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LES BARRIÈRES DE CORAIL

Un isthme d'écueils, large de 200 kilomètres, unit ainsi le continent australien et la grande île de la Nouvelle-Guinée.

Dans Tocéan Atlantique, les seules constructions importantes des coraux longent les côtes du Brésil, entre les récifs des Abrolhos et le cap Saint-Roch, frangent les Bahama et bordent quelques rivages de la mer des Caraïbes. La péninsule de la Floride, terre marécageuse qui n'a pour toutes collines que des monticules de sable élevés par le vent, est composée en entier de débris de coraux et de sable calcaire. L'énorme territoire, qui n'a pas moins de 80,000 kilomètres carrés jusqu'aux premiers renflements des hauteurs continentales, est rœuvre des polypes. Prenant pour fondement de leurs édifices une longue flèche sablonneuse qui s'était probablement formée entre les eaux du Gulf-stream et celles de la haute mer, les animalcules ont construit leurs assises jusqu'à fleur d'eau, puis les vagues ont démoli tous ces récifs, les ont réduits en sable et les ont cimentés en une masse solide avec tous les débris rejetés par la mer*. Il est vrai que pour l'œuvre immense les coraux ont pris leur temps. D'après l'Américain Hunt, la période nécessaire apx polypes pour élever de l'est à l'ouest les bancs de la Floride a duré au moins 864,000 années, et pour le développement de la péninsule dans le sens du nord au sud, le temps indispensable n'a certainement pas été moindre de 5,400,000 ans *. Actuellement la Floride a cessé de s'accroître à l'est, car de ce côté, sa rive est longée par les eaux profondes du Gulf-stream, et les polyj^es, qui travaillent seulement dans les couches superficielles de la mer, ne pourraient y enraciner leurs constructions. La presqu'île n'augmente en étendue que sur les rivages occidentaux et du côté du sud. La zone d'activité pour les bâtisseurs s'étend sur une largeur qui n'est pas moindre de 30 kilomètres en certains endroits et qui descend jusqu'à la profondeur de 18 mètres. Autour de cette première zone s'en arrondit une autre plus profonde où travaillent surtout des vers et des mollusques;

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