqu'à zéro ou même à plusieurs degrés au-dessous ; lorsque la masse n'est point agitée, elle reste liquide, puis sous un ébranlement quelconque elle se prend subitement. Parfois, au commencement de l'hiver, les marins et les pêcheurs de la Baltique et des côtes occidentales de la Norvège se voient tout à coup environnés de glaçons, qui s'élèvent du lit de la mer et dont les plaques contiennent encore des fragments de fucus. L'apparition se produit d'une manière tellement rapide que souvent les bateaux courent le risque d'être écrasés entre les masses solides qui s'entassent autour d'eux, et l'équipage se trouve en danger. Au large des côtes rocheuses du Groenland, du Labrador, du Spitzberg, ces glaces de fond soulèvent fréquemment de grosses pierres arrachées des écueils \
En plein Océan, des glaces se forment aussi à la tempé-