LES ILES DE CORAIL
ne montrait pas que ces Ilots sont tout simplement les saillies émergées d'un atoll sous-marin. Comme exemple de cette formation, on peut citer l'archipel de Brown (fig. 181). Enfin, certaines lies de corail, celles d'une partie de l'archipel de Kingsmill notamment, ont des formes presque régulières de triangles et de carrés. 11 est difficile d'expliquer cette bizarre disposition, qui provient sans doute du conflit des courants océaniques.
En comparant à plusieurs reprises la hauteur exacte des bancs de coraux qui frangent la base des forts bâtis sur les écueils des côtes de la Floride, Agassiz a trouvé que la croissance moyenne doit en être évaluée à 20 ou 30 centimètres par siècle. Ainsi les travaux des madrépores s'opèrent avec lenteur, et de très-petits changements dans la distribution relative des terres et des mers mettent une longue série de siècles à s'accomplir; néanmoins ces populations innombrables d'animalcules construisant sans relâche leurs édifices calcaires sont de la plus grande importance dans l'histoire géologique du monde. Elles sont à l'œuvre sur presque tous les bas-fonds et les rivages de la mer Rouge, de l'océan Indien et du Pacifique, c'est-à-dire sur un développement total de côtes de plusieurs centaines de mille kilomètres. Ce n'est donc point par une simple figure de langage que les géographes désignent les coraux comme des bâtisseurs de continents futurs. Entre l'Australie et la Nouvelle-Guinée, dans cette partie de l'Océan qui a reçu tout spécialement le nom de « mer de Corail », les innombrables myriades associées ne travaillent à rien moins qu'à reconstruire l'ancienne partie du monde qui, dans l'hémisphère du sud, faisait autrefois équilibre à la puissante masse de l'Asie. La ligne continue de récifs qui s'étend au large des côtes de Queensland et de la péninsule du cap York n'a pas moins de 1,500 kilomètres de longueur; vers l'entrée du détroit de Torres, ce mur de corail, bien nommé la Grande- Barrière, s'est changé en une véritable digue, dont les habiles marins connaissent seuls les ouvertures. Sur un espace de 500 kilomètres environ, l'accès du rivage de l'Australie et du détroit de Torres est complètement défendu par ce sinueux
rempart de roches madréporiques, et par- delà cet obstacle, les navires qui se dirigent vers les Iles de la Sonde ont encore
OUOE ET SBl
de nombreux récifs à doubler, et tout un dédale d'étroits chenaux à suivre avec précaution avant d'entrer dans la mer libre.
La Terre II