LA SITUATION DES VILLES
lantôt négligés, et des éléments inutiles ou bien de la plus haute importance dans l'histoire. La Californie, terre presque inconnue il y a une vingtaine d'années, est devenue, à cause de ses mines d'or, l'un des grands centres d'activité à la surface du globe.
Même le relief et la disposition générale des contrées peuvent être successivement utiles ou désavantageux suivant les diverses époques de la vie des nations. Ainsi les populations barbares qui nous ont précédés sur le sol de la Gaule et des autres pays d'Europe, se réfugiaient dans les cavernes des rochers ou construisaient leurs cabanes sur des pilotis plantés au milieu des lacs. Plus tard, quand la guerre continuelle d'embuscades et de massacres entre tribus voisines eut fait place à un état social un peu moins troublé, les troglodytes descendirent les uns après les autres de leurs sombres grottes; les lacustres quittèrent leurs perchoirs insalubres pour aller vivre sur le sol ferme, à l'ombre des grands arbres; l'eau des lacs, qui jadis les avait protégés contre toute attaque, était devenue pour eux un danger en les isolant de la terre, où ils trouvaient leurs moyens d'existence. Pendant les terribles âges de fer de la vie féodale, les seigneurs, dressant leurs nids de vautour au sommet de quelque rocher inexpugnable, groupaient les humbles cabanes des manants au pied de leurs superbes murailles; mais les villes elles-mêmes, aussi bien que les châteaux, se retranchaient sur les crêtes des promontoires d'un , accès difficile. Alors le soin primordial étant celui de la défense, chaque centre d'habitations se plaçait à la cime d'un pic isolé, s'entourait de -murs et se hérissait de tours. Dans le midi de la France, en Espagne, sur les côtes de la Ligurie, en Toscane, en Sicile, presque tous les anciens villages sont ainsi perchés sur des hauteurs, et d'en bas leurs murs croulants semblent être de bizarres escarpements du rocher: les maisons appuyées sur le rempart extérieur n'ont pour fenêtres que les étroites meurtrières de défense; les constructions des angles sont des tours crénelées, munies de herses et percées de mâchicoulis; l'église, bâtie au point
culmiiiaDt, est en même temps la citadelle du village. Mais dans les temps modernes, le premier besoin est celui du travail; aussi les habitants abandonnent-ils successivement leurs aires d'oiseaux de proie, et vont-ils se loger sur le rivage de la mer, ou bien au bord des fleuves ou des roates qui passent dans la plaine. Semblables à ces animaux mariDs qui délaissent une coquille devenue trop incommode, ils sortent de leurs pittoresques donjons et se bfttisseDt des demeures, moins belles peut être comme détail du paysage, mais toujours beaucoup plus saines et plus confortables.
Même dans les contrées les moins civilisées de l'Europe, toutes les villes dévalent de leurs hautes cimes escarpées pour
MONTE SAN-QIULIANO.
aller s'établir à proximité de la plage. Ce mouvement de descente a commencé sur les côtes de la Catalogne et de Valence après l'expulsion des Français, et maintenant chaque ville, chaque village du littoral, Arenys, Lloret et cent autres, se