Charles Martins, Du Spitzberg au Sahara, p
Zt86 LA VIE.
Sur le nombre déjà si considérable des espèces classées, la plus grande partie, soit environ les deux tiers, se compose de phanérogames dicotylédonées , c'est-à-dire de plantes à (leurs apparentes et germant du sol avec deux feuilles primordiales au moins : ce sont les espèces les plus élevées de la série végétale. Du tiers qui reste dans Tensemble de la végétation terrestre, une moitié environ consiste en monocotylédonées, c'est-à-dire en plantes qui ont aussi des fleurs apparentes, mais qui naissent avec une seule feuille priipordiale ; tels sont les palmiers, les graminées, les joncs et les carex. En6n, le dernier sixième comprend les acotylédonées ou cryptogames, c'est-à-dire les plantes à fleurs cachées ou nulles : fougères, champignons, mousses/ algues et autres familles de plaates qui germent sans feuille primordiale et qui, par suite de leur organisation rudimentaire, occupent la dernière place parmi les êtres vivants. D'ailleurs, les proportions entre les trois grandes classes d'espèces végétales varient dans les divers pays du monde. La grande loi générale, déjà reconnue par Humboldt et pleinement mise en lumière par M. Alphonse de Candolle, est que la proportion des dicotylédonées s'accroît graduellement des pôles vers l'équateur, tandis que les monocotylédonées et les cryptogames deviennent relativement plus nombreux en se rapprochant des pôles. Ainsi la chaleur du climat est favorable aux dicotylédonées ; mais l'humidité froide leur est contraire, et dans tous les pays où les pluies sont trèsabondantes, le nombre proportionnel des monocotylédonées se trouve accru ^
Une question plus importante encore pour l'homme est celle de savoir quelle étendue relative occupent, à la surface de la terre, les espaces absolument stériles, les régions herbeuses et les forêts de grands arbres. Les districts tout à fait dépourvus de plantes sont fort peu nombreux : les déserts et jusqu'aux dunes mobiles ont leurs flores spéciales, et même les parois abruptes des rochers sont revêtues en maints endroits d'une écorce de lichens. Ainsi, pendant la saison des
4. Alph. de Candolle, Géographie botanique rationnée, 2* vol., p. 476 elsuiv.
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