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L'EXPLORATION DU GLOBE

les bornes du monde exploré; le domaine des connaissances s'accroissait en même temps que les régions parcourues, et les élres chimériques, gnomes ou géants, qui s'enfuyaient vers le nord ou le midi, emportaient avec eux les superstitions et les erreurs- Ainsi les Hellènes, que leur mythologie nous représente dans les premiers âges luttant contre les centaures et les dragons, ne combattent plus que des hommes comme eux aux temps d'Aristote et de Platon, et c'est à des centaines de journées de distance, de l'autre côté du Gange et des colonnes d'Hercule, dans la brûlante Libye ou vers les monts Hyperboréens, qu'ils placent les produits fantastiques de leur imagination d'enfants. Au moyen âge et jusque dans les temps modernes, nos mappemondes, de même que celles des Chinois et des Japonais, peuplaient aussi de monstres les terres inconnues; mais chaque nouvelle découverte des voyageurs rétrécissait le domaine de la fable, et tout récemment les derniers êtres mythiques de la géographie, les Niam-Niams à queue, ont enfin disparu du centre de l'Afrique.

Depuis que l'homme a fait le tour de la terre, c'est-àdire depuis trois siècles et demi, les explorateurs n'ont plus à s'aventurer dans un espace complètement inconnu; il ne leur reste qu'à rattacher les uns aux autres les itinéraires déjà tracés sur la surface du globe. Ce réseau d'innombrables lignes entre-croisées recouvre presque en entier les grands massifs continentaux et s'étend sur toute la partie des océans comprise entre les deux cercles polaires; seulement vers le pôle nord, et de l'autre côté de la terre, dans les régions antarctiques^ il existe encore des espaces d'une étendue respective de 7,500,000 et dé 22,500,000 kilomètres carrés, que les banquises et les montagnes de glace ont jusqu'à présent maintenus vierges de toute exploration*. Ces espaces qui restent encore à découvrir sur les deux calottes du globe forment à peu près un dix-septième de la surface terrestre, c'est-à-dire un ensemble de régions égalant environ soixante

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