MUtheilungen von Peiermann
fois la superficie de la France. De nos jours quelques géographes pusillanimes ont exprimé la crainte que cette étendoe encore très - considérable de terres et de mers inexplorées restât à jamais inconnue. Gook, le hardi navigateur de Tocéan Antarctique des glaces, affirmait que personne ne s'approcherait, ni même ne pourrait s'approcher du pôle plus qu'il n'avait pu le faire. Il se trompait. De même Pigafetta, dans son récit du grand voyage qu'il avait accompli avec Magellan, émet l'opinion que « pas un marin né sera dans l'avenir assez hardi pour braver les dangers et les fatigues d'une nouvelle circumnavigation ». Il est vrai que cinquante-six années s'écoulèrent avant qu'un autre marin, Drake, menât à bonne fin un second voyage autour du monde; de nos jours, de pareilles traversées ne se comptent même plus, tant elles s'accomplissent fréquemment ^
La passion avec laquelle les explorateurs des régions polaires ont entrepris et ne cessent de recommencer leurs voyages périlleux à travers les glaces nous est un sûr garant de leur succès futur; car, tandis que les obstacles restent les mêmes, l'expérience des navigateurs et les ressources de la science ne cessent d'augmenter. Depuis l'expédition de Willoughby, en 1553, cent treize voyages d'exploration maritime ont été faits dans les régions boréales*, sans compter nombre d'excursions scientifiques entreprises dans la direction du pôle nord par des navires baleiniers ; actuellement chaque été voit l'œuvre de recherche se renouveler, et toujours quelque équipage, anglais, allemand, américain ou suédois, cherche à se frayer un chemin à travers les glaces. Quant aux découvertes qui restent encore à faire dans le centre des masses continentales, en Asie, en Afrique, dans l'Amérique du Sud, en Australie, elles ne peuvent manquer aussi de s'accomplir prochainement; car la plupart des difficultés qui arrêtent encore les voyageurs sont de l'ordre moral et disparaîtront peu à peu, grâce aux progrès du commerce et de la civilisation. La