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LA SITUATION DES VILLES

divisent en deux moitiés : celle del Mount, d'AU ou de Arriba, et celle de Mar ou de Baix^. De même sur la côte septentrionale de la Sicile, chaque marina s'agrandit aux dépens du borgo, et rancienne ville finit par devenir une ruine superbe, se dressant comme un amas de rochers sur la crête des monts. Ton* tefois il existe encore des villes peuplées de plusieurs milliers d'habitants qui occupent des arêtes de montagnes, bien audessus des champs cultivés : telles sont, en Sicile, Monte San-Giuliano et Gentorbi. La première, bâtie sur le mont Ëryx, jadis consacré à Vénus, occupe un étroit plateau à 700 mètres de hauteur au-dessus de la mer et des campagnes de Trapani. La ville de Centorbi domine la plaine de plus de 1,000 mètres. Les habitants qui cultivent les campagnes situées à la base du pic sont obligés de descendre et de remonter tous les jours l'interminable escalier, bordé de précipices, qui serpente sur les rochers. En face, de l'autre côté de la vallée du Simeto, et à l'extrémité d'une coulée de lave descendue de l'Etna, se dressent les maisons d'Adernè. Les nuages qui vont de l'une à l'autre ville parcourent cet espace en quelques minutes; du haut du promontoire de Centorbi, l'on peut même respirer la senteur des jardins de la terrasse opposée; mais pour franchir la distance qui sépare les deux localités, il ne faut pas moins de temps que pour se rendre de Paris aux frontières de la Belgique ou sur les bords de la Manche. 11 est évident qu'un pareil état de choses ne peut durer. Les citoyens qui se réfugient tous les jours dans leur vieille enceinte de murs ne craindront pas de s'établir au milieu des campagnes actuellement désertes. La roideur des escarpements et la difficulté d'accès, qui leur semblaient autrefois des privilèges, lorsque leur vie était une frayeur continuelle, leur paraîtront désormais ce qu'ils sont en réalité, un très- grand désavantage à cause de la perte de temps et une raison déplorable d'infériorité en civilisation. Les cimes des hautes montagnes ne seront plus des emplacements favorables pour la construction des villes tant

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