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LES POLDEBS DU LITTORAL

Habitués à coaquérir le sol par la canalisation, les Hollandais procèdent souvent de la même manière dans les terres qu'il serait facile de mettre en culture autrement, et

jusque sous le climat tropical de Java, ils ont transformé les environs de leurs cités en de petites Hollandes. A t'est des Pays-Bas, les Frisons, les Ditmarches, les habitants du SIesvig, aux prises avec les mêmes dilTicultés, ont également pu les vaincre, et changer en polders d'immenses surfaces de terres noyées. Sur les côtes orientales de l'Angleterre, les

plages de Suffolk et de Norfolk, les golfes du Wash et du Humber sont bordés de fens d*une extrême fertilité, et les empiétements de Tagriculture sur l'Océan s'y opèrent sur la plus grande échelle. De même dans les Flandres de Belgique et de France, aux environs d'Ostende, de Dunkerque, de Calais, les watteringhes et les moëres ont été reprises sur la mer du Nord. Près d'Étaples, la mer intérieure du Ponthieu ou de Marquenterre a été transformée en de belles campagnes; entre les embouchures de la Loire et de la Charente, les terres des marais sont partout protégées par des digues et coupées de fossés que franchissent paysans et paysannes en s*appuyant sur leurs longues perches; au sud de la Gironde s'étendent aussi de « petites Flandres », et dans les Landes, l'étang d'Orx a été récemment desséché par les mêmes procédés que la mer de Harlem.

En Hollande et dans tous les autres pays riverains de la mer du Nord, il suffit d'endiguer et de dessécher à la surface les espaces marécageux du littoral pour les transformer en champs fertiles, propres, après un certain nombre d'années, à toutes les cultures que comporte le climat. Sur les bords de la Méditerranée, de la Caspienne et de plusieurs autres mers, les choses ne se passent pas ainsi. L«^, les terrains jadis inondés par les eaux salées restent toujours plus ou moins saturés de sel et se refusent à la culture permanente. Aussi vaut-il mieux, en maints endroits, les utiliser comme marais salants. L'eau marine, promenée de compartiment en compartiment, s'évapore au soleil, et finit par laisser sur le fond une mince couche de sel que les sauniers recueillent et dressent en grandes pyramides au bord des chemins de service. C'est principalement sur les plages de la Méditerranée occidentale que cette industrie est importante; certaines salines du littoral y produisent chaque année dix mille, vingt mille et jusqu'à soixante-dix mille tonnes : cette énorme quantité est celle que livrent annuellement au commerce les salines d'Aigues-Mortes et de Peccais, à l'ouest de la Camargue.

D'où provient le contraste entre la fertilité naturelle des polders de la Hollande et l'aridité des terrains émergés

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