‹ La terreChapitre 299 sur 447 · Friedrich Welwilsch, Autland, n*46, 186S · texte numérisé non relu

Friedrich Welwilsch, Autland, n*46, 186S

hii LA VIE.

nité; si Ton donne à l'ensemble des forêts une surface égale i celle du quart ou du cinquième des terres, il ne s'agit 14 que d'une simple approximation très-hasardée. Les botanistes se sont bornés à tracer au nord des continents la limite que les froids polaires opposent à la végétation des arbres. Cette limite se trouve en Scandinavie entre le 70' et le 71* degré de latitude, que ne dépassent point les bouleaux ; en Sibérie, les mélèzes, qui sont les arbres les plus hardis de la contrée, s'avancent jusqu'au 68* degré ; dans l'Amérique du Nord, les sapins croissent, sur les rives du Copper-Mine, jusqu'aux latitudes de 68 et de 69 degrés, et, dans le Labrador, jusqu'à celle de 68 degrés. Au sud de cette frontière des espèces arborescentes, aucune contrée n'est absolument dépourvue d'arbres, et même les extrémités méridionales des continents qui s'avancent dans la direction du pôle antarctique ont des forêts étendues.

Certaines surfaces boisées des pays inhabités n'ont pas moins de plusieurs centaines de mille kilomètres carrés en un seul tenant. Jadis aussi, la plupart des régions habitées par l'homme civilisé portaient de très-vastes forêts que la hache et le feu ont depuis fortement éclaircies. La Gaule était couverte d'arbres, de l'Océan à la Méditerranée, et les campagnes cultivées étaient de simples clairières, comme celles du pionnier américain dans les solitudes du Michigan : les Vosges, la chaîne de montagnes française qui est encore boisée sur la plus grande partie de son étendue, étaient une « forêt Noire, » comme le système de montagnes correspondant, qui s'élève de l'autre côté de la vallée du Rhin. En Germanie, la grande forêt Hercynienne avait, d'après le témoignage des auteurs romains, une longueur de soixante jours de marche ; mais il n'en reste maintenant que des fragments épars sur les flancs des montagnes. La Scandinavie, la Transylvanie, la Pologne, la Russie, offrent encore de très-vastes étendues boisées, évaluées, dans quelques districts, aux neuf dixièmes de la surface; les villes, les villages n'y occupent que de simples clairières. Mais là aussi l'œuvre de défrichement s'accomplit avec une grande rapidité.

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