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LES DIGUES ET LES JETÉES DU LITTORAL

que l'homme avait enlevées à son domaine; mais de nos jours les ingénieurs hollandais^ à la fois plus savants et plus riches d'expérience, empiètent régulièrement sur la surface des eaux. On a calculé qu'en moyenne, la superficie des Pays-Bas s'accroît de 3 hectares par jour, ou de 1,000 hectares par an^ : c'est plus de la quatre millième partie du territoire. La longueur des digues, mises bout à bout, est de plusieurs milliers de kilomètres; elle dépasse de beaucoup le développement des levées riveraines sur les bords du Mississipî et de ses affluents*.

C'est aux endroits où les courants, les vagues et les vents du large travaillent de concert à entamer la rive, que l'homme a dû faire preuve de la plus grande persévérance et du génie le plus inventif pour lutter contre les éléments. Dans rile de Sylt, sur la côte du Slesvig, on a eu l'idée de faire collaborer la mer elle-même à la construction des digues qui doivent l'arrêter. On élève, le long de la plage, deux rangées parallèles de palissades, éloignées l'une de l'autre d'une dizaine de mètres. Pendant les tempêtes, les vagues, chargées de sable, se déroulent en grondant par-dessus les fascines, mais elles laissent tomber au milieu des branches les matières arénacées qu'elles transportent; le sable s'amasse entre les deux palissades; bientôt une longue dune d'origine artificielle se dresse au bord de la mer et protège les campagnes de l'intérieur. Malheureusement, de pareils moyens ne peuvent être employés avec succès sur tous les rivages, et notamment sur divers points du littoral hollandais, qui semblent s'enfoncer au-dessous du niveau marin comme un navire qui fait eau. En Zélande, la ville de Westkapelle a été dévorée par les flots qui se sont ouvert une large issue à travers le cordon littoral des dunes. Les maisons ont été reconstruites plus avant dans l'intérieur des terres, sous l'abri d'une énorme digue qui ferme la lacune entre les monticules de sable; mais cette levée a nécessité un travail

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