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LA HAUTEUR DES VAGUES

Dans l'Atlantique du sud, les hauteurs des ondes sont certainement plus fortes que dans les parages du nord. Un grand nombre de marins ont vu Teau se relever à 15, 16 et 18 mètres au large du cap de Bonne-Espérance, là où FÂtlantique et Tocéan des Indes confondent leurs bassins. Dumontd'Urville affirme même avoir rencontré des vagues de 33 mètres de hauteur, au fond desquelles le navire descendait comme dans une vallée, et M. Fleuriot de Langle atteste la vérité de cette assertion. Ce sont bien là les montagnes dont parlent les poètes, et qui semblent telles en effet à ceux qui se trouvent à leur merci. D'ailleurs, il est probable que les plus hautes vagues n'ont point encore été mesurées. Chose remarquable, ce n'est point d'ordinaire pendant les tempêtes les plus Tiolentes que se forment les grandes lames. Alors, au contraire, les masses aériennes, se précipitant obliquement sur les vagues, les dépriment et les écrasent pour ainsi dire^ Les ondes se développent dans toute leur majesté quand le vent est à la fois très-fort et très-régulier, et qu'il souffle pendant longtemps du même point de l'horizon.

Quant à l'amplitude des vagues, c'est-à-dire à leur largeur totale de base à base, les divers observateurs n'ont point obtenu les mêmes résultats ; mais parmi eux il en est peu qui aient trouvé pour la crête du flot une hauteur verticale supérieure au quarantième de la largeur ou inférieure au douzième ; «n moyenne le plissement de l'eau ne présente en hauteur que le quinzième de sa base; une vague de 1 mètre a 15 mètres de

Fig. 21. — Amplitude moyenne des Tagues.

vallée à vallée, une vague de 10 mètres a 150 mètres d'amplitude. D'après M. Paris % la hauteur de la vague ne serait ordinairement que d'un vingt-cinquième de la base, soit un

4. Cialdi, Sut moto ondoso del mare, p. 439. î. Annales hydrographiquei, n® 460, 4869.

&h L'OCÉAN.

dix-huitième dans les grands yents, et seulement un trentecinquième dans les brises molles. C'est là une proportion bien plus faible que ne le croirait le marin perdu au milieu des lames qu'il yoit se dresser de toutes parts. D'ailleurs, l'inclinaison des eaux soulevées varie avec la force du vent et les mouvements des ondes secondaires qui croisent les rides principales.

La vitesse des vagues n'est qu'une vitesse apparente, comme celle des plis d'une étoffe soulevée par un courant d'air ; si l'eau comprimée par le vent se redresse et s'affaisse tour à tour, néanmoins elle ne change guère de place, et les objets qui s'y trouvent ne se meuvent qu'avec lenteur dans le sens de l'ondulation. Le mouvement réel de l'eau est celui du courant de dérive qui se forme peu à peu sous Faction prolongée du vent ; mais ce mouvement général de la masse liquide est peu considérable. La seule fraction de l'onde qui marche avec la tempête est la crête écumeuse qui surplombe le sommet du pli et qui s'écroule sur la pente avancée. Par leur frottement incessant, ces parties supérieures des vagues s'accroissent graduellement en chaleur, ainsi qu'on a pu le remarquer après grand nombre de fortes tempêtes ^

Le déplacement apparent des ondes, qu'il est du reste assez difficile de mesurer exactement en pleine mer, varie d'une manière régulière suivant la largeur du flot qui se déroule et la profondeur du bassin maritime. Ainsi, d'après les calculs de Whewell, d'Âiry et autres mathématiciens, toute vague de 30 mètres d'amplitude, parcourant une mer profonde de 300 mètres en moyenne, a la vélocité de 6'",80 par seconde ou de 2i,980 mètres par heure ; une vague de 300 mètres, se déplaçant sur des couches d'eau ayant 3,000 mètres de profondeur, se meut de 21™, 85 par seconde, soit de 78,660 mètres par heure : c'est ce dernier chiffre que l'on peut considérer comme la moyenne de vitesse pour les flots de tempête dans les grandes mers. Puisque l'on peut ainsi, par le calcul, déduire la vélocité des vagues de leur amplitude et de la profondeur

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